Sœur Lucie de Fatima (1907-2005) 1/2

Toute une vie dans le sûr refuge du Cœur Immaculé de Marie.

« Toujours je me suis senti soutenu par l’offrande quotidienne de sa prière, spécialement dans les durs moments d’épreuve et de souffrance. » St Jean-Paul II

Le 15 février 2005, le gouvernement portugais déclarait un deuil national : c’étaient les obsèques de la dernière voyante de Fatima. Jean-Paul II, qui allait mourir quelques semaines plus tard, envoyait le cardinal Bertone avec un message exprimant sa « profonde émotion » : « Sr Lucie nous a laissé un exemple de grande fidélité au Seigneur et de joyeuse adhésion à sa divine volonté… Toujours je me suis senti soutenu par l’offrande quotidienne de sa prière, spécialement dans les durs moments d’épreuve et de souffrance… »

Grande fidélité : la Sainte Vierge lui dit le 13 juin 1917 : « Jacinthe et François, je les emmènerai bientôt mais toi, tu resteras ici pendant un certain temps. Jésus veut se servir de toi afin de me faire connaître et de me faire aimer. » Un ‘certain temps’ qui va durer 88 ans !!!

Joyeuse adhésion : Lucie demanda à Notre-Dame avec tristesse : « Je vais rester ici toute seule ? – Non, ma fille. Tu souffres beaucoup ? Ne te décourage pas. Je ne t’abandonnerai jamais ! Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu ». Vingt-huit ans plus tard, en 1945, alors qu’elle est religieuse et que sa Supérieure se rend à Fatima où elle-même n’est encore jamais retournée, elle lui écrit cet admirable témoignage de la manière dont elle vécut tout et toujours dans ce sûr refuge : « Ne pensez pas que je sois triste de ne pas y aller aussi : j’offre avec plaisir le sacrifice parce que c’est avec les sacrifices qu’on sauve les âmes, et je me souviens toujours de la grande promesse qui me remplit de joie : « Je ne t’abandonnerai jamais. Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira à Dieu ». Je crois que cette promesse ne s’adresse pas seulement à moi, mais à toutes les âmes qui voudront se réfugier dans le Cœur de la Mère céleste et se laisser conduire sur les chemins qu’elle a tracés…  Je savoure les fruits de ce beau jardin, et je m’efforce de laisser aux âmes la facilité d’aller là rassasier leur faim et soif de grâce, de réconfort et de soutien. »

Dieu avait préparé Lucie à sa mission en lui donnant une nature très équilibrée, à la fois ferme et espiègle, de vive intelligence et d’excellente mémoire. Dernière de six enfants, elle reçut de sa mère une foi solide et une charité sans calcul. Les enfants l’aimaient énormément : elle les faisait chanter, danser, jouer, leur racontait des histoires et les tournait vers Jésus.

Avant même les apparitions, Jésus et Marie lui ont révélé leur amour : après sa première confession, sur le conseil du prêtre, la petite Lucie de six ans va aux pieds d’une statue de la Sainte Vierge (justement Notre-Dame du Rosaire !) et lui demande de garder son cœur pour Dieu seul. Elle reçoit alors de Marie un sourire qui la laisse inondée de joie. Elle répète sa demande après avoir communié et entend alors : « La grâce qui t’est donnée aujourd’hui demeurera vivante dans ton âme et y produira des fruits de vie éternelle. »  Ce jour-là, elle ne put rien manger d’autre !

À suivre…