La « religion du monde » – Marie et l’Eglise

Homélie du Bx John Henry Newman sur la « religion du monde »,le 26 août 1932

« À toutes les époques du christianisme, depuis les premiers temps où il fut prêché, a existé ce que l’on peut appeler une religion du monde, qui imite la seule et vraie religion au point de leurrer ceux qui manquent de constance et de prudence. Le monde ne contrecarre pas la religion en tant que telle. Je dirais même qu’il ne l’a jamais contrecarrée. En particulier, il a, à toutes les époques, reconnu d’une façon ou d’une autre l’Évangile du Christ, s’est emparé de l’une ou l’autre de ses caractéristiques, et a proclamé qu’il la mettait en pratique ; alors qu’en réalité, en négligeant les autres points de la doctrine sacrée, il déformait et dénaturait même cette portion qu’il mettait exclusivement en avant, et parvenait ainsi à ôter toute portée à l’ensemble.

En effet, celui qui cultive un seul précepte de l’Évangile à l’exclusion des autres, ne se préoccupe en fait d’aucun de ses éléments. Nos devoirs s’équilibrent mutuellement ; et bien que nous soyons trop pécheurs pour les accomplir tous à la perfection, il nous est possible, jusqu’à un certain point, de tous les accomplir et de maintenir un équilibre d’ensemble ; au contraire, si nous nous attachons uniquement à tel ou tel commandement, nous faisons pencher notre esprit dans une mauvaise direction et nous finirons par provoquer sa chute, ce qui est le but de notre adversaire, le Démon.

Tel est bien son but : briser notre force, nous contraindre à toucher la terre – et nous y enchaîner. Dans cette entreprise, le monde est son instrument ; mais il est trop avisé pour lui faire heurter de front la parole de Dieu. Non ! Il fait semblant d’être un prophète, semblable aux prophètes de Dieu. Il appelle aussi ses serviteurs « des prophètes », et ils se mêlent aux survivants épars de l’Église véritable, aux rares Michée qui demeurent encore sur terre, et ils parlent au nom du Seigneur. Dans une certaine mesure, ils disent la vérité ; mais ce n’est pas toute la vérité, et l’expérience quotidienne suffit à nous montrer qu’une demi-vérité est souvent le plus grossier et le plus pernicieux des mensonges. »

La phrase :

« Tout est venu du Christ, même Marie ; tout est venu par Marie, même le Christ. »                                                                                                                                                     (Benoît (Benoît XVI)

« Que Marie nous aide à voir qu’il y a une lumière… » 

(Discours de Benoît XVI, le 8 décembre 2011, place d’Espagne à Rome)

« Avant tout, la ‘’Femme’’ de l’Apocalypse est Marie elle-même. Elle apparaît ’’revêtue de soleil’’, c’est-à-dire revêtue de Dieu : la Vierge Marie est en effet tout entourée de la lumière de Dieu et elle vit en Dieu. Ce symbole des vêtements lumineux exprime clairement une condition qui concerne tout l’être de Marie : Elle est la « pleine-de-grâce », comblée de l’amour de Dieu. Et « Dieu est lumière », dit encore saint Jean (1 Jn 1, 5). Et voici alors que la « pleine-de-grâce », l’ »Immaculée », reflète par toute sa personne la lumière du ’’soleil’’ qu’est Dieu.

[…] Elle est enceinte, dans le sens où elle porte en son sein le Christ et qu’elle doit le mettre au monde : voilà le travail de l’Église en pèlerinage sur la terre, qui, au milieu des réconforts de Dieu et des persécutions du monde, doit apporter Jésus aux hommes. Et c’est justement pour cela, parce qu’elle porte Jésus, que l’Église se heurte à l’opposition d’un adversaire féroce, représenté dans la vision apocalyptique par un ’’énorme dragon rouge’’ (Ap 12, 3). Ce dragon a cherché en vain à dévorer Jésus – l’’enfant mâle, celui qui doit mener toutes les nations’’ (Ap 12, 5) –, en vain, parce que Jésus, par sa mort et sa résurrection, est monté vers Dieu et s’est assis sur son trône. C’est pourquoi le dragon, vaincu une fois pour toutes dans le Ciel, retourne ses attaques contre la femme – l’Église – dans le désert du monde. Mais à chaque époque, l’Église est soutenue par la lumière et par la force de Dieu, qui la nourrit dans le désert du pain de sa Parole et de la sainte Eucharistie. Et ainsi, à chaque tribulation, à travers toutes les épreuves qu’elle rencontre au cours des temps et dans les différentes parties du monde, l’Église souffre la persécution, mais se révèle victorieuse. Et c’est justement ainsi que la communauté chrétienne est la présence, la garantie de l’amour de Dieu contre toutes les idéologies de la haine et de l’égoïsme.

Le seul piège que l’Église puisse et doive craindre, c’est le péché de ses membres. En effet, alors que Marie est Immaculée, libre de toute tache de péché, l’Église est sainte mais en même temps marquée par nos péchés. C’est pourquoi le Peuple de Dieu en pèlerinage dans le temps s’adresse à sa Mère céleste et lui demande son aide ; il la demande pour que celle-ci accompagne son chemin de foi, qu’elle encourage l’engagement de la vie chrétienne et qu’elle apporte son soutien à l’espérance. Nous en avons besoin, surtout en ce moment si difficile pour l’Italie, pour l’Europe, pour différentes parties du monde. Que Marie nous aide à voir qu’il y a une lumière au-delà du manteau de brouillard qui semble envelopper la réalité. C’est pourquoi nous aussi, spécialement en cette fête, nous ne cessons de demander son aide avec une confiance filiale : ’’Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous’’. Ora pro nobis, intercede pro nobis ad Dominum Iesum Christum! »