2014-2015 : Deux synodes sur la famille: Comprendre l’enjeu à la lumière de l’enseignement de l’Église – Veritatis Splendor – (2/3) –

 « Veritatis Splendor »  (Jean Paul II, le 6 août 1993)

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La 2e partie de l’encyclique Veritatis Splendor apporte un éclairage sur différentes tendances de la théologie morale afin qu’éclairés par la Vérité qu’est JESUS, nous ne nous « modelions pas sur le monde présent  mais renouvelions notre façon de penser » (Rm12,2). Examinons le mariage et la famille à cette lumière.

Entendant rappeler la vérité sur tel ou tel point de morale, l’Eglise va-t-elle à l’encontre de la liberté de l’homme ?

JP2Non, car vérité et liberté sont étroitement liées. La négation de ce lien aboutit à 2 écueils : soit on exalte la liberté au point d’en faire un absolu aux dépens de la vérité, et la conscience individuelle s’arroge le droit de décider où est la vérité : c’est « l’éthique individualiste » ; soit on nie la liberté en considérant que l’homme n’est que le produit d’un conditionnement culturel et on considère alors la vérité comme relative aux différentes cultures : c’est la « morale relativiste ».

Ainsi, la vérité sur le mariage comme union d’un homme et d’une femme n’est ni le fruit d’une conscience individuelle, ni celui d’une culture : elle est enracinée dans le cœur de l’homme comme le vrai Bien vers lequel il doit se porter librement. « La vérité vous rendra libre » (Jn 8,32).

Quelle est la place de la conscience ?La conscience est le sanctuaire où l’homme découvre la présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée à lui-même et à laquelle il est tenu d’obéir.  Sa dignité est d’y obéir. Ce n’est pas la conscience qui décide que « l’innocent ne doit pas être tué» (avortement ou euthanasie par ex.) ! La conscience ne définit pas la vérité : elle n’a d’autorité qu’en tant qu’elle obéit à la Vérité !

La fin justifie-t-elle les moyens ?

La moralité d’un acte dépend de 3 éléments : l’acte objectif, l’intention du sujet et les circonstances.

Il faut à la fois considérer l’objectivité de l’acte et l’intention qui vient du cœur (cf. Jésus en Mc 7,21). Si l’intention est bonne mais que l’acte objectif est mauvais, alors l’action est mauvaise. Ainsi n’est-il pas permis à des parents de concevoir un enfant (objet bon) dans l’unique optique dans faire un donneur compatible pour soigner son frère (intention mauvaise, car elle fait de l’enfant un pur moyen, ce qui est contraire à sa contraire à sa dignité). « Il n’est pas licite de faire le mal en vue du bien », dit St Paul (Rm3, 8).

Quant aux circonstances, elles ne peuvent pas rendre bon un acte mauvais, mais seulement en augmenter la perfection ou la gravité.

Le choix du mal peut nous couper de Dieu jusqu’à… l’enfer. Mais cela peut-il advenir par un seul acte pervers ou bien faut-il un rejet formel de Dieu ?

Pour certains théologiens, seule une « option fondamentale contre Dieu » est un péché mortel, de sorte qu’il devient quasiment impossible de pécher gravement et « qu’on ira tous au paradis ! » C’est une erreur, car il existe des actes intrinsèquement pervers il sont principalement définis par les préceptes négatifs du décalogue. Ainsi avorter, tromper sa femme n’est pas conciliable avec la fidélité à Dieu.

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