Bienheureux Jean-Paul II

Interview de Benoît XVI à une chaîne de télévision italienne, diffusée le Vendredi Saint.

Interview du Pape Beopit XVI diffusée sur une chaine de télévision italienne le vendredi saintInterview de Benoît XVI à une chaîne de télévision italienne, diffusée le Vendredi Saint.

Une petite fille du Japon a été la première à poser sa question, mais aussi des jeunes d’Irak, une musulmane de Côte d’Ivoire, une maman dont le fils est en état végétatif… Nous rapportons la question de la petite Japonaise et des extraits de la réponse de Benoît XVI.

J‘ai très peur car la maison dans laquelle je me sentais en sécurité a tremblé, énormément, et beaucoup d’enfants de mon âge sont morts. Je ne peux pas aller jouer au parc. Je vous demande : pourquoi dois-je avoir si peur ? Pourquoi les enfants doivent-ils être si tristes ?

Chère Elena, je te salue de tout coeur. Moi aussi je me pose les mêmes questions. Pourquoi devez-vous tant souffrir, alors que d’autres vivent aisément ? Nous n’avons pas les réponses, mais nous savons que Jésus a souffert comme vous, innocent, que le vrai Dieu qui se montre en Jésus est à vos côtés. (…) Dieu est à vos côtés et vous pouvez être certains que cela vous aidera. Et un jour, nous comprendrons pourquoi il en était ainsi. Pour le moment, il me semble important que vous sachiez : « Dieu m’aime, même s’il semble ne pas me connaître. Non, il m’aime, il est à mes côtés ». (…) Sois sûre que nous sommes avec toi et avec tous les enfants japonais qui souffrent, que nous voulons vous aider par la prière et par nos actes, et soyez sûrs que Dieu vous aide. Et c’est pourquoi nous prions ensemble pour que la lumière vous éclaire au plus vite.

La béatification de Jean-Paul II 

Benoît XVI a béatifié Jean-Paul II ce 1er mai. Retour sur les points marquants de son homélie.

 « Il y a six ans… »
« Il y a six ans désormais, nous nous trouvions sur cette place pour célébrer les funérailles du Pape Jean-Paul II. La douleur causée par sa mort était profonde, mais supérieur était le sentiment qu’une immense grâce enveloppait Rome et le monde entier : la grâce qui était en quelque sorte le fruit de toute la vie de mon aimé Prédécesseur et, en particulier, de son témoignage dans la souffrance. (…)

Et voici que le jour tant attendu est arrivé ! Il est vite arrivé, car il en a plu ainsi au Seigneur : Jean-Paul II est bienheureux ! (…) 

Ce dimanche est le deuxième dimanche de Pâques, que le bx Jean-Paul II a dédié à la Divine Miséricorde. C’est pourquoi ce jour a été choisi pour la célébration d’aujourd’hui, car, par un dessein providentiel, mon prédécesseur a rendu l’esprit justement la veille au soir de cette fête.

Chers frères et sœurs, aujourd’hui, resplendit à nos yeux, dans la pleine lumière spirituelle du Christ Ressuscité, la figure aimée et vénérée de Jean-Paul II. Aujourd’hui, son nom s’ajoute à la foule des saints et bienheureux qu’il a proclamés, rappelant avec force la vocation universelle à la dimension élevée de la vie chrétienne, à la sainteté.

         « Bienheureux es-tu, bien-aimé Pape Jean-Paul II ! »

Karol Wojtyła (…) a participé au Concile Vatican II et il savait bien que consacrer à Marie le dernier chapitre du Document sur l’Église signifiait placer la Mère du Rédempteur comme image et modèle de sainteté pour chaque chrétien et pour l’Église entière. Cette vision théologique est celle que le bienheureux Jean-Paul II a découverte quand il était jeune et qu’il a ensuite conservée et approfondie toute sa vie. C’est une vision qui est synthétisée dans l’icône biblique du Christ sur la croix ayant auprès de lui Marie, sa mère (Jn 19, 25-27) et qui est résumée dans les armoiries épiscopales puis papales de Karol Wojtyła : une croix d’or, un « M  » en bas à droite, et la devise « Totus tuus », (…) (« Je suis tout à toi) ».

Par son témoignage de foi, d’amour et de courage apostolique, (…) ce fils exemplaire de la nation polonaise a aidé les chrétiens du monde entier à ne pas avoir peur de se dire chrétiens, d’appartenir à l’Église, de parler de l’Évangile. En un mot : il nous a aidés à ne pas avoir peur de la vérité, car la vérité est garantie de liberté. (…)

Je voudrais enfin rendre grâce à Dieu pour l’expérience personnelle qu’il m’a accordée, en collaborant pendant une longue période avec le bienheureux Pape Jean-Paul II. (…) Quand il m’a appelé à Rome comme Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, j’ai pu lui être proche et vénérer toujours plus sa personne pendant 23 ans. Mon service a été soutenu par sa profondeur spirituelle, par la richesse de ses intuitions. L’exemple de sa prière m’a toujours frappé et édifié : il s’immergeait dans la rencontre avec Dieu, même au milieu des multiples obligations de son ministère. Et puis son témoignage dans la souffrance : le Seigneur l’a dépouillé petit à petit de tout, mais il est resté toujours un «  rocher », comme le Christ l’a voulu.
Sa profonde humilité, enracinée dans son union intime au Christ, lui a permis de continuer à guider l’Église et à donner au monde un message encore plus éloquent précisément au moment où les forces physiques lui venaient à manquer. Il a réalisé ainsi, de manière extraordinaire, la vocation de tout prêtre et évêque : ne plus faire qu’un avec ce Jésus, qu’il reçoit et offre chaque jour dans l’Eucharistie.

Bienheureux es-tu, bien aimé Pape Jean-Paul II, parce que tu as cru ! Continue -nous t’en prions- de soutenir du Ciel la foi du Peuple de Dieu. Amen.