A la recherche de la Vérité

« La crise ? Malgré certains beaux réveils, non, je ne crois pas qu’elle soit finie… »

Le Cardinal Henri de Lubac répondait en 1985 à des questions sur la situation de l’Église, 20 ans après le Concile Vatican II

« Quant à la crise dont tout le monde parle, non, malgré l’élan vraiment spirituel issu du Concile, et malgré certains beaux réveils, non, je ne crois pas qu’elle soit finie. Cela, pour bien des raisons. Il en est une, typique de toute crise spirituelle.

  « La révolution, installée, se fait conservatrice d’elle-même… »

Après une première phase anarchique, destructrice ou révolutionnaire, où souffle un vent de folie, il en vient une seconde, où la révolution, installée, se fait conservatrice d’elle-même, bloquant la voie d’un avenir mieux orienté. Maîtresse de positions nombreuses, elle commence à sécréter des structures d’autoconservation. Il n’est pas besoin pour expliquer ce phénomène de supposer chez les individus des desseins ou des manœuvres machiavéliques : c’est un processus normal, à peu près fatal (il serait toutefois contraire à la vérité d’écarter toute idée de blocage conscient). L’élan ne pourra être retrouvé que grâce à une préparation courageuse – et à beaucoup de patience. Les pires « créativités », perdant leur virulence première, sont devenues des habitudes ; un langage inadéquat, déformant l’esprit des croyants, a gagné du terrain ; l’illusion de ceux qui, de bonne foi, ont fait leurs tant de « dogmes » ou d’impératifs proclamés contre toute vérité issus du concile, ne se dissipe pas en un jour. Et puisque vous parlez de théologie, n’oubliez pas que la préparation de bons théologiens pour assurer la relève est, dans la pénurie présente, œuvre difficile et de longue haleine…

Mais les temps de crise sont aussi des temps de germination, et, ce qui est admirable (j’aurais aimé que vos questions me fournissent plus d’occasions de le dire), c’est que, même s’il a été trop souvent mal connu ou méconnu, et malgré bien des maux engendrés par le mouvement du siècle, le Concile n’en a pas moins provoqué des renouveaux considérables. »

La phrase :

« La Loi a été donnée pour que l’on demande la grâce ; la grâce a été donnée pour que l’on remplisse les obligations de la Loi. »

(Saint Augustin)

« Le bœuf et l’âne connaissent leur maître. »

Méditation de Benoît XVI dans L’enfance de Jésussur le bœuf et l’âne.

« La Nuit Sainte, l’âne et le bœuf se trouvaient dans la caverne de Greccio, selon les indications de saint François. Il avait dit au noble Jean : « Je voudrais raviver le souvenir de l’Enfant dans toute sa réalité, comment il est né à Bethléem et quelles peines il dut endurer dans son enfance. J’aimerais voir de mes yeux de chair ce que cela signifiait d’être couché dans une crèche et de dormir sur la paille, entre un bœuf et un âne. »

Depuis lors, le bœuf et l’âne font partie intégrante de la crèche. Mais d’où viennent-ils, à vrai dire ? Les récits de Noël du Nouveau Testament n’en parlent pas. Si nous approfondissons, nous sommes confrontés à un état de fait qui est tout aussi important dans la liturgie que dans la tradition populaire pour toute la tradition de Noël, voire pour la piété de l’Église à Noël et à Pâques. Le bœuf et l’âne ne sont pas de simples produits d’une pieuse imagination ; ils sont devenus les compagnons de l’événement de Noël grâce à la foi de l’Église en l’unité de l’Ancien et du Nouveau Testament. En Isaïe 1,3 il est dit : « Un bœuf connaît son propriétaire et un âne la mangeoire chez son maître : Israël ne connaît pas, mon peuple ne comprend pas. »

Les Pères de l’Église virent dans ces paroles un discours prophétique qui préfigure le Nouveau Peuple de Dieu, l’Église des Juifs et des païens. Devant Dieu, tous les hommes, Juifs et païens, bœuf et âne, étaient sans raison ni discernement, mais l’Enfant dans la crèche leur a ouvert les yeux, de sorte qu’ils reconnaissent désormais la voix de leur maître. 

Dans les représentations de Noël au Moyen-âge, il est frappant de voir que les deux animaux ont presque visage humain, qu’ils se tiennent et s’inclinent, avertis et pleins de vénération, devant le mystère de l’Enfant. C’était tout simplement logique car les deux animaux passaient pour représenter le chiffre prophétique recélant le mystère de l’Église — notre mystère, celui du bœuf et de l’âne que nous sommes face à l’Éternel, dont les yeux s’ouvrent en la Nuit Sainte et qui leur fait reconnaître leur Seigneur dans la crèche. »

Pour les rois mages, « ce qui comptait était la vérité elle-même, et non l’opinion des hommes.  »

Homélie de Benoît XVI pour l’épiphanie,le 6 janvier 2012

« [Les rois mages] étaient des personnes au cœur inquiet, qui ne se contentaient pas de ce qui paraît et est habituel. C’étaient des hommes à la recherche de la promesse, à la recherche de Dieu. Et c’étaient des hommes attentifs, capables de percevoir les signes de Dieu, son langage discret et insistant. Mais c’étaient encore des hommes à la fois courageux et humbles : nous pouvons imaginer qu’ils durent supporter quelques moqueries parce qu’ils s’étaient mis en route vers le Roi des Juifs, affrontant pour cela beaucoup de fatigue. Pour eux, ce que pensait d’eux celui-ci ou celui-là ou encore les personnes influentes ou intelligentes, n’était pas déterminant. Pour eux, ce qui comptait était la vérité elle-même, et non l’opinion des hommes. Pour cela, ils affrontèrent les renoncements et les fatigues d’un voyage long et incertain. Ce fut leur courage humble qui leur permit de pouvoir s’incliner devant le petit enfant de gens pauvres et de reconnaître en Lui le Roi promis dont la recherche et la reconnaissance avaient été le but de leur cheminement extérieur et intérieur.