L’année sainte de la Miséricorde – Miséricorde et justice

 

Ou comment deux réalités contradictoires sont unies à Jésus?

Comment se différencient la miséricorde et la justice ?

Le Pape François dans sa bulle d’indiction pour l’Année de la Miséricorde nous parle de ces deux aspects : « Il n’est pas inutile de rappeler le rapport entre justice et miséricorde. Il ne s’agit pas de deux aspects contradictoires, mais de deux dimensions d’une unique réalité qui se développe progressivement jusqu’à atteindre son sommet dans la plénitude de l’amour. » (Misericordiae vultus, n°20) Miséricorde et justice sont deux aspects de l’amour de Dieu pour nous. Le Pape dit de la justice : « La justice est un concept fondamental pour la société civile, quand la référence normale est l’ordre juridique à travers lequel la loi s’applique. La justice veut que chacun reçoive ce qui lui est dû. » Le Pape ajoute que, malheureusement, la justice comme observance de la Loi tombe parfois dans un légalisme. On retrouve ici l’attitude des Pharisiens. La justice, non seulement observe les commandements mais elle est aussi un abandon confiant à la volonté de Dieu. L’Evangile de saint Matthieu nous présente saint Joseph comme modèle de justice.

Miséricorde

Le Pape dit encore : « La miséricorde n’est pas contraire à la justice, mais illustre le comportement de Dieu envers le pécheur, lui offrant une nouvelle possibilité de se repentir, de se convertir et de croire. » La miséricorde peut se définir ainsi à la suite de saint Augustin :   « La miséricorde est une compassion de notre cœur pour la misère d’autrui qui nous pousse à le secourir si nous le pouvons. » (cf. De moribus Ecclesiae Catholicae) Dieu est miséricordieux, car son Cœur est bouleversé devant notre misère et il se porte à notre secours pour nous en délivrer. A Pâques, ce grand mystère sera actualisé pour nous. Dieu dans sa miséricorde a envoyé son Fils pour nous faire miséricorde par sa mort sur la croix et sa Résurrection.

La Miséricorde se moque-t-elle la la justice ?

Saint Jacques nous dit dans sa lettre : « Parlez et agissez comme devant être jugés par la loi de liberté. Car le jugement sera sans miséricorde pour celui qui n’aura pas fait miséricorde ; la miséricorde triomphe du jugement. » (Jc 2, 12-13)

Comment comprendre cette phrase de l’Apôtre ? Certains ont traduit le terme latin « superexsultat » par « se moque », comme si la miséricorde supprimait toute justice en Dieu. Or ce mot signifie « être au-dessus ». La miséricorde en effet est supérieure à la justice en ce qu’elle pardonne les péchés qui nous condamnaient. Elle est une surabondance de la grâce divine. Mais cela ne signifie pas que la miséricorde est la tolérance envers le péché. La justice de Dieu condamne le péché.

Dans une homélie, sur la rencontre de Jésus et de la femme adultère, saint Augustin affirmait : « Le Seigneur a donc condamné, mais il condamne le péché, non le pécheur. » Le pécheur est pardonné à condition qu’il se repente. La miséricorde de Dieu ne va pas sans la conversion. Dieu nous laisse libre de recevoir sa miséricorde. Au jour du jugement, il ne pourra faire miséricorde à ceux qui ont refusé sa miséricorde, autrement il ne serait pas juste. Finalement le concept même de justice s’étend au pardon de nos péchés, accordé en vertu de la mort et de la Résurrection de Jésus.