Le Grand Saint-Bernard

Quelle est l’origine de cette abbaye, sise à 2400 mètres d’altitude ?

L’Hospice du Grand Saint-Bernard fut créé par Saint Bernard de Menthon vers 1050 pour subvenir aux besoins des voyageurs et des pèlerins qui franchissaient les Alpes. Né au château de Menthon, sur les bords du lac d’Annecy, vers l’an 1020, Bernard entre chez les chanoines de l’ordre de Saint Augustin et y est ordonné prêtre. Il est ensuite vicaire pendant quarante ans, allant par monts et par vaux visiter toutes les paroisses alpestres. Pour les pèlerins, il fonde une congrégation sous la Règle de Saint Augustin. Il est le patron des montagnards et des alpinistes, car c’est lui qui organisa le premier service de secours en haute montagne.

C’est ainsi que les chanoines du Grand Saint-Bernard ont pour vocation de mettre en pratique : « Ici le Christ est adoré et nourri ». Leur vie sur la montagne se partage en deux activités que sont la prière, et l’accueil des voyageurs. Vivant à 2400 mètres d’altitude, ils sont tributaires du climat : l’hiver empiète sur une partie de l’automne et se termine aux portes de l’été. Or, le ski, le moyen de locomotion le plus adapté en hiver, n’est apparu au Saint-Bernard que vers la fin du XIXe siècle. En 1878, l’Hospice reçoit une paire de skis norvégiens. Après quelques essais infructueux, ces skis sont relégués au grenier. Les religieux continuent à pratiquer la planche, moyen de locomotion qui consiste à glisser sur la neige au moyen d’une simple planche. Par grosse neige, ils se déplacent en raquettes. Mais, dès 1892, quelques chanoines se mettent au ski. Peu à peu, ce moyen supplante tous les autres.

Les chanoines ont toujours eu des chiens à leur service. L’espèce primitive, qui vivait sur le col avant la construction de l’Hospice vers 1045-1050, est un chien énorme, à pattes fortes et massives, avec une grosse tête. Ces chiens étaient destinés à la garde et à la défense, le col étant infesté de brigands. Plus tard, ces ancêtres du saint-bernard furent utilisés pour accompagner les voyageurs et surtout pour retrouver et sauver ceux qui s’étaient égarés dans la neige et le brouillard. Ces animaux subissaient un dressage sévère dans le but d’accompagner les hospitaliers dans leurs déplacements à travers la montagne. La tâche essentielle des chiens, qui a fait leur célébrité, était de tracer, à chaque nouvelle chute de neige, ce que l’on appelait le « pion ». Ce pion était une tranchée dans la neige profonde, que les chiens devaient tracer, creuser et damer avec leurs pattes et tout leur corps, en marchant l’un derrière l’autre. De plus, les chiens, qui avaient un flair exceptionnel et un sens de l’orientation très développé, repéraient les personnes égarées ainsi que les corps ensevelis sous la neige. Une force hors du commun leur permettait de tracter certains voyageurs épuisés. Aujourd’hui, les chanoines du Grand Saint-Bernard sont toujours présents à l’hospice, au service des voyageurs. La meute des saint-bernards, quant à elle, est gérée par une société.