Entre ombre et lumière

Mgr Aupetit, nouvel archevêque de Paris 

Mgr Michel Aupetit est né le 23 mars 1951 à Versailles. Après avoir exercé en tant que médecin de 1979 à 1990, il a été ordonné prêtre pour le diocèse de Paris en 1995, à l’âge de 44 ans. Après avoir été évêque auxiliaire de Paris en 2013, puis évêque de Nanterre en 2014, il a succédé, le 7 décembre dernier, au cardinal Vingt-Trois, à l’archevêché de Paris.

Il incombera au nouveau pasteur du premier diocèse de France (en termes de prêtres, de séminaristes, de fidèles…) de transmettre la foi à la foule des incroyants qui n’y ont reçu aucune formation religieuse, ce conformément à sa devise : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. » (Jn 10,10) Il pourra s’appuyer pour cela sur un diocèse vivant, fertile en initiatives missionnaires, et sur des laïcs soucieux de formation. Mgr Aupetit sera également en relation privilégiée avec les autorités politiques de la France.

Le plus bel éloge qu’il ait reçu à l’occasion de sa nomination est peut-être celui du journal Libération, qui le qualifie de « cadeau à la frange la plus radicale du catholicisme français », et d’ « ultraconservateur » dans le domaine bioéthique. Pensez donc, un évêque catholique (français) qui s’oppose au mariage homosexuel et à la PMA…

À nous, revient le devoir de prier pour lui et pour la fécondité de son ministère au service de son diocèse et de toute l’Église en France.

Aube douloureuse au Levant 

À l’heure où l’autoproclamé État islamique agonise en Irak et en Syrie, principalement grâce à l’engagement russe, Mgr Nassar décrit la situation locale, après bientôt sept années de conflit :

INDÉSIRABLES

La guerre de Syrie a fait, en sept ans, plus de douze millions de réfugiés, qui ont été obligés de quitter leur domicile, quartier, ville ou village. Ces pauvres gens qui ont tout perdu n’ont pas retrouvé de domicile fixe ni de toit. Les mouvements caritatifs les ont regroupés, soit dans des camps, soit dans des immeubles semi-finis qui manquent de tout. Pour échapper à cette vie de misère, certains ont cherché à fuir vers d’autres cieux plus cléments. Ils ont été souvent refoulés. Beaucoup ont trouvé la mort en route, noyés, vandalisés sans pitié, malades non-soignés ou suicidés oubliés… Ces réfugiés sont coincés entre deux murs : ils ne peuvent rentrer chez eux, le chemin du retour restant bloqué et leur maison, en ruine ; d’un autre coté, le monde les méprise et ferme ses portes devant eux. Ils sont indésirables… À la veille de Noël, ces pauvres familles se trouvent dans une situation bloquée, angoissante et déprimante.

Le peuple syrien a fait preuve d’une grande générosité en accueillant les réfugiés arméniens en 1915, les réfugiés assyriens en 1924, les réfugiés palestiniens en 1948, les réfugiés kurdes en 1960, les réfugiés libanais en 1975, les réfugiés irakiens en 2003… et maintenant, ces Syriens, devenus eux-mêmes des réfugiés, sont un peu partout indésirables, déçus, rongés par l’amertume. […] Pouvons-nous encore fermer les yeux ?

+ Samir NASSAR

Archevêque Maronite de Damas

Notre-Dame des Neiges 2017 

La fête de Notre-Dame des Neiges a vu affluer des pèlerins par centaines en ces deux jours de grâces du 9 et du 16 décembre, parmi lesquels quelques Allemands et de nombreux Irakiens. Journées d’éclaircies au milieu du brouillard et des frimas de l’automne finissant (merci St Joseph !), journées de profond réconfort spirituel au cœur des épreuves que chacun venait déposer aux pieds de notre céleste Maman. Avant-goût du cinquantenaire de 1968, les enseignements proposés ont porté sur deux textes du Bx Paul VI, fondamentaux pour notre temps de confusion doctrinale et morale : le Credo du Peuple de Dieu et l’encyclique Humanae Vitae.

Le Pape en Extrême-Orient 

Le 2 décembre s’achevait le voyage du Pape en Birmanie et au Bangladesh, à majorité respectivement bouddhiste et musulmane. Au cours du 21e voyage de son pontificat, il a présidé vingt-quatre cérémonies et ordonné seize prêtres. Mais l’attention du monde s’est davantage portée sur la situation complexe des Rohingyas, cette ethnie musulmane qui a défrayé la chronique l’été dernier, quand l’armée birmane l’a chassée vers le Bangladesh limitrophe, et dont le Pape a rencontré des représentants.

Vous avez dit : « Résistance » ? 

Le maire de Paray-le-Monial, Jean-Marc Nesme (photo), condamné l’an dernier pour avoir offensé la laïcité – heureusement, la Ligue des Droits de l’Homme veillait ! – en installant dans sa mairie une crèche de Noël confectionnée par des handicapés de Bethléem, a eu l’idée, cette année, d’installer à la place… une crèche en nacre fabriquée par des artisans palestiniens ! Infraction ? Provocation ? Que nenni ! « Puisque le second procès pour excès de pouvoir n’a pas eu lieu, je considère que l’affaire n’a pas été jugée sur le fond », se défend le maire. « La laïcité, c’est la liberté d’exprimer ses opinions, y compris […] religieuses. » Il semble que certains en aient une définition plus restrictive…

Le laïcisme au service de nos racines chrétiennes 

La Croix de Ploërmel (photo), dont le Conseil d’État a exigé le retrait, pourrait enfin trouver où s’établir : soit les 12 m2 de terrain où elle est érigée seront vendus à un particulier, soit elle sera déplacée dans l’enceinte du collège privé du Sacré-Cœur, dépendance de l’évêché de Vannes, à 20 mètres de là ! Merci à la Fédération morbihannaise de la libre-pensée dont l’action courageuse, d’un monument religieux dans le paysage ploërmelais, va en faire naître deux : la statue de St Jean-Paul II, et la Croix !

La Pologne pour la Vie 

Constituant déjà un havre pro-vie dans une UE vouée à la culture de mort (« seulement » 1098 avortements en 2016, soit 1098 de trop, mais cent fois moins qu’en France), la Pologne veut désormais interdire l’avortement eugénique – en cas de malformation du fœtus. Gouvernement autoritaire à la botte de l’Église, entend-on par chez nous… Le projet fait au contraire suite à une initiative citoyenne en faveur de trisomiques, principales victimes de ce régime d’exception, pétition qui a recueilli 830 000 signatures en moins de trois mois. Parlement, Président et Premier ministre étant, en Pologne, à l’écoute de leur peuple, la pétition n’a pas été mise à la poubelle et les enfants trisomiques polonais auront bientôt tous le droit de vivre !