Le prophète Sophonie invitait la fille de Sion à se réjouir parce que le Seigneur est en elle. Cette prophétie trouve son accomplissement au jour de l’Annonciation. La fille de Sion est la Vierge Marie. Le Fils de Dieu a pris chair en son sein : Il est en elle ! La Sainte Vierge ne pouvait que se réjouir profondément de ce mystère : l’Esprit Saint lui a inspiré le plus beau cantique d’action de grâce de la Bible : le magnificat ! Sophonie dit aussi que le Seigneur est tout joyeux à cause de cette fille de Sion : Il jubile et crie de joie à cause d’elle ! La Vierge Marie a donné à Jésus une joie unique. Personne, en effet, ne pourra jamais dépasser en sainteté l’humble Vierge Marie, mais tous ceux qui, à sa suite, se consacrent totalement en professant les conseils évangéliques, donnent de la joie à Jésus ! Alors, sœurs Ursule et Claude, soyez dans la joie et donnez de la joie à Jésus jusqu’à la fin de votre vie par votre fidélité à votre Epoux divin !

Dans la deuxième lecture, Saint Paul nous a appelés à être toujours dans la joie. Être toujours dans la joie, est-ce possible ? Sans la grâce de Dieu, cela est impossible, mais avec Jésus, tout est possible ! Saint Paul nous donne de précieux conseils : prier sans cesse, remercier Dieu sans cesse, n’éteignez pas l’Esprit, tenez-vous à l’écart de tout mal. N’ayez pas peur et croyez St Paul : «Celui qui vous appelle est fidèle, c’est Lui qui agira». Ainsi, vous ne vous découragerez jamais malgré vos défauts et vos péchés. Le secret de la sainteté pour St Claude la Colombière est la confiance en Jésus. Ayez une totale confiance en Lui. Mère Marie Augusta, après sa conversion, s’est tournée définitivement vers Lui, l’Epoux fidèle qui ne déçoit jamais !

L’évangile ne parle pas de joie mais de tristesse : la tristesse du jeune homme riche, trop attaché à son argent, qui n’a pas eu la générosité de tout laisser pour suivre Jésus. Mais la tristesse du jeune homme riche fait ressortir davantage encore la joie des disciples. Saint François a connu cette joie, qu’il appelait la joie parfaite. Il l’a connue après sa rencontre avec Jésus crucifié dans la pauvre église de Saint Damien sous les remparts d’Assise. Il a alors renoncé à tout son argent. Sainte Ursule, elle aussi, a connu la joie parfaite en renonçant à tout pour consacrer sa virginité à Jésus et entraîner de nombreuses compagnes. Cette joie, elle l’a particulièrement rayonnée en Allemagne où elle a été martyrisée pour Jésus ! Cette joie parfaite, nous la goûtons également par le conseil évangélique d’obéissance, vécu dans la confiance et l’amour. Jésus et l’Eglise ne nous imposent pas de professer les conseils évangéliques de chasteté, pauvreté et obéissance. C’est librement que nous avons choisi, que vous choisissez en ce jour de les professer en vous appuyant sur la grâce de Dieu et la fidélité de Jésus. Vous êtes pour le monde et pour vos familles un signe efficace du Royaume de Dieu. Par votre vie, vous témoignez que l’argent ne fait pas le bonheur, la sexualité n’est pas le tout de la personne humaine, l’orgueil de l’ego ne comble pas l’âme assoiffée de Dieu. Votre liberté trouve en ce jour son accomplissement et son épanouissement en Dieu. Bienheureuses êtes-vous d’avoir compris cela ! Votre joie, personne ne pourra vous l’enlever, éternellement vous louerez la Miséricorde de Dieu !

Jésus est la source de votre joie, mais c’est dans la vie de famille Domini, don de l’Esprit Saint à notre Père Fondateur et à Mère Marie Augusta, que Jésus vous a communiqué sa joie. Nos Fondateurs ont été aidés par Marthe Robin, la fondatrice des Foyers de charité, pour se lancer dans l’aventure évangélique de la fondation d’une nouvelle forme de vie consacrée. Le Père ne cessait de nous répéter : nous avons voulu d’abord et avant tout vivre l’évangile ! En arrivant à Saint-Pierre de Colombier, ni le Père, ni Mère Marie Augusta n’avaient le projet humain de fonder une nouvelle forme de vie consacrée avec un Père et une Mère, des frères et des sœurs, unis, mais sans vie mixte, dans une seule Famille. Marthe Robin, par ses prières et ses conseils, a obtenu au Père, à Châteauneuf-de-Galaure, la conviction qu’une telle Fondation était bien voulue de Dieu. Marthe a également obtenu à Mère Marie Augusta les grâces pour dire un « oui » généreux et devenir le Fondement des apôtres de l’Amour. Ce qu’il nous faut, disait-elle, c’est une famille ! Cette conviction n’était pas son projet humain mais la Volonté de Dieu pour nous ! Vous avez été conquise, sœur Ursule, sœur Claude, par cet esprit de famille, inspiré par le Cœur de Jésus. Cet esprit de famille est pour vous, comme pour nous, source d’une joie profonde. Vous devez à présent rayonner cet esprit et cette joie auprès de tous. L’esprit de famille, en effet, doit renouveler notre monde et l’Eglise. L’Eglise va vivre deux Synodes sur la famille, le mois prochain, et en octobre 2015. Elle vivra aussi l’année de la vie consacrée, de novembre au 2 février 2016. Puissent ces deux années permettre le renouveau de la famille et de la vie consacrée. Le Père et Mère Marie Augusta ont compris, dans leur prière et leur collaboration, que toutes leurs décisions devaient être prises dans le « rien l’un sans l’autre ». Ce « rien l’un sans l’autre » appartient à notre charisme familial. Il est la condition de notre développement et il aide les foyers qui veulent vivre de notre spiritualité ! L’éducation des cœurs des sœurs et des frères par un Père et une Mère appartient aussi à notre charisme et aide déjà un certain nombre de parents. Avec vous, rendons grâce à Dieu : il est bon et doux pour des frères et des sœurs de vivre en famille et d’être unis dans la pauvreté, la chasteté et l’obéissance !