Maria (1884-1965) et Luigi Quattrocchi (1880-1951) -2-

Ensemble vers la sainteté ! (Suite et fin)

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Luigi s’investit dans le scoutisme et Maria fait le catéchisme à des mamans pauvres. Elle publie de nombreux ouvrages pour défendre et promouvoir la famille chrétienne. Quand ils le peuvent, ils accompagnent les malades à Lourdes et à Lorette. Ils rivalisent de respect, de donation, de dépendance amoureuse et d’obéissance réciproque dans une recherche commune de ce qui est le mieux pour l’autre. Ils se pardonnent rapidement lorsqu’il y a des frictions.

                 « Chaque épreuve et chaque sacrifice sont un appel à l’amour de Dieu. »

Luigi est écarté d’un poste important par une campagne sournoise, à cause de sa foi et de sa probité. «Nous ne devons pas cacher nos sentiments religieux, nous devons les professer publiquement, mais nous devons principalement le faire par nos œuvres. » Profondément blessé, il ne tolérera cependant pas la moindre critique à l’égard de ses adversaires. Toute critique est bannie dans leur foyer. « Pour critiquer, il faut être au moins deux, un qui critique et un qui écoute ; s’il n’y a personne pour écouter, l’autre est obligé de se taire… Chaque épreuve et chaque sacrifice sont un appel à l’amour de Dieu. »

Un collègue incroyant et franc-maçon confie à Filippo : « Ton père ne m’a jamais cassé les pieds avec des sermons. C’est par sa vie que j’ai découvert Dieu et aimé l’Évangile. » Les Quattrocchi acceptent encore moins les critiques contre les prêtres. « S’ils ont des torts, plaignons-les car ce sont nos frères. Aidons-les par nos prières, notre confiance et notre reconnaissance. »

En 1922, leurs deux aînés rentrent au couvent. Stefania suivrait en 1927. Joie de la vocation et douleur de la séparation. Maria écrit : «  Seigneur, je t’ai fait un grand cadeau. Mais mon âme se remettait à sa vraie place et me montrait quel don m’avait fait le Seigneur, en choisissant mes enfants pour la plus grande dignité consentie à un homme. » Le jour de l’ordination de Filippo, elle embrasse ses mains avec émotion et lui dit : « Maintenant tu peux me bénir mais aussi me remettre mes péchés. Mais je suis et je reste toujours ta mère : rappelle-toi bien que si un jour tu devais te montrer infidèle, tu recevrais une paire de claques de ta mère. » 

Pendant la 2e Guerre mondiale, le 13 août 1940, Maria va confier ses enfants au sanctuaire du Bel Amour. Le 13 août 1942 puis le 13 août 1943 ses enfants consacrés sont protégés miraculeusement. Maria se porte infirmière volontaire. Avec Luigi, ils cachent des Juifs et des déserteurs chez eux et les envoient dans les couvents de leurs fils, déguisés en religieux. Les soutanes étaient réexpédiées le plus vite possible à la maison Quattrocchi, prêtes à servir à « d’autres vocations tardives ». Ils s’exhortent mutuellement à la prudence et… continuent. Parents et enfants font le pacte de « laisser faire Dieu ». La statue de Notre Dame de Lourdes est introduite dans la cour de leur immeuble, et les habitants sont invités à venir réciter le chapelet chez les Quattrocchini pendant les bombardements.

Luigi et Maria auront la grâce de pouvoir vivre 46 ans de mariage.