Réflexions pour les mois d’été

Les bons conseils de Benoît XVI pour les vacances

« Lorsque nous avons un moment de pause dans nos activités, en particulier durant les vacances, nous prenons souvent un livre à la main, que nous désirons lire. […] Chacun de nous a besoin de temps et d’espaces de recueillement, de méditation et de calme… Remercions le ciel qu’il en soit ainsi ! […] Naturellement, beaucoup de ces livres de lecture, que nous prenons en main pendant les vacances, sont en général des livres d’évasion, et cela est normal. Toutefois, certaines personnes, en particulier si elles peuvent avoir des temps de pause et de détente plus prolongés, se consacrent à lire quelque chose de plus exigeant.

 « Pourquoi ne pas découvrir certains livres de la Bible ? »

Je voudrais alors faire une proposition : pourquoi ne pas découvrir certains livres de la Bible, qui ne sont normalement pas connus ? […] En effet, de nombreux chrétiens ne lisent jamais la Bible, et ils ont de celle-ci une connaissance très limitée et superficielle. […]

Chers amis, je voudrais aujourd’hui suggérer de garder à portée de main, au cours de la période estivale ou dans les moments de pause, la sainte Bible, pour la goûter d’une manière nouvelle, en lisant à la suite certains de ses Livres, ceux qui sont les moins connus et aussi les plus connus, comme les Évangiles, mais avec une lecture continue. Ainsi, les moments de détente peuvent devenir, outre un enrichissement culturel, également une nourriture pour l’esprit, capable d’alimenter la connaissance de Dieu et le dialogue avec Lui, la prière. Et cela semble une belle occupation pour les vacances : prendre un livre de la Bible, goûter ainsi un peu de détente et, dans le même temps, entrer dans le grand espace de la Parole de Dieu et approfondir notre contact avec l’Éternel, précisément comme but du temps libre que le Seigneur nous donne. »

« […] Les vacances sont, en outre, des jours pendant lesquels on peut se consacrer plus longuement à la prière, à la lecture et à la méditation sur les significations profondes de la vie, dans le cadre serein de sa famille et de ses proches. Le temps des vacances offre des opportunités uniques de s’arrêter devant les spectacles suggestifs de la nature, merveilleux « livre » à la portée de tous, grands et petits. Au contact de la nature, la personne retrouve sa juste dimension, elle redécouvre qu’elle est une créature, petite mais dans le même temps unique, en mesure « d’accueillir Dieu » car intérieurement ouverte à l’infini. Poussée par la demande de sens, qui est pressante dans son cœur, celle-ci perçoit dans le monde environnant l’empreinte de la bonté, de la beauté et de la providence divine et elle s’ouvre presque naturellement à la louange et à la prière. »

(Extraits de l’audience générale du 3 octobre 2011 et de l’angélus du 17 septembre 2005).

Romano Guardini : L’Homme Nouveau 

(Extrait du Tome 2 de Le Seigneur de Romano Guardini) 

« Le Chrétien est un champ de bataille que se disputent deux ennemis : le vieil homme qui se cramponne à son moi révolté contre Dieu, et l’homme nouveau qui est tiré du Christ. »

D’ailleurs, au moment de lire cet article, vous avez très certainement ressenti ce tiraillement : le vieil homme est paresseux et il lui est coûteux de lire quelques lignes. Si cependant vous souhaitez vous remettre à neuf, le théologien allemand, Romano Guardini, peut éclairer votre lanterne :

« L’attitude des Apôtres après la Pentecôte est toute différente de celle d’avant : au début, ils se sont tenus devant  le Christ, et après, en Lui ; d’abord, ils ont parlé du Christ, ensuite, par Lui. […] C’est le propre de l’Apôtre que le Christ vive en Lui et parle à travers Lui, mais c’est aussi le propre de l’existence chrétienne en général. […] Être chrétien, c’est donc vivre en Jésus, en fils de Dieu par adoption, c’est pouvoir dire comme Saint Paul : « Je vis, mais ce n’est pas moi, c’est le Christ qui vit en moi. » […] Le Christ n’est-il pas le Fils de l’Homme en même temps que le Fils de Dieu ? Il est composé d’un corps individuel et d’une âme individuelle. Comment peut-il être en nous ? En mourant et en ressuscitant, le Seigneur est resté ce qu’Il était, Jésus-Christ. Mais tout son être est entré dans un état nouveau, celui de la gloire et de la spiritualisation. Cela ne veut pas dire qu’il est maintenant « esprit » par opposition au corps, mais que tout son être a été transformé par le Saint-Esprit, rendu essentiellement ouvert, soulevé hors de la corporéité humaine, qu’il est devenu capable d’une pure et libre activité. […]

De même que l’âme peut être dans le corps, parce qu’elle est esprit et principe de la vie corporelle, ainsi le Christ vivant peut être dans l’homme croyant, non seulement en ce sens que celui-ci le pense ou l’aime, mais réellement dans son âme et dans son corps en même temps, parce qu’il est non seulement esprit, mais réalité sainte, spirituelle et mystique. […] Avec tout ce que je suis, je ne vis que par Lui. Plus il m’applique sa force créatrice, plus je deviens réel. Plus il m’accorde son amour, plus je deviens pleinement moi-même. […] L’Homme est lui-même dans la mesure où il est dans le Christ. […]Mais en est-il vraiment ainsi ? L’homme a-t-il donc changé depuis qu’il est chrétien ? Le mal, dont parle saint Paul (« Je ne fais pas le bien que je veux et je fais le mal que je ne veux pas », Rm 7) est là, mais le bien nouveau aussi. […] Cette lutte en nous des deux hommes constitue toute l’existence chrétienne. Le chrétien n’est pas un être naturel mais un mystère, une esquisse de ce qui doit venir. […] Suivre le Christ n’est pas un décalque de la vie du Christ. Ce serait un manque de naturel et de vérité. […] La tâche du chrétien c’est de le transposer dans sa propre vie, dans ses actions quotidiennes, ses rencontres, son attitude… »

La phrase :

« Dans les dangers, les difficultés, les incertitudes, pense à Marie, invoque Marie. Qu’elle ne se détache jamais de tes lèvres, qu’elle ne se détache jamais de ton cœur ; et afin que tu puisses obtenir l’aide de sa prière, n’oublie jamais l’exemple de sa vie. Si tu la suis, tu ne te tromperas pas de chemin ; si tu la pries, tu ne désespéreras pas ; si tu penses à elle, tu ne peux pas te tromper. Si elle te soutient, tu ne tombes pas ; si elle te protège, tu n’as rien à craindre ; si elle te guide, tu ne te fatigues pas ; si elle t’est propice, tu arriveras à destination… »

(Saint Bernard)