Je désire avant tout vous dire que je suis très heureux de vous rencontrer ! Je rends grâce à Dieu de cette possibilité qui me permet de passer un peu de temps avec vous, comme un père de famille, avec votre évêque et vos prêtres. Je vous remercie de l’affection que vous me manifestez avec tant de chaleur ! Mais je vous remercie également pour ce que vous m’avez dit, à travers vos deux «porte-parole», Francesca et Cristian. Vous m’avez posé des questions, avec beaucoup de franchise, et, dans le même temps, vous avez démontré avoir des points de référence, des convictions. Et cela est très important. Vous êtes des jeunes garçons et des jeunes filles qui réfléchissent, qui s’interrogent, et qui possèdent également le sens de la vérité et du bien. C’est-à-dire que vous savez utiliser votre esprit et votre cœur, et cela n’est pas rien ! Je dirais même que c’est la chose principale dans ce monde : apprendre à bien utiliser l’intelligence et la sagesse que Dieu nous a données! Par le passé, la population de votre terre n’avait pas beaucoup de moyens pour étudier, ni même pour s’affirmer dans la société, mais elle possédait ce qui rend vraiment riches un homme et une femme: la foi et les valeurs morales. Voilà ce qui construit les personnes et la coexistence civile ! (…)

Il y a quelques instants, vous m’avez demandé : comment peut-on reconnaître l’appel de Dieu ? Eh bien, le secret de la vocation se trouve dans la capacité et dans la joie de reconnaître, d’écouter et de suivre sa voix. Mais pour ce faire, il est nécessaire d’habituer notre cœur à reconnaître le Seigneur, à le sentir comme une Personne qui est proche de moi et qui m’aime. Comme je l’ai dit ce matin, il est important d’apprendre à vivre des moments de silence intérieur au cours des journées pour être capables d’entendre la voix du Seigneur. Soyez certains que si quelqu’un apprend à écouter cette voix et à la suivre avec générosité, il n’a peur de rien, il sait et il sent que Dieu est avec lui, avec elle, qu’il est l’Ami, le Père et le Frère. En un mot: le secret de la vocation se trouve dans la relation avec Dieu, dans la prière qui grandit précisément dans le silence intérieur, dans la capacité de sentir que Dieu est proche. Et cela est vrai aussi bien avant le choix, c’est-à-dire au moment de décider et de partir, qu’après, si l’on veut être fidèles et persévérer sur le chemin. Saint Pietro Celestino a été avant tout cela: un homme d’écoute, de silence intérieur, un homme de prière, un homme de Dieu. Chers jeunes: trouvez toujours une place pour Dieu au cours de vos journées, pour l’écouter et lui parler! (…)

Vous m’avez demandé: comment pouvons-nous être «dans» le monde mais pas «du» monde? Je vous réponds, précisément grâce à la prière, au contact personnel avec Dieu. Il ne s’agit pas de multiplier les mots — Jésus le disait déjà —, mais d’être en présence de Dieu, en faisant siennes, dans l’esprit et dans le cœur, les expressions du «Notre Père», qui embrasse tous les problèmes de notre vie, ou bien en adorant l’Eucharistie, en méditant l’Evangile dans notre chambre, ou en participant avec recueillement à la liturgie. Tout cela ne distrait pas de la vie, mais aide en revanche à être vraiment soi-même dans chaque milieu, fidèles à la voix de Dieu qui parle à la conscience, libres des conditionnements du moment! Il en fut ainsi pour saint Célestin v: il sut agir selon sa conscience, en obéissance à Dieu, et donc sans peur et avec un grand courage, même dans les moments difficiles, comme ceux liés à son bref pontificat, en ne craignant pas de perdre sa propre dignité, mais en sachant que celle-ci consiste à être dans la vérité. Et le garant de la vérité est Dieu. Celui qui le suit n’a pas même peur de renoncer à lui-même, à sa propre idée, car «il ne manque rien à celui qui a Dieu», comme le disait sainte Thérèse d’Avila.

Chers amis ! La foi et la prière ne résolvent pas les problèmes, mais elles permettent de les affronter avec une lumière et une force nouvelle, d’une manière digne de l’homme, et également de manière plus sereine et efficace. (…)

Le jeune homme riche de l’Evangile, après que Jésus lui ait proposé de tout quitter et de le suivre — comme nous le savons — s’en alla attristé, car il était trop attaché à ses biens (cf. Mt 19, 22). En revanche, je lis la joie en vous! Et cela est également un signe que vous êtes chrétiens: que pour vous, Jésus vaut beaucoup, même si cela est exigeant de le suivre, il vaut plus que tout autre chose. Vous avez cru que Dieu est la perle précieuse qui donne de la valeur à tout le reste: à la famille, aux études, au travail, à l’amour humain... à la vie elle-même. Vous avez compris que Dieu ne vous enlève rien, mais qu’il vous donne le «centuple» et rend votre vie éternelle, car Dieu est Amour infini: l’unique qui rassasie notre cœur. J’ai plaisir à rappeler l’expérience de saint Augustin, un jeune qui a cherché avec de grandes difficultés, longuement, en dehors de Dieu, quelque chose qui puisse rassasier sa soif de vérité et de bonheur. Mais à la fin de ce chemin de recherche, il a compris que notre cœur est sans paix tant qu’il ne trouve pas Dieu, tant qu’il ne repose pas en Lui (cf. Les confessions, 1, 1).

Chers jeunes ! Conservez votre enthousiasme, votre joie, celle qui naît de la rencontre avec le Seigneur et sachez la communiquer également à vos amis, aux jeunes de votre âge! A présent, je dois repartir et je dois vous dire que cela m’attriste de vous quitter! Avec vous, je sens que l’Eglise est jeune! Mais je repars content, comme un père qui est serein car il a vu que ses enfants grandissent et grandissent bien. Chers garçons et chères filles, marchez! Marchez sur le chemin de l’Evangile; aimez l’Eglise, notre mère; soyez simples et purs de cœur; soyez doux et forts dans la vérité; soyez humbles et généreux. Je vous confie tous à vos saints patrons, à saint Pietro Celestino et surtout à la Vierge Marie et je vous bénis avec une grande affection. Amen.

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