Hommage au cardinal Caffara

La cardinal Carlo Caffara, ami de St Jean-Paul II et grand défenseur de la famille, est mort ce 6 septembre.

Carlo Caffarra Madrid 2011Né près de Parme en 1938, ordonné prêtre en 1961, après de hautes études et diverses charges, le cardinal Caffara fut nommé archevêque de Bologne en Émilie-Romagne par Saint Jean-Paul II dont il était très proche. Il y resta 12 ans, jusqu’en 2015, et fut nommé cardinal en 2006 par Benoît XVI dont il était le grand ami. Sa devise était « Sola misericordia tua » : « Seule ta miséricorde ».

Il est décédé le 6 septembre à 79 ans. C’était une âme pleine de délicatesse et de charité pour tous ceux qui lui étaient confiés. Il était très profondément affecté par la crise de l’Église. C’est la raison pour laquelle, en 2016, avec trois autres cardinaux, il a écrit au Pape, d’abord ses interrogations (« dubia ») suite au synode sur le mariage et la famille, puis une lettre pleine d’affection et de respect envers le Saint-Père, pour lui exprimer sa préoccupation. Un prêtre raconte combien le cardinal, confiant en Dieu et plein d’amour pour l’Église, l’a réconforté face à la situation dramatique de celle-ci.

En 1980, le Pape Jean-Paul II le nomme expert au synode des évêques sur le mariage et la famille puis le charge l’année suivante de fonder et de présider l’Institut pontifical Jean-Paul II sur le mariage et la famille. En 1981, Mgr Caffara écrivit donc à sœur Lucie de Fatima pour lui demander des prières. Grande fut sa surprise en recevant, très rapidement, une lettre écrite de sa main et disant : « N’ayez pas peur, car tous ceux qui travailleront pour le caractère sacré du mariage et de la famille seront toujours combattus et haïs de toutes les manières, parce que c’est l’affaire décisive. L’affrontement final entre Dieu et Satan portera sur la famille et la vie. La Vierge lui a déjà écrasé la tête. » 

Avant de mourir, il déclara ceci :

« L’Europe est en train de mourir. Et peut-être même n’a-t-elle aucune envie de vivre, car il n’y a pas de civilisation qui ait survécu à la glorification de l’homosexualité. Je ne dis pas : à l’exercice de l’homosexualité. Je parle de la glorification de l’homosexualité. Et je fais une incise : on pourrait observer qu’aucune civilisation n’est allée jusqu’à proclamer le mariage entre personnes de même sexe…

C’est si vrai que les deux seules réalités civiles, appelons-les ainsi, les deux seuls peuples qui ont résisté pendant de nombreux millénaires – en ce moment je pense surtout au peuple juif – ont été ces deux peuples qui ont été les seuls à contester l’homosexualité : le peuple juif et le christianisme. Où sont les Assyriens ? Où sont les Babyloniens ? Et le peuple juif était une tribu, il paraissait n’être rien par rapport aux autres réalités politico-religieuses. Mais la réglementation de l’exercice de la sexualité que nous rencontrons, par exemple, dans le livre du Lévitique, est devenue un facteur de civilisation extrêmement important. Voilà ma première pensée : c’est la fin. 

Ma deuxième réflexion est purement de foi. Devant de tels faits, je me demande toujours : mais comment est-il possible que, dans l’esprit de l’homme, puissent s’obscurcir des évidences aussi originelles, comment est-ce possible ? Et je suis arrivé à cette réponse : tout cela est une œuvre diabolique. Littéralement. C’est le dernier défi que le diable lance au Dieu Créateur !… »