« Si Dieu exige une fidélité totale, c’est qu’elle est possible ! »

(extraits du discours de Jean-Paul II aux jeunes à Strasbourg, le 8 octobre 1988)

Jean-Paul II aux jeunes : « Le Christ est exigeant : il demande tout ! »

« Vous me demandez si l’Église est seule à donner des lois sur la vie, sur la mort, sur l’amour. D’autres suivent leur propre sagesse, leur raison, parfois leurs instincts pour déterminer leur conduite en ces graves domaines. Partout où des civilisations, des religions, des instances juridiques ou politiques se prononcent selon une conscience droite, en respectant la dignité humaine, nous nous en réjouissons. Mais, ce dont je suis sûr, c’est que rien n’est comparable au Royaume dont parle Jésus. Lui sait ce qu’est Dieu. Lui sait ce qu’il y a dans l’homme. Lui, l’auteur de la Vie, il sait ce qu’est la vie. Lui, ressuscité des morts, il sait ce qu’est la mort. Et il sait ce qu’est l’amour : personne n’a de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.

« Le Christ vous appelle à refuser les démagogies complaisantes. »

Pratiquement, quelles sont donc les valeurs que le Christ a introduites dans le monde pour le sauver ? Ce sont, avant tout, celles des Béatitudes qui sont la charte du Royaume. Elles peuvent sembler paradoxales, mais elles renouvellent tout le comportement humain. (…)

J’aime être l’ami des jeunes. Mais, comme vous le savez, je demeure un ami exigeant. Parce que le Christ est exigeant : il demande tout. Il vous appelle à refuser les démagogies complaisantes. Votre cœur est à la mesure des élans radicaux qui engagent toute la vie. Ce qui a de la valeur coûte forcément, comme le trésor et la perle de grand prix. Ainsi en va-t-il des Béatitudes. En suivant le Christ, on porte la croix, mais on reçoit la joie d’une récompense au centuple, dès cette vie. »

Jean-Paul II sur le mariage : L’amour « demande des sacrifices, il est fait pour durer. »

« S’aimer entre homme et femme, entre jeune homme et jeune fille, c’est respecter l’autre dans son corps, son cœur, sa liberté ; c’est le recevoir avec admiration comme un don de Dieu, c’est l’aimer différent, avec l’intention de tout faire pour le rendre heureux et meilleur ; c’est s’unir pour créer une famille. L’autre doit être aimé pour lui-même, pas comme un objet de plaisir. Un tel amour s’apprend patiemment ; il demande des sacrifices, il est fait pour durer.

Sur ce point, dites-vous, certains sont hésitants, ébranlés par les mœurs des jeunes et des adultes qui sont en faveur de la cohabitation juvénile et du divorce. Je comprends qu’ils soient troublés. Au temps de Jésus, certains pensaient aussi profiter des concessions que Moïse avait semblé accorder en matière de fidélité, à cause de la dureté des cœurs. Mais Jésus a rappelé le dessein originel de Dieu : « Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni. » Si Dieu exige une fidélité totale, c’est qu’elle est possible. Si Jésus en a fait un sacrement, à l’image de son amour indissoluble pour l’Église, c’est que sa grâce ne fera jamais défaut. L’acte qui unit l’homme et la femme en une seule chair est si grand et si fort qu’il exprime l’alliance totale de deux personnes ; il perd son sens en dehors de cette alliance, scellée dans le sacrement. De même qu’on ne peut vivre seulement à l’essai, ni mourir à l’essai, on ne peut aimer vraiment à l’essai. Ce serait confondre l’expérience prématurée de la jouissance avec le don de soi dans l’amour lucidement consenti pour toujours. Le problème est de se préparer à ce don de soi, au niveau du cœur et de la volonté. »

Jean-Paul II sur la vocation : « Il faudrait que s’ouvrent les cœurs de tant de jeunes généreux. »

« Enfin je voudrais vous parler d’une (…) expérience de jeunes qui est un signe évident de la vitalité ecclésiale : les vocations. Le Christ fixe son regard sur nous comme sur le jeune homme riche : « Viens, et suis-moi. » La marche à sa suite emprunte des chemins très divers, qui respectent la personnalité de chacun.

(…) Mais comment taire notre admiration lorsque l’on rencontre des jeunes qui, tels les disciples des premières heures, sont capables de tout laisser pour suivre le Christ, dans le ministère sacerdotal ou dans la mise en pratique radicale des conseils évangéliques ?

Après des temps difficiles, voilà que les vocations sacerdotales et religieuses augmentent. On en rencontre un grand nombre en Inde, en Corée, dans beaucoup de pays d’Afrique, comme un fruit de l’élan missionnaire. On enregistre également un renouveau à ce sujet dans les communautés chrétiennes évangélisées depuis cinq cents ans, en Amérique Latine, aux Philippines ; et même dans notre vieille Europe, mais de façon encore très insuffisante. Pourtant la grâce de Dieu n’a jamais manqué;  le Maître de la moisson appelle toujours les ouvriers pour sa moisson.

Mais il faudrait que s’ouvrent les cœurs de tant de jeunes généreux. Ce sera – et c’est déjà – un signe de la vitalité des Églises. »

La phrase

« Une des misères de notre temps est le besoin  constant de contester l’

(Joseph Ratzinger)