Le cœur de la Messe : la consécration

 

Après avoir découvert les quatre grandes prières eucharistiques, allons jusqu’au cœur : à la consécration.

Le prêtre renouvelle ici ce que le Seigneur lui-même a fait au soir du Jeudi saint. Le texte est celui de l’institution de l’Eucharistie. Les quatre références bibliques (Mt 26, 26-28 ; Mc 14, 22-24 ; Lc 22, 19-20 ; 1Co 11, 23-25) et plus de 80 récits liturgiques de l’Institution utilisés au cours de l’histoire de l’Eglise sont extrêmement proches et témoignent d’une tradition très forte.

S’il y a eu des ajouts, comme « la nuit même où il fut livré » ou encore « les yeux levés au ciel » (cf. la multiplication des pains en Mc 6, 41), on reste tout de même très proche des textes bibliques. Contrairement aux autres parties du canon, dont la formulation peut varier suivant les fêtes ou le temps liturgique, les paroles de la consécration restent toujours les mêmes. Une seule exception : le jeudi saint. Pour bien marquer que c’est le jour où Jésus a institué l’Eucharistie, on ajoute alors : « c’est-à-dire : aujourd’hui ».

On est vraiment ici dans la partie la plus importante de la messe. Le prêtre agit au nom du Christ (In persona Christi) : remarquez qu’il ne dit pas « ceci est le corps du Christ » mais bien corps « ceci est mon sang». Une fois prononcées les paroles de Jésus, le pain et le vin deviennent réellement et substantiellement le Corps et de Sang de Jésus. Le Catéchisme nous dit : « par la consécration s’opère la transsubstantiation du pain et du vin dans le Corps et le Sang du Christ. Sous les espèces consacrées du pain et du vin, le Christ lui-même, vivant et glorieux, est présent de manière vraie, réelle et substantielle, son Corps et son Sang, avec son âme et sa divinité »rquoi ce moment est entouré des plus grandes marques d’honneur : la lumière des cierges, l’encens. (Catéchisme Eglise Catholique, nº 1413). C’est pourquoi ce moment est entouré des grandes marques d’honneur la lumière des cierges, l’encens.

En 2009, Benoît XVI a aussi rappelé l’importance de « s’agenouiller pendant les moments centraux de la prière eucharistique », geste qui « exprime la conscience de se trouver devant la majesté infinie de Dieu » (Sacramentum Caritatis, n° 65). 

« Ah, si nous avions la foi… » Saint Curé d’Ars

Quand le prêtre a prononcé les paroles sur le pain, alors que ce dernier est devenu le Corps du Seigneur, il l’élève devant toute l’assemblée. Cette pratique – dite de l’élévation – remonte au XII° siècle. En ce temps certains théologiens avaient enseigné des doctrines non conformes à la foi catholique. Ce fut le cas de Béranger de Tours (998-1088) qui niait la transsubstantiation, et par suite la présence réelle du Seigneur. En réaction, le peuple demanda qu’on lui montre l’hostie pour pouvoir l’adorer. C’est à Paris que naquit la tradition de l’élévation qui s’est étendue ensuite à toute l’Eglise.

Écoutons le Curé d’Ars nous parler de son amour de l’eucharistie : « Jusqu’à la Consécration, je vais assez vite, mais après la Consécration, je m’oublie en tenant Notre-Seigneur dans mes mains ». Et encore : « Ah, si nous avions la foi, si nous étions bien pénétrés de la présence de Notre-Seigneur qui est là sur nos autels avec ses mains pleines de grâces, cherchant à les distribuer, avec quel respect nous serions en sa sainte présence ! »