La nature de la Terre Sainte

« Une terre ruisselant de lait et de miel… »

Ah, quelle aventure, mes amis, quelle aventure ! Me voici de retour d’un périple épatant ! Rien de mieux que le chapeau d’Henry comme camping-car – ou devrais-je dire camping-hat – pour visiter la Terre Sainte : chauffage intégré, poux à satiété, observatoire rêvé – sauf dans les églises… De là-haut, je n’ai rien perdu du pèlerinage.

Et moi qui gardais du pays de Jésus l’image d’une grande plage toute plate entre la Méditerranée et le Jourdain avec quelques montagnes ici ou là, je brûle de vous partager ma conviction, qui fut celle de St Jean-Paul II et, quelques années plus tôt, du Bx Paul VI, savoir qu’en visitant cette terre, je parcourais comme un « cinquième Évangile ». Comment rester insensible face à la beauté unique de cette région, située au carrefour de l’Afrique, de l’Asie et de l’Europe ?

Vraiment, le Bon Dieu a du goût. La terre promise à Abraham puis à Moïse (Dt 1, 6-8) est bien un pays ruisselant de lait et de miel (Nb 13, 27). La très grande variété de sa flore est observable jusque dans les pollens retrouvés sur le linceul du Turin.

Carte du croissant fertile
Carte du croissant fertile

Située au centre du Croissant fertile qui s’étend de la Mésopotamie à l’Égypte, sa fertilité est due à deux facteurs : des terrains plats, bien irrigués par une eau abondante. Je ne parle pas de celle de la mer Morte dont la teneur en sel approche les 25% (six fois plus que dans les océans).

Cependant, la Terre Sainte n’est pas une grande plaine homogène. Malgré ses dimensions modestes semblables à celles de la Suisse ou de la Belgique (environ 65000 km2), elle jouit d’une très grande variété de paysages : montagnes, plaines, collines, déserts, mers, lacs, forêts… et de climats : méditerranéen, désertique…

Son relief est très contrasté. Saviez-vous que la plaine côtière qui borde la Méditerranée à l’ouest est un vrai désert au sud, tandis qu’au nord elle est couverte de forêts. À l’est, le bassin d’effondrement du Jourdain présente un relief unique au monde avec la vallée la plus basse du globe, à 400 m sous le niveau de la mer. J’ai enfin réalisé pourquoi Jésus, dans la parabole du bon Samaritain (Lc 10, 30-37), parle d’une descente entre Jérusalem (située dans la montagne à environ 800 m d’altitude) et Jéricho (ville la plus basse de la planète, située à proximité de la mer Morte, à -250 m). Il s’agit d’une route sinueuse qui dévale les monts du désert de Judée.

Le relief de la Terre Sainte

Parmi ces monts, aviez-vous réalisé que le mont Moriah, lieu du sacrifice d’Isaac et de la sépulture d’Adam, coïncide avec le Mont Sion où fut édifié le Temple de Jérusalem et où Jésus a offert son Sacrifice sur la Croix et est ressuscité ?

Quand nous remontons vers le nord, nous trouvons la fraîcheur, la vie et de l’herbe bien verte (Mc 6, 39). Cette fraîcheur est cependant tempérée par deux vents dominants : le vent d’est, brûlant (Ap 7, 16), violent (Jb 1, 19), qui souffle du désert et dessèche tout (Os 13, 15 ; Jonas 4, 8), et le vent froid du nord (Si 43, 20), qui apporte la rosée qui descend du mont Hermon (Ps 132, 2), point culminant de la Terre Sainte, à 2814 m, souvent couvert d’une calotte de neige, et où le Jourdain prend sa source.

Tel est le pays où va naître Jésus, notre Sauveur, la nuit de Noël…

Annexes :

Le relief de la Terre Sainte
Le relief de la Terre Sainte
Trois coupes du relief de Terre Sainte
Trois coupes du relief de Terre Sainte
Diagramme climatique de Jérusalem
Diagramme climatique de Jérusalem