La grâce, anti-venin du péché ?

Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de personnes succombent des suites d’une morsure de serpent. Pour y remédier, la production des sérums suit un protocole précis. Jips mène l’enquête dans le laboratoire d’Harold de Pomyers,entrepreneur français, leader dans la production de venins.

Venin épuisé STOP Prisonnier à Valence STOP SOS

Tel est le télégramme énigmatique que je reçois sur ma toile ce matin en provenance de Goliath, mon cousin éloigné, dont l’envergure de 30 centimètres, propre aux mygales de Leblond dont il est un magnifique spécimen, a attiré l’attention d’Harold qui l’a rapatrié de Guyane en métropole le mois dernier.

Me voilà partie pour les locaux du laboratoire Latoxan, spécialisé depuis 35 ans dans la production de venins de serpents, de scorpions… et d’araignées. Plus de 500 serpents et 2 000 scorpions au cœur de Valence ! Je reste sur mes gardes, « prudente comme le serpent » ! Où vais-je trouver Goliath ? Une, 2, 3, … 9 salles en enfilade pour ces hôtes au venin prisé.

Harold arrive. Qu’explique-t-il à son jeune stagiaire ? « Chaque venin contient plusieurs centaines de molécules différentes, toutes dotées par le Créateur d’un rôle précis. Ici encore, la nature reste inégalée. Les laboratoires en quête de nouvelles molécules à effet thérapeutique ne peuvent négliger les venins, qui sont encore très loin d’avoir livré tous leurs secrets. Certains servent déjà à l’élaboration de médicaments particulièrement efficaces. D’autres sont utilisés pour fabriquer des cosmétiques aux vertus rajeunissantes. »

Là, je me raccroche à mon fil tant les pattes m’en tombent. Du venin pour soigner ? Harold n’expliquait-il pas tout à l’heure que « certains venins peuvent contenir des neuro-toxines qui attaquent le système nerveux, des hémo-toxines qui touchent le système cardio-vasculaire et des myo-toxines qui affectent les muscles » ? Comment d’un mal peut-il sortir un bien ? La réponse se trouve dans le principe du sérum. Pour contrer ces armes parmi les plus redoutables de la nature, la médecine élabore des sérums antivenimeux. Comment les fabrique-t-on ? En injectant des quantités croissantes de venin à un animal (généralement un cheval ou un mouton) pour créer une réponse hyper-immunitaire. Les anticorps qui résultent de cette réaction sont ensuite collectés dans le sang de l’animal. L’anti-venin injecté à l’homme par voie intraveineuse agit en neutralisant les enzymes et les toxines mortifères du venin. S’il est injecté à temps, une vie est sauvée.

Le serpent des origines a répandu son venin mortifère en nos premiers parents à qui Dieu a promis d’envoyer un Sauveur. Son propre Fils accomplira cette difficile mission, né de la Femme qui écrase de son pied la tête du serpent comme nous le voyons représenté sur les statues de Notre-Dame des Neiges. Pour ce faire, le Christ s’est laissé mordre par Satan pour produire l’antidote au péché, la grâce du Salut, qui nous est injectée par les sacrements.

A+ Jips.

Pour en savoir plus, cette vidéo permet à Harold de vous en dire davantage en images : « Élaborer des sérums antivenimeux n’est pas sans danger. L’opération mensuelle d’extraction du venin réclame une concentration extrême. » (Cf. https://youtu.be/lhk0pY5kzBU)