Ce rassemblement de Pentecôte se vit en l’année de la Foi, marquée par un évènement que nul d’entre nous n’avait ni envisagé, ni prévu : le renoncement de Benoît XVI au ministère de Pape et l’élection du Pape François. Le message de Rio a été écrit par Benoît XVI, les JMJ seront présidées par notre Pape François. Il n’a pas le même style que Benoît XVI, c’est évident, mais il est aujourd’hui le Successeur de Pierre, le Vicaire de Jésus. Nous lui faisons confiance, comme Jésus lui fait confiance. Ayons confiance en lui comme nous avons eu confiance en Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI. Nous ne cesserons pas de vous répéter, à la suite de notre Père Fondateur, que nous devons toujours et partout vivre la dévotion aux trois blancheurs : Jésus Eucharistie, la Vierge Marie et le Saint-Père. Obéir à la papauté n’est pas ce que Dieu nous demande. Qui est la papauté ? Ce que Jésus nous commande aujourd’hui, c’est d’obéir dans la confiance et l’amour à notre Pape François, le Successeur de Saint Pierre.

Nous n’oublions pas Benoît XVI. Vous savez que nous l’avons beaucoup aimé et que nous continuons à beaucoup l’aimer et prier pour lui : il prie, souffre et offre pour l’Eglise à laquelle il s’est donné jusqu’à épuisement. C’est un saint ! Qu’il soit pour chacun de nous un modèle de service gratuit. Aimer, c’est vraiment tout donner et se donner soi-même, disait Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Notre Père Fondateur et Mère Marie Augusta ont aimé de cette manière et ils veulent vous aider à servir l’Eglise et l’humanité en aimant en vérité et en vous donnant. Marthe Robin a réalisé pleinement sa vocation le jour où elle a compris que tant que l’on n’avait pas tout donné, l’on n’avait encore rien donné ! Ce que je vous dis là est peut-être « hors sujet », mais il me semble que l’Esprit Saint me pousse à vous parler ainsi car, de fait, disait Mère Marie Augusta, une seule chose compte pour la vie éternelle : c’est aimer, aimer !

Je tiens à préciser qu’en disant : aimer, c’est tout donner et se donner soi-même, je ne veux pas signifier : vous devez tous être religieux ou prêtres. Parmi vous, plusieurs fonderont un Foyer, c’est bien ! D’autres entendront l’appel de Jésus à être consacré ou prêtre : qu’ils n’aient pas peur de répondre à cet amour de prédilection de Jésus. L’essentiel pour chacun de vous est que vous réalisiez ce que Dieu veut pour vous, ni plus, ni moins, ni autrement. L’Eglise a besoin de saints laïcs, de saints époux, de saints évêques et prêtres et de saints consacrés.

Jean-Paul II nous a dit et redit : n’ayez pas peur d’être des saints ! La Sainte Vierge, quant à elle, peut nous dire : soyez saints, vite saints, grands saints ! Notre Pape François vous appelle à avoir de grands désirs, hauts les cœurs, aimait répéter le Père ! Puissent vos grands idéaux être contagieux et conquérir de nombreux jeunes qui désireront à leur tour se décider pour le chemin de la sainteté. C’est ainsi que sera hâté le triomphe du Cœur Immaculé de Marie.

Ce triomphe a été prophétisé par Notre-Dame à Fatima en 1917. Le Pape Benoît XVI a confirmé cette prophétie, le 13 mai 2010, et a demandé de hâter ce triomphe, qui est la victoire de la Femme sur le Dragon, prophétisée dans le protévangile de la Genèse et le chapitre 12 de l’Apocalypse. Le plan de Dieu est le suivant : le serpent s’est servi de la première femme, Eve, pour faire chuter le premier homme, Adam. Dieu veut que ce soit, par la Femme, la Vierge Marie, que soit vaincu le grand ennemi de Dieu et de l’humanité : Satan. Le 13 mai 1981, Satan pensait avoir réussi son plan diabolique : tuer Jean-Paul II. Mais le Cœur Immaculé de Marie a sauvé ce Pape qui lui était totalement consacré ! C’était un premier fruit du triomphe du Cœur immaculé de Marie. Notre Pape François a grande confiance dans la prophétie de Fatima : les évêques portugais, à sa demande, ont consacré son Pontificat au Cœur Immaculé de Marie à Fatima, ce 13 mai dernier. Ayons, nous aussi, une plus grande confiance en la Vierge Marie et renouvelons souvent notre consécration au Cœur immaculé de Marie. Soyons fidèles à la prière du rosaire. Disons, au moins, chaque jour, un chapelet.

Le triomphe du Cœur Immaculé de Marie ne se fera pas, cependant, par un coup de baguette magique. Il est précédé et préparé par la « nouvelle Pentecôte » que Marthe Robin a été la première à annoncer en 1936. Jean XXIII a utilisé, plusieurs fois, cette expression. Le 2 juin 1963, peu de temps avant sa mort, il disait :

"L'Esprit-Saint est comme le cœur de l'Eglise et l'auteur perpétuel, le dispensateur de son printemps refleurissant. Aussi, sous sa conduite et sa protection, le Concile sera-t-il fécond et portera-t-il le fruit désiré par tous" (ES 170).

Ce fruit désiré était la nouvelle Pentecôte et le rajeunissement des membres de l’Eglise par la sainteté. Le Pape Paul VI disait, le 20 août 1967 : "Le Concile a été pour l'Eglise une nouvelle Pentecôte du fait que son auteur principal fut l'Esprit-Saint". Il ne faut pas mal interpréter, cependant, la réalité de cette nouvelle Pentecôte. Vatican II, en effet, n’a pas été une « révolution » et n’a pas fondé une nouvelle Eglise. Benoît XVI n’a pas cessé de parler de « continuité », notre Fondateur préférait le mot « développement », mais la réalité est la même. L’Eglise est comme un grand arbre qui grandit. De nouvelles branches apparaissent, ainsi que de nouveaux fruits, mais c’est toujours le même arbre avec les mêmes racines : c’est cela la continuité, le développement ! Ainsi la « nouvelle Pentecôte » se comprend comme le prolongement de la première Pentecôte. Jean-Paul II parlait d’une « Pentecôte perpétuelle ». Chaque Pentecôte, en effet, actualise le don du Saint-Esprit à Pentecôte. Chaque célébration du sacrement de confirmation est comme une Pentecôte.

On trouve aussi associée à l’expression « nouvelle Pentecôte », l’expression « nouveau printemps de l’Eglise ». Nous vivons la saison du printemps et nous constatons le renouveau de la nature après l’hiver. Ainsi, le nouveau printemps de l’Eglise est le fruit de la nouvelle Pentecôte qu’a été le Concile Vatican II. Ce fruit n’est pas encore arrivé à maturité. Il ne le sera que lorsque l'unité de l’Eglise sera retrouvée autour de Jésus, de la Vierge Marie et des Apôtres dont le chef est Pierre. L'Eglise confessera alors la même et unique Foi et parlera d'une seule voix dans la pluralité de ses charismes et des diverses cultures des hommes. L’autre fruit de ce printemps sera le temps de paix promis au monde par la Vierge à Fatima : "Un temps de paix sera donné au monde." Ce temps de paix est appelé civilisation de l’amour. L’humanité sera comme une seule famille où tous s’aimeront comme des frères. Jean-Paul II et Benoît XVI, dans leurs Encycliques sociales, ont parlé de la civilisation de l’amour. Le seul fondement de cette civilisation est l’Amour dans la Vérité, Caritas in Veritate.

Nous ne mesurons pas encore la fécondité des Pontificats de Jean-Paul II et Benoît XVI, mais ce qui se passe en France depuis la grande manifestation du 13 janvier pourrait en être les prémisses : les générations Jean-Paul II et Benoît XVI sont en train de réveiller leurs aînés endormis, attiédis ou compromis ! Le 24 mars, l’élan n’a pas diminué. Le 26 mai prochain, il va encore grandir, car ce réveil et cet élan ne viennent pas d’idéologies politico-politiciennes mais du cœur de tous ces Français qui désirent que la France retrouve la fidélité à ses racines chrétiennes. Que cette nouvelle Pentecôte, fruit du Concile Vatican II, et la perspective du grand renouveau de l'Eglise et du monde dans la jeunesse de l’Esprit Saint nous remplissent d'espérance et de confiance en cette Pentecôte de l’année de la Foi. Benoît XVI, aux derniers jours de son Pontificat, nous a appelés à la joie et à la confiance. Commençons notre rassemblement de Pentecôte avec cette conviction : Dieu n'abandonne jamais ses enfants qui se confient en Lui. Ses chemins nous déroutent souvent, mais Il conduit tout avec justice, sagesse, amour et miséricorde. Il nous appartient de prier, de nous convertir chaque jour, pour que se réalise cette civilisation de l'amour tant attendue où Jésus règnera par son Cœur Eucharistique et le triomphe du Cœur Immaculé de Marie. Demandons à l'Esprit-Saint de purifier la terre par le feu de son Amour, invoquons-Le tous les jours, comme notre Pape François nous l’a demandé ce mercredi en utilisant cette prière toute simple : "Viens Esprit Saint, viens par la puissante intercession du Cœur Immaculé de Marie notre Mère bien-aimée."