Voilà la bonne nouvelle de cette merveilleuse synthèse de la lettre aux Hébreux que nous venons d’entendre ! Jésus ! Les exégètes devraient souligner ce nom de Salut, cité par l’auteur sacré. Nous ne sommes pas, avec ce texte inspiré, dans un discours du Christ de la Foi, différent du Jésus de l’Histoire ! La lettre aux Hébreux est, pourtant, un document christologique d’une grande profondeur. C’est bien à cause de cette profondeur que la Tradition de l’Eglise a intégré cette lettre dans le Corpus paulinien. Elle jouit de l’autorité de Saint Paul et c’est pour cela qu’elle fait partie du Canon du NT reconnu par le Magistère de l’Eglise. La lettre aux Hébreux nous apporte donc une preuve scripturaire importante à la question fondamentale dont a parlé Benoît XVI dans son livre sur Jésus en trois tomes. La distinction Christ de la Foi / Jésus de l’histoire est totalement arbitraire et ne repose sur aucune preuve historique et scripturaire. Le Christ de la Foi et le Jésus de l’histoire ne sont qu’une seule et même Personne : Notre-Seigneur Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme ! L’auteur sacré nous révèle en ce jour que c’est grâce au sang de Jésus que la route du Ciel nous a été ouverte. Soulignons l’expression : « sang de Jésus ». Qui, aujourd’hui, prie encore avec les Litanies du Précieux Sang ? Beaucoup trouvent cette dévotion démodée ! Pourtant, cette dévotion est toujours actuelle et elle est fondée dans l’Ecriture. Le mois de Juillet est le mois du Précieux Sang ! Ayons une confiance plus grande en l’efficacité du Précieux Sang de Notre-Seigneur qui, par le Sacrement de l’Eucharistie est adoré, chaque jour, sur tous les autels du monde où est célébré le Saint-Sacrifice sacramentel ! Oui, adorons le Précieux Sang qui nous permet d’entrer au sanctuaire du Ciel ! Pour entrer en ce sanctuaire, nous avons d’abord été purifiés par l’eau du baptême grâce, redisons-le encore, au Précieux Sang de Jésus !

Jésus, dans son discours après la Cène, s’était révélé comme la Voie, la Vérité et la Vie. L’auteur sacré rappelle en ce jour qu’Il a inauguré une Voie nouvelle et vivante en pénétrant au-delà du rideau du sanctuaire. Il n’est pas nécessaire de rappeler ce que nous avons médité la semaine dernière : l’auteur en méditant à partir du rite du Yom Kippour fait découvrir que Jésus est le Grand Prêtre qui était annoncé par les grands-prêtres de l’AT, pénétrant, une fois par an, au-delà du rideau du sanctuaire en prononçant le nom de Yahvé. Chaque année, ils devaient renouveler ce rite. Jésus, Lui, n’a pas à le renouveler car le Sacrifice Rédempteur est parfait, il est consommé une fois pour toutes.

Mais l’auteur sacré insiste ensuite sur un point important : nous sommes sauvés par le Sang du Christ, oui, la Voie du Ciel nous est ouverte, oui, mais nous devons collaborer avec la grâce dans l’amour et l’observance des commandements. Nous devons aussi « pratiquer » par la participation à la Liturgie. La Lettre aux Hébreux n’est pas un document théologique coupée de la vie réelle des fidèles. L’auteur sacré est réaliste : il sait que des fidèles ont pris l’habitude de délaisser les assemblées liturgiques ! Combien ce passage de la lettre aux Hébreux est important ! La Foi est nécessaire, mais elle n’est pas suffisante, elle doit être animée par la charité, la pratique des vertus et la participation à la Liturgie de l’Eglise. …