Pierre, Jacques et Jean ont bien imité Abraham, leur Père dans la Foi. Ils ont fait confiance en Jésus qui a dit à chacun : « viens et suis-moi ». Ils ont cru qu’Il était le Messie attendu. Sur le mont de la transfiguration, ils entendent la voix de Dieu le Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis tout mon amour, écoutez-Le ! ». Ils sont alors saisis d’une grande frayeur, comme le Peuple de Dieu devant la montagne du Sinaï en feu au moment où Dieu se révèle à Moïse. Ils sont saisis de peur devant la manifestation d’un mystère qui les dépasse. Après la Résurrection de Jésus, ils comprendront mieux la Transfiguration de Jésus. Dieu le Père les préparait à comprendre le mystère de la Personne de Jésus. Celui qu’ils ont suivi en laissant tout est plus qu’un prophète, plus qu’un roi, plus qu’un prêtre, Il est vrai Dieu et vrai homme. Il est la Personne divine du Fils unique de Dieu le Père !

Le mystère de la Transfiguration les préparait aussi à un autre mystère : celui de la Rédemption par la mort de Jésus sur la Croix ! Saint Paul, dans la deuxième lecture, appelle Timothée à prendre sa part de souffrance pour l’annonce de l’Evangile. La souffrance est-elle une bonne nouvelle ? Ne répugne-t-elle pas à notre nature humaine ? Peut-on aimer souffrir ? Pourquoi parler de souffrance en ce dimanche où nous contemplons Jésus transfiguré ? La transfiguration n’est-elle pas un mystère de joie ? Pourquoi parler de souffrance ? Saint Luc, en décrivant la transfiguration de Jésus, dit que Jésus, Moïse et Elie parlaient de l’exode de Notre Seigneur qui allait s’accomplir à Jérusalem. Le mot grec « exode » est traduit en français par « départ ». Le départ ou l’exode dont il est question est, c’est évident, la mort de Jésus sur la Croix. Aussi, pour les Pères de l’Eglise, le mystère de la Passion était bien présent dans le Transfiguration. Dieu voulait préparer les apôtres à ne pas se décourager complètement au moment de la Passion de Jésus. Nous aussi, nous avons besoin du mystère de la Transfiguration pour ne pas nous décourager en ces temps où la Foi chrétienne est combattue.

N’ayons pas peur de la Croix de Jésus. Puissions-nous comprendre que la Croix de Jésus, c’est l’Amour et que l’Amour selon Jésus c’est la Croix ! Notre Pape François vient de nous le rappeler : « Le style chrétien, sans croix, n'est pas chrétien, et si la croix est une croix sans Jésus, elle n'est pas chrétienne. Le style chrétien se résume en ces mots : pas sans la croix, pas sans Jésus. » La Croix, c’est certain, fait peur. Marthe Robin en a eu peur. Son postulateur, qui concélèbre en cette Messe, peut en témoigner. Mais Jésus et la Sainte Vierge l’ont soutenue. La Croix de Jésus n’a pas rendu Marthe triste, bien au contraire. Elle donnait à tous ceux qui venaient la visiter la joie, la vraie joie, la joie de l’évangile. Notre Pape disait encore que le style chrétien avec Jésus et sa Croix est un style d'humilité, de douceur, de docilité qui donne la joie et qui rend fécond : Il donne la vie, la vraie vie, la vie éternelle ! Mettons en pratique les paroles de Saint Paul et n’ayons pas peur : prenons notre part de souffrances pour participer à la nouvelle évangélisation, nous connaîtrons la joie de l’évangile.

Je voudrais conclure en rappelant que Jean-Paul II a choisi la Transfiguration comme mystère de vie pour les consacrés.Pour participer efficacement à la nouvelle évangélisation, chaque jour, nous devons monter sur le Mont Tabor pour adorer Jésus et nous remplir de son Amour ! Comprenons le trésor qu’est l’adoration eucharistique. Chaque jour, en chacun de nos Foyers, Jésus Hostie est exposé à partir de 16h30 et jusqu’à 19h. Ce temps est un temps de grâce, un temps de cœur à cœur avec Jésus, un temps où nous comprenons de plus en plus que le seul fondement, sûr et solide, de notre Foi chrétienne est Jésus, Notre Seigneur et Notre Dieu. Notre Pape François, dans une homélie à Sainte Marthe, disait que l’on trouvait des chrétiens qui vivent leur christianisme sans Jésus. Comment peut-on être chrétien sans Jésus ? Demandons à Notre-Dame des Neiges et à Saint Joseph de ne pas être de tels chrétiens, mais de vivre, chaque jour avec Jésus et en Jésus. Il est l’accomplissement de la promesse de Dieu à Abraham : Il est, en effet, la Voie, la Vérité et la Vie. Il nous conduit vers notre Patrie éternelle : le Ciel où nous goûterons le Bonheur éternel !