Sœur Lucie de Fatima (1907-2005) 2/2

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Toute une vie dans le sûr refuge du Cœur Immaculé de Marie (2/2).

« Une pierre mal taillée, cachée dans les fondations du triomphedu Cœur Immaculé de Marie  » : voilà ce que Sr Lucie écrit humblement d’elle-même. Ce triomphe fut bien le but de toute sa vie offerte : un long martyre du cœur. Avec les apparitions, finies la paix familiale et la tendresse des siens. Son seul soutien, son papa, lui fut ravi dès le 31 juillet 1919.

À 14 ans, lorsque, par obéissance à son évêque, elle doit quitter Fatima pour un pensionnat près de Porto, elle s’en va pleurer à la Cova da Iria : « Je demandais pardon à Notre-Dame de ne pas être capable de lui offrir, cette fois-ci, ce sacrifice qui me semblait au-dessus de mes forces… Ce fut alors que j’ai senti sa main amicale et maternelle me toucher l’épaule : « Va, suis le chemin par où Monseigneur l’Évêque veut te conduire, telle est la volonté de Dieu. » J’ai alors répété mon oui, alors bien plus conscient que celui que je donnais le 13 mai 1917. » Elle put recevoir sans amertume les paroles de sa mère de la terre sur le quai de la gare : « Va, ma fille : s’il est vrai que tu as vu Notre-Dame, elle veillera sur toi, mais si tu as menti, alors tu vas être une malheureuse. »

Désormais sûre que Dieu la veut au Carmel, elle demande à y entrer dès ses 18 ans. Mais des obstacles de toutes sortes l’en empêchent. Après vingt-trois ans chez les sœurs de Ste Dorothée et deux lettres à Pie XII, elle a enfin le droit de vivre pleinement sa vocation…

Son tourment fut toujours de transmettre fidèlement les messages du Ciel et de constater combien ils n’étaient pas écoutés. « Je ne suis pas, comme on s’imagine dans le monde, du nombre de ces âmes heureuses qui, tous les jours, voient Notre-Seigneur et parlent avec lui : ces grâces m’ont été concédées de loin en loin. Parfois, de longues années les séparent et, durant ces intervalles, je continue à marcher sur mon pauvre chemin, à la lumière de la foi… Mais je ne marche pas seule, je sens la présence de Dieu qui m’absorbe dans son Être infini, en me communiquant lumière, grâce et force pour porter la Croix qu’Il m’a laissée. Il connaît bien toute ma faiblesse et ma misère, et il ne m’abandonne pas, parce qu’il sait que je ne suis pas capable de plus. »

Jusque dans sa vieillesse, « ceux qui la voyaient dans la vie quotidienne, tellement simple, naturelle et travailleuse [et pleine d’humour !], ne pouvaient pas imaginer l’intense vie intérieure que l’enveloppe de ce corps fragile supportait ». Elle gardait près d’elle la statue de Notre-Dame de Fatima, et le chapelet que Jean-Paul II lui avait offert, le sien ! Le dernier jour de sa vie, elle reçut sa bénédiction apostolique. Le fax fut apporté par l’évêque. Elle fit alors signe qu’on lui mette ses lunettes et voulut le lire elle-même puis le garda sur son cœur.

Elle s’était offerte toute sa vie pour le triomphe du Cœur Immaculé. Elle ne put le voir de son vivant, faute de réponses suffisantes aux demandes de Notre-Dame. Puisse-t-elle le voir très bientôt depuis le Ciel, où elle œuvre plus que jamais pour le hâter !