Bzzzzzzz…… !!!

Apprenez à vous émerveiller devant l’une des bestioles les plus ennuyeuses du monde !

Ce n’est pas seulement agaçant, c’est proprement époustouflant : les mouches nous dépassent complètement par leur dextérité en vol ! Pour résoudre les énigmes des records de la mouche, les scientifiques ont dû utiliser des moyens perfectionnés comme, par exemple, des caméras captant 7500 images/seconde. La question n’est en effet pas sans intérêt en ce qui concerne l’étude de la mécanique des fluides, la question énergétique et, finalement, l’aéronautique (la miniaturisation des drones par exemple). La rubrique « Nature », à la fine pointe des questions scientifiques, comme chacun sait, a, quant à elle, préféré interviewer directement M. Hescar Mouche :

Bonjour monsieur, nous avons plusieurs questions à vous poser pour mieux comprendre vos techniques de pilotage…

Première question : comment pouvez-vous assumer des trajectoires aussi serrées ?

Je mets en fait tout mon potentiel en branle, inclinant et penchant plus ou moins mon corps vers l’avant ou sur le côté, à la manière d’un avion de chasse, orchestrant le tout par de subtils changements dans le mouvement des ailes. L’angle d’inclinaison de mon corps peut alors atteindre 90°, voire plus, jusqu’à voler presque à l’envers, cela en quelque quatre-vingts millisecondes et dix-huit battements d’ailes. Ainsi puis-je modifier ma course en moins d’un centième de seconde, soit cinquante fois plus vite qu’un clignement d’œil…

Vos manœuvres d’échappement témoignent de fonctions cérébrales remarquables. Pardonnez-moi une question dans le fond plutôt dévalorisante, mais…  comment un si petit système nerveux peut-il gérer à la fois un traitement d’images arrivant en haut débit, une trajectoire de vol, une commande d’ailes qui battent à une fréquence proche de deux cents battements/seconde, etc. ?

Mon « petit cerveau » réalise un calcul très sophistiqué, dans un très court laps de temps. Comment ? C’est encore secret-défense !

Comment faites-vous pour vous orienter si efficacement et si rapidement ?

La lumière et la géométrie ont ici leur mot à dire : il me suffit en effet de repérer la direction des « rayons » du soleil et de m’en servir pour m’orienter. Ainsi, je me débrouille pour maintenir mon angle de vol. Mais, quand les ampoules ne diffusent plus selon un angle régulier, alors je tourne en rond pour ne pas avoir d’accidents.

Deux cents battements par seconde, vous expliqueriez-vous sur votre résistance nerveuse ?

Cela se passe en deux temps. D’abord, je ne m’embête pas à envoyer un signal nerveux pour chaque battement d’aile mais me contente de faire vibrer mon thorax. Ensuite, ces vibrations sont transmises aux ailes et amplifiées via un système complexe d’articulations. 

Alors vos ailes battent au même rythme ?

Vous rigolez ? Je perdrais en agilité ! Ma machinerie possède d’autres muscles de pilotage qui font pivoter les ailes à des allures différentes. Ils fonctionnent comme des amortisseurs de voiture, absorbant l’énergie cinétique.

Merci beaucoup, cela nous aidera sûrement à méditer sur notre impuissance…

Ajout de Jips : Et moi, j’en viens à bout de ces sales bêtes ! 

À + Jips (Jipsou pour les intimes)