Les rites de conclusion

 

Mieux comprendre les rites qui concluent la messe et par lesquels nous sommes envoyés en mission.

Une fois que le prêtre a prononcé l’oraison dite de post-communion, après les éventuelles annonces, le prêtre salue une nouvelle fois l’assemblée : « Le Seigneur soit avec vous… », puis il prononce la bénédiction en faisant le signe de croix de la main droite sur l’assemblée (l’évêque en fait trois).

Les jours de grande fête, ou pour une circonstance particulière, le missel propose une formule de bénédiction développée et enrichie, prière souvent ponctuée par trois « Amen » solennels.

Puis le diacre, ou à défaut le prêtre, renvoie l’assemblée en chantant ou en proclamant l’« Ite missa est ! » La traduction de « Ite missa est » est très difficile à établir avec précision. La traduction la plus répandue : « Allez, la messe est dite » n’est pas vraiment conforme au sens originel. Parfois on a traduit aussi par : « Allez, c’est la mission » pour signifier que chaque baptisé est envoyé en mission pour porter aux autres ce qu’il a reçu. Chez les romains, le mot « missa » (dérivé du latin mittere : envoyer), désignait le renvoi des participant à la fin d’une réunion, comme au Sénat ou encore au tribunal.

De même, dans la règle de saint Benoît, missa est utilisé pour désigner les « congés » qui terminaient les six réunions de prière durant le jour. Le pape Innocent III a écrit : « missa vient de « renvoi », car les catéchumènes sont renvoyés au moment où le prêtre commence à consacrer l’eucharistie » (Cf. In Altum d’octobre 2011).

Dans le Journal de voyage d’Egérie, une espagnole du IV° siècle qui fit un pèlerinage en Terre Sainte, on trouve plusieurs renvois au cours de la messe : celui des catéchumènes, qui séparait les deux parties de la messe et celui des fidèles à la fin de la messe. A une époque plus tardive où le catéchuménat était en voie de disparition, le premier renvoi a disparu mais la formule de l’« Ite missa est » a été conservée pour le second.

Il semble que la traduction la plus littérale soit donc : « Allez, c’est l’envoi ».

En France, le problème de traduction a été évité avec le choix de la formule « Allez dans la paix du Christ », qui ne correspond pas vraiment à la formule latine, mais qui se rapproche de certaines formules orientales. En effet, les byzantins proclament « Allons en paix », tandis que les syriens disent «ur moi ».  Allez en paix, contents, joyeux, et priez pour moi.

Quoi qu’il en soit cette parole de renvoi est marquée par la joie, aussi était-elle absente des messes de Requiem. Et quand la messe est suivie d’une action liturgique qui lui est essentiellement liée, comme une adoration du saint Sacrement par exemple, l’« Ite missa est » est remplacé par le « Benedicamus domino » : « Bénissons le Seigneur ! ». Dans un cas comme dans l’autre l’assemblée répond d’un seul cœur : « Nous rendons grâce à Dieu ! ».

Alors le prêtre et le diacre vénèrent l´autel par un baiser. Puis, accompagnés des servants, après le salut final, ils repartent en procession à la sacristie derrière la croix encadrée par les cierges, le thuriféraire ouvrant la marche.