Il s’agit d’un combat de fond avec les nouvelles lois de bioéthique en France, en Europe et dans le monde. Le Président des USA, Monsieur Obama, en parlant de l’avortement, a distingué la morale de l’éthique. Pour lui, l’avortement est une question personnelle de la femme. C’est à elle seule de décider.

Mais pour l’Eglise et la Loi naturelle, l’avortement est toujours un mal. On ne peut pas justifier ce mal en distinguant loi morale et éthique. L’éthique du « relativisme » ou du « consensus » que l’on oppose à l’éthique de conviction, fondée sur la Loi naturelle, est tout simplement la reconnaissance du comportement majoritaire. Ce n’est pas parce que 51% de personnes seraient d’accord avec le mariage homosexuel, la contraception, l’avortement, l’euthanasie, que ces actes humains deviendraient « bons ». Comprenons l’enjeu du combat actuel : si la Loi naturelle n’a plus de « droit de cité » dans nos Etats de Droit, cela signifierait que la vérité n’a plus de droit dans la dictature du relativisme ! »

L’argumentation de Monsieur Obama vient d’être utilisée comme commentaire à la vidéo que nous avons mis sur notre Site au sujet du projet de loi sur le mariage homosexuel : « Si l'opposition au mariage gay est uniquement basée sur votre foi et ce que vous pensez que votre Dieu a planifié pour la famille, alors il est inutile de s'engager : personne ne touchera au mariage religieux, ne vous forcera à épouser un(e) homo. Laissez les construire la famille qu'ils entendent construire et construisez la votre selon vos propres principes, en restant sous les ordres qui vous ont été révélés par votre foi. Mais n'allez pas imposer votre vision sous prétexte qu'elle est "divine" ». Ne nous laissons pas démobiliser par une telle argumentation. L’Eglise, de part le mandat reçu par son Fondateur, a non seulement le droit mais aussi le devoir d’enseigner les vérités révélées et la Loi naturelle, qui vaut pour tous les hommes en tout temps et en tous lieux. En remplissant cette mission, elle sert l’humanité, elle œuvre pour le vrai bien de l’homme, de tout l’homme et de tous les hommes.

Le dernier chapitre du dernier livre de Jean-Paul II « Levez-vous ! Allons ! » s’intitule : « Dieu et le courage » avec ce sous-titre : « Me voici, je viens ! » (He 10, 7). Ce Bienheureux Pape rappelle des paroles du Cardinal polonais Stefan Wyszynski :

« Pour un évêque, le manque de force est le début de la défaite. Peut-il continuer à être apôtre ? Pour un apôtre, en effet, le témoignage rendu à la vérité est essentiel. Et cela exige toujours la force. La plus grande faiblesse de l’apôtre est la peur. C’est le manque de foi dans la puissance du Maître qui réveille la peur ; cette dernière oppresse le cœur et serre la gorge. L’apôtre cesse alors de professer. Reste-t-il apôtre ? Les disciples, qui abandonnèrent le Maître, augmentèrent le courage des bourreaux. Celui qui se tait face aux ennemis d’une cause enhardit ces derniers. La peur de l’apôtre est le premier allié des ennemis de la cause. « Par la peur contraindre à se taire », telle est la première besogne de la stratégie des impies. La terreur utilisée par toute dictature est calculée sur la peur des apôtres. Le Christ ne s’est pas laissé terroriser par les hommes. Sorti dans la foule, il dit avec courage : « c’est moi ».

Après avoir cité ces paroles de l’énergique Cardinal Stefan Wyszynski, Jean-Paul II écrivait :

« On ne peut vraiment pas tourner le dos à la vérité, ni arrêter de l’annoncer, ni la cacher, même s’il s’agit d’une vérité difficile, dont la révélation s’accompagne d’une grande souffrance. « Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32), disait Jésus, telle est notre tâche et, en même temps, notre appui ! En cela, il n’y a pas d’espace pour des compromissions, ni pour un recours opportuniste à la diplomatie humaine. Il faut rendre témoignage à la vérité, même au prix de persécutions, jusqu’au prix du sang, comme le Christ Lui-même l’a fait et comme l’a fait en son temps un de mes saints prédécesseurs à Cracovie, l’évêque Saint Stanislas.
Nous serons certainement confrontés à des épreuves. Il n’y a là rien d’extraordinaire. Cela fait partie de la vie de la foi. En certaines circonstances, les épreuves sont légères, en d’autres, beaucoup plus difficiles et même dramatiques. Dans les épreuves, nous pouvons nous sentir seuls, mais jamais ne nous abandonne la grâce divine, la grâce d’une foi victorieuse. C’est pourquoi nous pouvons fermement envisager de surmonter de manière victorieuse toutes épreuves, même les plus difficiles ».

Jean-Paul II a rappelé ensuite ce qu’il avait dit à des jeunes polonais en 1987 pour les inviter à imiter les jeunes courageux qui, en 1939, avait donné leur vie. Il les avait invités à bien réfléchir sur le rapport « entre être plus et avoir plus ». « Je les mis en garde, écrivait-il : « jamais ne doit l’emporter seulement l’avoir plus. Car l’homme peut alors perdre la chose la plus précieuse : son humanité, sa conscience, sa dignité ».

Dans cette perspective, je les exhortai : « vous devez l’exiger de vous-mêmes, même si les autres ne l’exigent pas de vous. »

Et je développai : « chacun de vous, aussi, jeunes, trouve dans sa vie une dimension des devoirs qu’il doit assumer et accomplir. Une cause juste, pour laquelle on ne peut pas ne pas combattre. Un devoir, une obligation, à laquelle on ne peut pas se soustraire ; qu’il n’est pas possible de déserter. En définitive, un certain ordre de vérités et de valeurs qu’il faut « maintenir » et « défendre » : en soi et autour de soi. Oui : le défendre pour soi et pour les autres ». Les hommes ont toujours eu besoin de modèles à imiter. Ils en ont surtout besoin aujourd’hui, en notre temps si exposé à des incitations changeantes et contradictoires ».

Ces paroles fortes de Jean-Paul II, Benoît XVI les met héroïquement en pratique, comme notre Père Fondateur les a mises héroïquement en pratique. Notre Saint-Père actuel n’a vraiment pas peur. Il nous donne le témoignage d’un vrai courage. Ses adversaires ont essayé d’employer les moyens des dictateurs décrits par Jean-Paul II pour l’intimider et le faire taire. Mais il ne s’est pas laissé intimider, il est fort contre les dictatures du relativisme ! Ses derniers vœux au Corps diplomatique en témoignent. Imitons-le, suivons-le : Levons-nous ! Allons !

Demandons à Dieu le courage pour témoigner de la vérité de la Loi naturelle – dans la charité et le respect de toutes les personnes - qui s’impose à tous les hommes. Que l’Esprit Saint éclaire les esprits des hommes de bonne volonté afin que les dictatures du relativisme ne promulguent pas de nouvelles lois en contradiction avec la Loi naturelle. Jésus a dit : « J’ai vaincu le monde » ! Appuyons-nous sur sa Grâce et soyons convaincus qu’il est la Splendeur de la Vérité. Cette Vérité ne supprime pas la liberté des hommes mais les protège, car la Vérité rend libre.

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