Edel Quinn (1907-1944) (2/2)

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« Avec Marie, je peux tout, même l’impossible »

Arrivée en Afrique, Edel remet la Légion dans les mains de Dieu et… se met au travail ! Un travail immense, à la dimension du continent ! Là-bas, les différentes races ne se mélangent pas. Chacun a son église !

                                 « Nous allons ouvrir les portes grâce à la foi »

Edel QUIN 3Il y a une multitude de dialectes et les traducteurs qui connaissent un peu l’anglais traduisent quelquefois de travers ! Edel déclare « L’impossible a bien été surmonté ailleurs – elle pense à l’apostolat auprès des prostituées – Pourquoi pas ici ? Ainsi, nous allons ouvrir les portes à la grâce et à la foi. » Elle contacte les évêques et les missionnaires pour faire connaître le mouvement.

A Noël, elle est la seule Blanche parmi les Noirs. Six mois après son arrivée, plusieurs groupes sont fondés et, tous ensemble, Blancs et Noirs, renouvellent leur consécration à Marie !

Edel passe désormais sa vie à aller de mission en mission pour fonder ou visiter des groupes de légionnaires. C’est un vrai succès. Les groupes se multiplient. Les légionnaires africains comprennent qu’eux aussi doivent être missionnaires auprès de leurs semblables et que l’apostolat n’est pas réservé aux missionnaires. Ils deviennent catéchistes, visitent les gens, les encouragent à prier, à mener une vie chrétienne, à recevoir les sacrements, à envoyer leurs enfants à l’école, à régulariser leur situation matrimoniale…

Mais à quel prix ? Edel doit parfois attendre un jour entier pour trouver une voiture ou un camion qui aille à la mission désirée. La chaleur est écrasante et renforcée par celle du moteur. Les pistes sont en très mauvais état. Le voyage dure des heures et des heures. Lors de la saison des pluies, la voiture s’embourbe. Une fois, elle est couverte de boue de la tête au pied. Edel garde toujours son beau sourire et se met de suite au travail en arrivant. Nul ne devine sa fatigue.Edel Quin 2 Elle sait si bien la dissimuler Il lui arrive souvent de rester en panne de longues heures en pleine brousse. Alors, en attendant le retour de son chauffeur, elle répond à son volumineux courrier ! Elle n’a pas peur des lions qu’elle entend rugir non loin de là !

La guerre éclate en Europe ! Ne serait-il pas plus sage de rentrer alors qu’il en est encore temps ? Qui sait ce qu’il peut arriver ? Non, au contraire, répond Edel. S’il n’y a plus de missionnaires, la Légion a un rôle d’autant plus grand ! Elle se rend même à l’île Maurice pour implanter la Légion. Quelle folie d’amour ! Le voyage est très risqué à cause de la guerre des sous-marins. Edel se confie en Marie… et là-aussi, le succès est stupéfiant ! Edel aime beaucoup l’île Maurice et souffre de devoir partir : «Telle est ma vie ! Dès que mon travail devient vraiment intéressant et que j’ai de bons amis, je dois partir vers l’inconnu ! » Mais elle redit son oui de tout son cœur ! Son état de santé se dégrade. Elle doit se «reposer» mais dès la plus petite amélioration, elle reprend sa vie missionnaire. Même si ses jambes refusent de la porter, elle continue de visiter ses groupes et à en fonder d’autres ! Elle se prépare à la rencontre avec Jésus en se donnant, comme lui, jusqu’à la fin ! Il vient la chercher le 12 mai 1944.