La valeur de l’homme et la proximité de Dieu

La vocation de la France

Extraits de l’homélie de St Jean-Paul II donnée le 1er juin 1980 au Bourget

« Aujourd’hui, dans la capitale de l’histoire de votre nation, je voudrais répéter ces paroles qui constituent votre titre de fierté : fille aînée de l’Église.

Et j’aimerais, en reprenant ce titre, adorer avec vous le mystère admirable de la Providence. Je voudrais rendre hommage au Dieu vivant qui, agissant à travers les peuples, écrit l’histoire du salut dans le cœur de l’homme. […]

Cette histoire particulière est cachée au plus intime de l’homme, elle est mystérieuse et pourtant réelle aussi dans sa réalité humaine, elle est revêtue, d’une manière visible, des faits, des événements, des existences humaines, des individualités. Un très grand chapitre de cette histoire a été inscrit dans l’histoire de votre patrie, par les fils et les filles de votre nation. […]

                   « Il n’existe qu’un problème : celui de notre fidélité… »

Le problème de l’absence du Christ n’existe pas. Le problème de son éloignement de l’homme n’existe pas. Le silence de Dieu à l’égard des inquiétudes du cœur et du sort de l’homme n’existe pas. Il n’y a qu’un seul problème qui existe toujours et partout : le problème de notre présence auprès du Christ. De notre permanence dans le Christ. De notre intimité avec la vérité authentique de ses paroles et avec la puissance de son amour. Il n’existe qu’un problème, celui de notre fidélité à l’alliance avec la sagesse éternelle, qui est source d’une vraie culture, c’est-à-dire de la croissance de l’homme, et celui de la fidélité aux promesses de notre Baptême au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Alors permettez-moi, pour conclure, de vous interroger : France, fille aînée de l’Église, es-tu fidèle aux promesses de ton Baptême ? Permettez-moi de vous demander : France, fille aînée de l’Église et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la sagesse éternelle ? Pardonnez-moi cette question. Je l’ai posée comme le fait le ministre au moment du Baptême. Je l’ai posée par sollicitude pour l’Église dont je suis le premier prêtre et le premier serviteur, et par amour pour l’homme dont la grandeur définitive est en Dieu, Père, Fils et Esprit.

Mgr von Galen : Tuer les personnes improductives ? 

Extraits du « Sermon de feu », prononcé le 3 août 1941 contre le régime nazi par Monseigneur Clemens-August von Galen, évêque de Munster, dans l’église saint Lambert.

Toute ressemblance… 

« Il y a un soupçon général, confinant à la certitude,  selon lequel ces nombreux décès inattendus de malades mentaux ne se produisent pas naturellement, mais sont intentionnellement provoqués, en accord avec la doctrine selon laquelle il est légitime de détruire une prétendue « vie sans valeur » – en d’autres termes, de tuer des hommes et des femmes innocents, si on pense que leur vie est sans  valeur future pour le peuple et pour l’État. Une doctrine terrible, qui cherche à justifier le meurtre des personnes innocentes, qui légitime le massacre violent des personnes handicapées qui ne sont plus capables de travailler, des estropiés, des incurables, des personnes âgées et des infirmes ! (…)

Ces malheureux patients doivent mourir (…) parce que par le jugement d’un certain organisme officiel, sur la décision d’un certain comité, ils sont devenus « indignes de vivre », parce qu’ils sont classés en tant que « membres improductifs de la communauté nationale ».  Le jugement est qu’ils ne peuvent plus produire aucun bien : ils sont comme une vieille machine qui ne fonctionne plus, comme un vieux cheval qui est devenu boiteux de façon incurable, comme une vache qui ne donne plus de lait.  Qu’arrive-t-il à une  vieille machine ?  Elle est mise à la ferraille.  Qu’arrive-t-il à un cheval boiteux, à une vache improductive ? Non ! Je ne pousserai pas la comparaison jusqu’au bout – si affreuse est sa convenance et son pouvoir d’illumination.

Mais nous ne sommes pas concernés ici par de vieilles machines,  nous n’avons pas affaire à des chevaux et à des vaches, dont l’unique fonction est de servir l’humanité, de produire des biens pour l’humanité.  Elles peuvent être détruites, ils peuvent être abattus quand ils ne remplissent plus cette fonction.  Non : ici, il s’agit d’hommes et des femmes, nos prochains, nos frères et sœurs !  De pauvres êtres humains, des êtres humains malades. Ils sont improductifs, si vous voulez…  Mais cela signifie-t-il qu’ils ont perdu le droit de vivre ? As-tu, ai-je, le droit de vivre seulement aussi longtemps que nous sommes productifs, aussi longtemps que nous sommes reconnus par d’autres comme productifs ?

Si l’on pose et met en pratique le principe selon lequel les hommes sont autorisés à tuer leur prochain improductif, alors malheur à nous tous, car nous deviendrons vieux et séniles ! (…)

Alors aucun homme ne sera en sûreté :  n’importe quelle commission pourra le mettre sur la liste des personnes « improductives », qui dans leur jugement sont devenues « indignes de vivre ».  Et il n’y aura aucune police pour le protéger lui, aucun tribunal pour venger son meurtre et pour amener ses meurtriers à la justice.  Qui pourra alors avoir une quelconque confiance dans un médecin ?  Il pourrait signaler un patient comme improductif et pourraient être alors données des instructions pour le tuer !

On ne peut s’imaginer la dépravation morale, la méfiance universelle, qui s’étendront au cœur même de la famille, si cette doctrine terrible est tolérée, admise et mise en pratique.  Malheur aux hommes, malheur au peuple allemand, quand le saint commandement de Dieu : « Tu ne tueras pas ! », que le Seigneur a donné au Sinaï dans le tonnerre et les éclairs, que Dieu notre Créateur a écrit  dans la conscience de l’homme au commencement, si ce commandement n’est pas simplement violé mais sa violation tolérée et exercée impunément ! (…)

Faisons des commandements divins une ligne directrice de notre vie et prenons au sérieux l’expression : plutôt la mort que le péché ! »

La phrase:

« Si tu vas au bout du monde, tu trouves des traces de Dieu ; si tu vas au fond de toi, tu trouves Dieu Lui-même ».     

(Madeleine Delbrêl)