Sainte Rita (1381-1457)

« Moi – dit le bon peuple de Dieu – j’aime sainte Rita ! Et je m’en vais vous expliquer pourquoi… »

Que je sois fille, épouse, mère, veuve, religieuse, cœur épris de sainteté ou âme en proie à des difficultés, je peux me retrouver en elle et puiser en sa vie une lumière pour éclairer ma route… Depuis près de six cents ans, je lui confie mes causes les plus désespérées. Tenez, si on rassemblait devant vous les bougies et les fleurs que je lui ai offertes en toutes ces années, vous n’en croiriez pas vos yeux : c’est tout simplement inimaginable ! Mais le plus beau, c’est qu’elle ne se lasse pas de m’écouter… et de souvent m’exaucer !

Sa naissance toute simple fut un joyeux message d’espérance : rien n’est impossible à Dieu ! Ses parents pensaient en effet devoir se résigner à quitter leur Ombrie natale sans y laisser d’autre trace qu’un beau témoignage de vie chrétienne. N’avaient-ils pas, toute leur vie durant, eu l’art d’apaiser les querelles de voisinage ou autres conflits ne manquant pas en cette époque troublée ? Margarita – dont Rita est le diminutif – fut la joie de leurs vieux jours et on peut dire qu’ils lui donnèrent une excellente éducation. Nul doute qu’ils préparèrent son âme à accueillir avec fruit la parole que Jésus lui dit au cours d’une Messe, alors qu’elle n’était qu’enfant, et qui s’imprima profondément en elle : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie ». Dès lors, elle comprit qu’elle ne pouvait rien faire de plus beau et de plus grand dans sa vie que de se donner totalement à Dieu.

Mais Dieu permit que le chemin qui la conduirait au monastère fût long et semé d’embûches… Ne devait-elle pas manifester aux yeux des hommes et des anges eux-mêmes sa détermination à vivre saintement toute situation ? Ses parents la marièrent – et rien de ce qu’elle put leur dire au sujet de sa vocation ne les fit changer d’avis ! – à Paul Mancini, homme violent qui lui mena la vie dure. Injuriée et battue, elle puisa dans le Cœur de Jésus la patience et l’amour dont elle l’entoura malgré tout. Bientôt, elle mit au monde deux jumeaux et se découvrit également un immense amour maternel. De longues années passèrent avant que son mari, vaincu par tant de vertus, renonce à l’alcool et mène une vie meilleure. Ce fut alors, pour un peu de temps, le bonheur d’une famille heureuse… jusqu’au drame d’un soir d’hiver où Paul, revenant à la maison, fut lâchement assassiné. Le cœur si aimant de Rita en fut bouleversé. Toujours fidèle à la grâce, elle y trouva cependant la force héroïque de pardonner aux meurtriers, qu’elle connaissait. Mais ses fils ne l’entendirent pas de cette oreille : ils vengeraient leur père ! Rita les aimait trop, d’un véritable amour surnaturel, pour ne pas adresser à Dieu une prière douloureusement suppliante : « Seigneur, prenez-les plutôt que de les laisser devenir criminels ». Ils moururent peu après, succombant à une épidémie, en bons chrétiens. Rita en fut meurtrie mais si consolée d’avoir rempli sa mission : son mari et ses fils jouiraient du bonheur du Ciel ! Quant à elle, n’était-ce pas le moment de réaliser enfin sa vocation en entrant au monastère ?

(À suivre)