Concile et renouveau, la source vive, le pardon

« Une idée ambiguë a fait son chemin : l’idée de changement… »

Extraits d’une audience de Paul VI, le 25 avril 1968

« Chacun le sait, après le Concile, l’Église a connu et connaît encore un grand et magnifique réveil, que Nous sommes le premier à reconnaître et à favoriser. Mais (…) une idée ambiguë a fait son chemin, également dans certains milieux catholiques : l’idée de changement, qui, chez certains, s’est substituée à l’idée d’aggiornamento. (…)

  «  Nous disons : renouveau, oui ; changement, non. »

C’est pourquoi Nous disons : renouveau, oui ; changement arbitraire, non. Histoire de l’Église, toujours nouvelle et toujours vivante, oui ; historicisme dissolvant les fondements dogmatiques traditionnels, non. Développement de la théologie selon les enseignements du Concile, oui ; théologie se conformant aux théories subjectives et libres, souvent empruntées à des sources adverses, non. Église ouverte à la charité œcuménique, au dialogue responsable et à la reconnaissance des valeurs chrétiennes existant chez les frères séparés, oui ; irénisme renonçant aux vérités de la foi ou tendant à se conformer à certains principes négatifs qui ont contribué à séparer tant de frères chrétiens du centre de l’unité de la communion catholique, non. Liberté religieuse pour tous dans la société civile, liberté d’adhérer personnellement à la religion que l’on a choisie en conscience et après mûre réflexion, oui ; liberté de conscience envisagée comme critère de la vérité religieuse sans s’appuyer sur l’authenticité d’un enseignement sérieux et autorisé, non ; etc.

C’est pourquoi, très chers fils, l’Église a aujourd’hui besoin de votre discernement et de votre fidélité. »

Boire la Parole de Dieu…

Texte de saint Éphrem sur la Parole de Dieu

« Qui donc est capable de comprendre la richesse d’une seule de tes paroles, Seigneur ? Ce que nous en comprenons est bien moindre que ce que nous en laissons, comme des gens assoiffés qui boivent à une source. (…)

Celui qui obtient en partage une de ces richesses ne doit pas croire qu’il y a seulement, dans la Parole de Dieu, ce qu’il y trouve. Il doit comprendre au contraire qu’il a été capable d’y découvrir une seule chose parmi bien d’autres. Enrichi par la parole, il ne doit pas croire que celle-ci est appauvrie ; incapable de l’épuiser, qu’il rende grâce pour sa richesse. Réjouis-toi parce que tu es rassasié, mais ne t’attriste pas de ce qui te dépasse. Celui qui a soif se réjouit de boire, mais il ne s’attriste pas de ne pouvoir épuiser la source. Que la source apaise ta soif, sans que ta soif épuise la source. Si ta soif est étanchée sans que la source soit tarie, tu pourras y boire à nouveau, chaque fois que tu auras soif. Si au contraire, en te rassasiant, tu épuisais la source, ta victoire deviendrait ton malheur.

Rends grâce pour ce que tu as reçu et ne regrette pas ce qui demeure inutilisé. Ce que tu as pris et emporté est ta part; mais ce qui reste est aussi ton héritage. Ce que tu n’as pas pu recevoir aussitôt, à cause de ta faiblesse, tu le recevras une autre fois, si tu persévères. N’aie donc pas la mauvaise pensée de vouloir prendre d’un seul trait ce qui ne peut être pris en une seule fois ; et ne renonce pas, par négligence, à ce que tu es capable d’absorber peu à peu. »

Ne pas vendre au rabais le pardon du Seigneur 

Texte de Dietrich Bonhoeffer, pasteur luthérien mort en 1945                                                                                                                                  

« Dans l’Église des saints, on ne peut prêcher le pardon qu’en prêchant également la repentance, en ne laissant pas l’Évangile dépourvu de la prédication de la loi, en ne pardonnant pas les péchés purement et simplement, inconditionnellement, mais en les gardant en mémoire.

Ainsi, c’est la volonté du Seigneur lui-même que la « chose sainte » qu’est l’Évangile ne soit pas jetée aux chiens, mais qu’au contraire on ne puisse la prêcher que garantie par la prédication de repentance. Une Église qui n’appelle pas le péché péché ne peut non plus rencontrer la foi lorsqu’elle veut pardonner le péché. Elle commet un péché contre ce qui est saint, et elle marche d’une manière qui n’est pas digne de l’Évangile. C’est une Église impie, parce qu’elle vend au rabais le pardon du Seigneur qui est d’un prix élevé. Il ne suffit pas de se répandre en lamentations sur l’universelle faiblesse pécheresse des hommes, y compris dans ses œuvres bonnes ; ce n’est pas cela la prédication de repentance ; il faut nommer, punir, juger le péché concret.

Tel est l’usage correct du pouvoir des clés (Mt 16, 19 ; 18, 18 ; Jn 20, 23) que le Seigneur a donné à son Église et dont les réformateurs parlaient encore avec tant d’énergie. À cause du sanctuaire, à cause des pécheurs et à cause de l’Église, il faut qu’on utilise aussi, dans l’Église, la clé qui permet de lier, de se souvenir du péché. L’exercice de la discipline ecclésiastique est une nécessité pour que l’Église marche d’une manière digne de l’Évangile. »

La phrase :

« La foi est libre dans l’acte qui l’exprime. Elle n’est pas libre dans la formulation de la doctrine qu’elle exprime, lorsque celle-ci est                                                                                          (Paul VI)