Quoi ? Tu as dit « religion cosmique »?!

Pâques, le rachat de l’univers

Bonjour à tous, vous êtes bien tombés et également bienvenus sur la toile de Jips ! J’espère ne pas vous engluer, et que vous vous en sortirez avec moins de fils à la patte. Je vous préviens tout de suite, cet article sera un peu… cosmique !

D’abord, clarifions les termes. Que signifie « cosmique » ? Cet adjectif (excusez pour la leçon de grammaire) veut dire « en rapport avec le cosmos ». Cool ! Et Cosmos ? C’est le mot grec qui signifie « bon ordre », soit le contraire de « désordre » : en comparaison, le cosmos est le contraire de votre chambre, mais a en commun que lui aussi est « un univers ».

Il nous faut donc ensuite considérer l’ordre de l’univers afin de saisir en quoi le christianisme  est « catholique », c’est à dire « universel » ou « cosmique ». Remontons à la source, à l’Intelligence (parce que l’ordre réclame une intelligence, et l’ordre de l’univers réclame une Intelligence… universelle) qui en est la cause : Dieu dit….et cela était bon/beau/bien. (Gn 1,3). La Parole prononcée par le Père est ordonnatrice, cause de l’harmonie de toute chose.

Le 7e jour, Dieu conclut l’ouvrage qu’il avait fait, le parachevant par Sa bénédiction. Le samedi (sabbat) devient le jour de l’Alliance entre Dieu et la création, Alliance inscrite dans le temps créé.

Cette harmonie se trouvera ensuite bouleversée par le péché (Gn 3). Cependant, l’Alliance entre Dieu et le créé perdure, Dieu se souvient de Son Alliance et intervient Lui-même dans le cosmos qu’il a créé, en entrant dans l’Histoire, afin de le ramener à sa beauté première. Cette intervention trouvera sa plénitude lorsque le « principe d’ordre », le Logos, par qui tout a été créé, rentrera dans le monde pour le renouveler de l’intérieur. Cet acte de rédemption de toute la création culmine dans la Pâque du Verbe (Jésus). Celle-ci coïncide d’une part avec la célébration de la Pâque juive, qui commémore la délivrance du joug de Pharaon, d’autre part avec la célébration du sabbat, septième jour, où Dieu et le Cosmos se reposent ensemble.

La Pâque juive, sur décret divin (cf. Is 12), devait se célébrer à une date précise, le 14 Nizân, mois qui suit la première lune de printemps. La durée de ce mois, quant à elle, correspond au temps que met le soleil pour traverser la constellation du bélier, ou de l’Agneau. Ainsi la lune, dont les phases sont éphémères, et qui est signe de mort, est rachetée par l’Agneau, immolé et illuminé dans la lumière de la résurrection, et elle entre dans la vie éternelle (soleil), l’éphémère entre dans l’immortalité. L’ « heure de Jésus » est l’heure de la plénitude des temps, l’heure ou le cosmos trouve dans l’Histoire son centre et sa finalité.