Cette petite présentation du Saint Patron de notre diocèse permet de comprendre le choix des trois lectures pour la solennité à Viviers. La première lecture est un passage de l’Apocalypse où il est question du « vainqueur », en latin « vincens ». Qui est ce vainqueur ? C’est celui qui a soif de l’eau de la source de vie, celui qui sera devenu le fils de Dieu. En cette semaine de l’unité avec le thème : « donne-moi à boire », ce passage de l’Apocalypse est très parlant. Demandons à Saint Vincent, le Saint-Patron de tous les baptisés du diocèse de Viviers d’avoir soif de l’eau que Jésus veut nous donner. Avons-nous soif en vérité de son amour, de sa vérité, du Chemin qu’Il nous trace pour aller au Ciel ? Saint Vincent en a eu soif ! Si tous les baptisés avaient cette ardente soif, l’unité des chrétiens serait déjà advenue !

La deuxième lecture pour la solennité est le célèbre passage de l’épître aux Romains : qui nous séparera de l’amour du Christ ? Les martyrs ont mis particulièrement en application cette parole de Dieu. La mort ne leur a pas fait peur car rien ne pouvait les séparer de l’amour du Christ ! Demandons à Saint Vincent de ne pas vivre dans la peur en ces jours troublés. Nous ne pouvons pas vivre, c’est évident, dans le superficiel, mais nous devons vivre dans la sérénité. Saint Vincent a subi de grandes tortures, mais il savait que Jésus était avec lui. La lecture de Saint Augustin est très belle.

Une telle cruauté s’acharnait sur le corps de Saint Vincent et une telle tranquillité s’exprimait dans sa voix … chose étonnante, c’est Vincent qui est la victime et on en torture un autre qui ne parle pas … c’est un autre qui parlait … La chair souffrait, l’Esprit parlait et la parole de l’Esprit non seulement condamnait l’incroyance mais encore soutenait l’impuissance.

L’évangile est celui du grain qui meurt et du serviteur. Le choix est évident : Saint Vincent est diacre, il est un serviteur, il est un modèle pour tous les diacres, appelés à imiter Jésus, le Serviteur souffrant. Mais Saint Vincent est aussi un martyr : la fécondité de sa vie est semblable à la fécondité du grain de blé, qui déposé en terre ne meurt pas mais porte beaucoup de fruits. Jean-Paul II, au cours du Grand Jubilé de l’an 2000, avait demandé que l’on n’oublie pas les très nombreux martyrs du vingtième siècle. Pensons à ces martyrs, prions ces martyrs et nous ne vivrons pas ces temps de crise dans la peur. Le sang de ces martyrs prépare le triomphe du Cœur Immaculé de Marie.