Les paroles du Saint Père

 

Déclaration commune du Pape François et du Patriarche Cyrille

Au terme de leur rencontre, le Pape François et le Patriarche de Moscou ont signé une déclaration commune dont voici quelques extraits.

Cyril« Avec joie, nous nous sommes retrouvés comme des frères dans la foi chrétienne qui se rencontrent pour se parler de cœur à cœur […]. Malgré la Tradition spirituelle commune du premier millénaire, catholiques et orthodoxes, depuis presque mille ans, sont privés de communion dans l’Eucharistie. Nous déplorons la perte de l’unité, conséquence de la faiblesse humaine et du péché, qui s’est produite malgré la Prière sacerdotale du Christ Sauveur : « Que tous soient un. » (Jn 17, 21).

Nous élevons nos prières vers le Christ, le Sauveur du monde, pour le rétablissement de la paix sur la terre du Proche Orient. Nous exhortons tous les chrétiens et tous les croyants en Dieu à prier avec ferveur le Dieu Créateur du monde et Provident, qu’il protège sa création de la destruction et ne permette pas une nouvelle guerre mondiale. Nous croyons que les martyrs de notre temps, issus de diverses Églises mais unis par une commune souffrance, sont un gage de l’unité des chrétiens.

Nous rendons grâce à Dieu pour le renouveau sans précédent de la foi chrétienne qui se produit actuellement en Russie et en de nombreux pays d’Europe de l’Est, où des régimes athées dominèrent pendant des décennies. Dans le même temps, nous sommes préoccupés par la transformation de certains pays en sociétés sécularisées, étrangère à toute référence à Dieu et à sa vérité, où les chrétiens se heurtent de plus en plus souvent à une restriction de la liberté religieuse, du droit de témoigner de leurs convictions et de vivre conformément à elles.

La famille est un chemin de sainteté, manifestant la fidélité des époux dans leurs relations mutuelles, leur ouverture à la procréation et à l’éducation des enfants, la solidarité entre les générations et le respect pour les plus faibles. Elle est fondée sur le mariage, acte d’amour libre et fidèle d’un homme et d’une femme. Nous regrettons que d’autres formes de cohabitation soient désormais mises sur le même plan que cette union, tandis que la conception de la paternité et de la maternité comme vocation particulière de l’homme et de la femme dans le mariage est chassée de la conscience publique.

Nous appelons chacun au respect du droit inaliénable à la vie. La voix du sang des millions d’enfants non nés crie vers Dieu. Le développement de la prétendue euthanasie conduit à ce que les personnes âgées et les infirmes commencent à se sentir une charge excessive pour leur famille et la société en général. La manipulation de la vie humaine est une atteinte aux fondements de l’existence de l’homme créé à l’image de Dieu.

Vous les jeunes, éduquez vos enfants dans la foi chrétienne, transmettez-leur la perle précieuse de la foi que vous avez reçue. N’oubliez pas que vous avez été rachetés au prix de la mort sur la croix de l’Homme-Dieu Jésus Christ. »

Au Mexique

(cf L’Eglise au coeur d’une grange espérance)

Discours aux familles 

Je me souviens du témoignage d’une grande actrice latino-américaine lorsque, à presque 60 ans, elle commença à avoir un visage ridé on lui conseilla ‘‘un nettoyage’’ pour pouvoir continuer à bien travailler ; sa réponse a été claire : ‘‘Ces rides m’ont coûté beaucoup de travail, beaucoup d’effort, beaucoup de douleur et une vie pleine, même dans le rêve je ne veux pas m’en débarrasser, ce sont les traces de mon histoire’’. Et elle a continué à être une grande actrice. Il se passe la même chose dans le mariage. Certes, vivre en famille n’est pas toujours facile mais, comme je l’ai dit plus d’une fois de l’Église, je préfère une famille blessée qui essaie tous les jours de vivre l’amour, à une famille malade de l’enfermement ou de la peur d’aimer. Je préfère une famille qui essaie sans cesse de recommencer, à une famille narcissique et obnubilée par le luxe et le confort. ’’ Combien d’enfants as-tu ? Nous n’en avons pas parce que nous aimons aller en vacances, faire du tourisme, je veux acheter une maison de campagne’’. Et les enfants attendent et lorsque tu veux en avoir un, il est déjà trop tard. Comme ça fait du mal, ça ! Je préfère une famille au visage épuisé par le don de soi, à une famille aux visages maquillés qui n’ont pas su ce qu’est la tendresse et la compassion. Je préfère un homme et une femme aux visages ridés à cause des luttes quotidiennes qui, après plus de cinquante ans continuent de s’aimer.

Rencontre avec les familles

(Lundi 15 février)

L’obstination de Notre-Dame

Ce matin de décembre 1531, le petit Juan expérimente ce qu’est la miséricorde de Dieu. Choisi pour la construction du sanctuaire, il a dit à la Vierge qu’il n’était pas la personne indiquée. Marie, obstinée – de cette obstination qui naît du cœur miséricordieux du Père – lui dit qu’il sera, lui, son ambassadeur. Dans la construction de cet autre sanctuaire, celui de la vie, celui de nos communautés, nous sommes tous nécessaires, surtout ceux qui normalement ne comptent pas.

Je crois qu’aujourd’hui un peu de silence nous fera du bien ; tout comme la regarder, Elle, la regarder longuement et calmement, et lui dire : « […] Te regarder, Mère ; rien que te contempler, le cœur muet dans ta tendresse, dans ton silence chaste de lys ». Et en silence, et dans cette contemplation, l’écouter une fois de plus nous redire : ‘‘que se passe-t-il mon fils le plus petit ? qu’est-ce qui attriste ton cœur ? Ne suis-je pas ici moi, moi qui ai l’honneur d’être ta mère ?’’ 

Messe à Guadalupe

(Samedi 13 février)

« Je viens comme un fils qui veut rendre hommage à sa mère »

Aujourd’hui, je viens comme missionnaire de miséricorde et de paix mais également comme un fils qui veut rendre hommage à sa mère, la Vierge de Guadalupe, et se laisser regarder par elle.

Je ne pouvais pas ne pas venir ! Sachant qu’ici se trouve le cœur secret de chaque mexicain, j’entre sur la pointe des pieds comme il convient d’entrer dans la maison ainsi que dans l’âme de ce peuple. La Vierge Brune protège les regards de ceux qui la contemplent, reflète le visage de ceux qui la rencontrent. Il nous revient de ne pas nous rendre imperméables à ceux qui, à la recherche de Dieu, nous regardent, mais de conserver ces regards dans le cœur, de les sauvegarder.

Et le premier visage que je vous supplie de protéger dans votre cœur est celui de vos prêtres. Ne les laissez pas exposés à la solitude et à l’abandon, en proie à la mondanité qui dévore le cœur.

Rencontre avec les évêques 

(Samedi 13 février)

La vie est mesurée à l’aune de la prière

Un proverbe de chez nous affirme : ‘‘dis-moi comment tu pries et je te dirai comment tu vis, dis-moi comment tu vis et je te dirai comment tu pries ; car en me montrant comment tu pries, je pourrai découvrir le Dieu que tu vis et en me montrant comment tu vis, je pourrai croire au Dieu que tu pries’’.

En effet, l’école de la prière est l’école de la vie et c’est à l’école de la vie que nous fréquentons l’école de la prière.

Rencontre du Pape avec les prêtres, consacrés et séminaristes

(Mardi 16 février)