Corrie et Betsie (2/2)

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Deux Sœurs et les miracles des 3 « P »…

P comme… Providence

Avec la Bible Corrie avait pu cacher un flacon de Davitamon pour Betsie : avec une goutte par jour sur sa tranche de pain, elle tenait le coup. Mais Corrie la grondait : Si tu continues à donner ta goutte à chaque femme qui éternue, nous n’en aurons plus pour longtemps. Mais le petit flacon, chaque jour, continuait à fournir des gouttes. C’était tellement incroyable que des femmes venaient assister au prodige. Betsie, elle, pensait à la veuve de Sarepta dont l’huile ne diminuait pas. Une nuit, alors qu’elle cherchait une explication, Corrie murmura à Betsie : Peut-être qu’il ne sort qu’une molécule par le minuscule trou et elle se dilate à l’air libre ? Elle entendit un doux rire dans l’obscurité : Corrie, accepte-le tout simplement comme une surprise de la part du Père qui t’aime. 

Et puis un jour Mien, une prisonnière affectée à l’infirmerie, leur apporta de la levure ‘volée’. Corrie décida qu’on l’utiliserait quand le flacon serait terminé. Mais ce soir-là, elle eut beau le secouer, pas une seule goutte n’apparut… Le miracle se reproduisit pour la levure, jusqu’au jour où une femme lui en ayant demandé, Corrie répondit : Non, je regrette beaucoup, tout est épuisé. Or il en restait une toute petite pincée qu’elle avait voulu garder pour Betsie. Elle l’avoua à sa sœur : Betsie, j’ai manqué de confiance en Dieu. A peine eut-t-elle exprimé sa contrition que Mien lui apporta un nouveau sac de levure. Elle se souvient alors comment, à leur arrivée au camp, des déportées leur avait dit : Ici, pour tenir, il ne faut s’occuper que de soi-même. Elle comprend : c’est précisément cela le Ravensbrück qui tue. Ton ennemi mortel, ce ne sont pas ces gardiens cruels et bestiaux, mais c’est l’égoïsme qui menace de ruiner en toi la charité universelle du Christ.

camp de concentrationP comme… Pardon

Betsie est si faible qu’elle est transférée à ‘l’infirmerie’. Elle murmure : Cette maison est si belle, Corrie !  De grandes fenêtres font entrer le soleil, des jardins tout autour où ils pourront cultiver des fleurs. Cela leur fera du bien… Un camp de concentration en Allemagne, mais sans murs, sans barbelés, où des personnes anéanties par la haine et la violence pourront venir librement pour apprendre à aimer à nouveau. Nous le dirigeons, toi et moi, toujours ensemble. Les bâtiments, nous les repeindrons en vert lumineux, comme le printemps. Nous mettrons des fleurs à toutes les fenêtres. Nous devons dire aux gens ce que nous avons appris ici : nous devons dire que l’amour de Dieu est plus grand que le plus profond abîme. Ils nous croiront, Corrie, parce que nous avons vécu ici. Quand ferons-nous tout cela, Betsie ? Oh très bientôt ! au jour de l’an nous aurons quitté ce camp ! Délire d’une mourante ? Non, prophéties qui vont se réaliser à la lettre. Betsie va rejoindre son Seigneur et obtenir de Lui la libération de sa sœur le 1er janvier 1945.

Quelques années plus tard, Corrie découvrira que sans une erreur administrative, elle aurait dû être gazée la semaine suivante… Un jour qu’elle témoigne du testament de Betsie, une femme se sent poussée à mettre sa maison à sa disposition si son fils revient sain et sauf. La grâce obtenue, elle la lui fait visiter : elle correspond en tous points aux descriptions de Betsie ! En 1949, on lui propose l’ancien camp de Darmstadt : il accueille très vite 160 réfugiés allemands et continuera jusqu’en 1960. Vers la fin de la guerre, Corrie apprend que son dénonciateur est condamné à mort. Elle lui écrit qu’elle lui a pardonné. Il répond : Votre pardon est un si grand miracle que j’ai osé dire : Jésus, si tu mets dans le cœur de tes disciples un tel amour, alors il doit y avoir de l’espoir pour moi. En lisant dans la Bible que vous m’avez envoyée que Jésus est mort sur la Croix pour les péchés du monde, j’ai remis entre Ses mains mes effroyables péchés, et je sais qu’Il m’a pardonné car votre pardon m’a convaincu de la réalité du pardon de Jésus. 

En 1947, à l’issue d’une conférence, elle se trouve face à face avec un des pires gardiens du camp ; elle crie vers Jésus, qui lui donne alors la grâce de lui pardonner de tout son cœur. Elle dira : « Jamais je n’avais ressenti dans le passé avec une telle intensité l’amour de Dieu ».Corrie est décédée le jour de son anniversaire (91 ans). Selon la tradition juive, c’est un signe de bénédiction divine spéciale.