2018 : cinquantenaire d’Humanae Vitae

Costanza Miriano, journaliste catholique italienne, interrogeait le card. Müller le 17 mai : « Éminence, vous savez mieux que moi qu’il y a dans l’Église des forces contre Humanae Vitae (HV), qui en demandent une révision. Qu’en pensez-vous ? Comment expliquer ce phénomène ? » Réponse : « J’explique cela par la mondanisation de l’Église : pour certains pasteurs, l’Église n’est que matérielle, pour faire de la politique, pour plaire. Pour eux, le respect des masses vaut plus que le respect de la Parole de Dieu. Je compare ceux qui veulent revoir HV pour plaire aux masses avec ceux qui ont fait des compromis pendant les régimes totalitaires.

Au contraire, les témoins ont la responsabilité de la vérité révélée. HV était prophétique, tous les dangers qu’elle prévoyait se sont réalisés et sont entrés dans la vie moderne : le nihilisme, le matérialisme. Le sens supérieur de l’existence humaine est absent et, par conséquent, derrière les façades, il y a le vide. […] Si nous cessons d’annoncer où est la vraie joie, nous serons responsables du malheur de nombreuses personnes. Si les bergers ne veillent pas, ce sont les loups qui gagnent. Avec les loups, on ne peut faire aucun compromis, même pour sauver quelques moutons. Avec l’illusion de ne perdre personne, on perd tout le troupeau. Ce n’est pas la logique de Jésus : Lui, pour ne perdre aucun mouton, Il s’est sacrifié Lui-même, pas les brebis.

– Les pasteurs qui ouvrent à la contraception le font généralement en rappelant qu’il s’agit certes d’un mal, mais que dans les cas extrêmes…

– Ce n’est qu’une technique pour ouvrir la route : on fait un raisonnement uniquement émotionnel, basé sur des situations extrêmes. Même dans les situations extrêmes, un bon pasteur trouve une solution unique et particulière pour préserver l’unité intrinsèque entre procréation et sexualité. En revanche, l’astuce des théologiens et des évêques qui attaquent la doctrine est d’« émotionnaliser »… Par exemple, ils commencent par dire qu’il y a un père de quatre enfants qui a perdu son emploi et dont la femme est malade… et, ensuite, on débat sur la vague de l’émotion et du cas individuel. Mais ce n’est pas une façon sérieuse de traiter les problèmes. »