Sainte Rita (1381-1457) – (2/2)

« Moi – dit le bon peuple de Dieu – j’aime sainte Rita ! Et je m’en vais vous expliquer pourquoi… » 

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Après la mort de son mari et de ses deux fils, le moment semble venu, pour Rita, d’accomplir enfin l’ardent désir qu’elle porte en elle depuis son enfance : se donner entièrement à Dieu. Par trois fois, elle se présente humblement à la porte du monastère augustinien de Cascia… Par trois fois, elle est refusée ! Cependant, sa persévérance confiante a touché le ciel : trois saints – Saint Jean-Baptiste, Saint Augustin, saint Nicolas de Tolentino – lui apparaissent une nuit, l’invitant à les suivre… et c’est ainsi qu’au petit matin, les religieuses, venant au chœur pour chanter l’office, la découvrirent à la chapelle, ayant pénétré on ne sait comment à l’intérieur du monastère pourtant bien fermé. La Mère abbesse n’osa alors pas repousser une nouvelle fois celle qui avait été placée en ce lieu par de si augustes personnages… et on la garda.

Ses supérieures, voulant cependant éprouver la vocation de cette recrue pas ordinaire, lui demandèrent d’arroser matin et soir un plant de vigne qui, de toute évidence, était bel et bien mort. Rita s’attela à la tâche pendant de longues années, offrant à Dieu ce petit travail qui lui était demandé, sûre qu’il ne manquerait pas de porter du fruit… dans la Vie éternelle. Car, pour le reste, elle n’était pas dupe ! Mais il semble que, cette fois-ci, Dieu était vraiment trop pressé de la récompenser et de manifester à tous combien sa petite servante le glorifiait. Il fit porter à cette vigne de magnifiques raisins !

En 1442, Rita est religieuse depuis vingt-cinq ans. Profondément unie à Jésus, rien dans sa vie simple et ordinaire ne la distingue cependant de ses sœurs. Elle mène la vie commune, tout simplement. Mais Dieu lui prépare de nouvelles grâces, voulant l’unir à Lui de façon toute particulière : le Vendredi saint, alors qu’elle prie devant le Crucifix, Jésus détache pour elle une épine de sa sainte couronne pour la planter sur son front. La douloureuse empreinte de cette épine l’accompagna jusqu’à sa mort, quinze ans plus tard, et fut bien souvent, jusqu’à nos jours, l’objet d’expertises médicales ! Bien des médecins, se penchant sur son corps miraculeusement conservé, ont attesté l’existence d’une altération osseuse tout à fait nette sur son front.

Cette grâce insigne marqua le début d’une nouvelle étape de sa vie : la plaie ouverte de ce stigmate dégageait une odeur si repoussante que les autres sœurs, malgré leur désir de supporter vertueusement ce désagrément, capitulèrent : il leur était décidément impossible de vivre aux côté de Rita ! On pria donc celle-ci de rejoindre une cellule à l’écart… et de ne pas en sortir ! Exception faite d’un pèlerinage à Rome où la plaie se referma, Rita mena ainsi pendant quinze ans une vie de recluse, tout absorbée dans la contemplation de son divin Époux et tout occupée à amasser les trésors de grâces qu’elle comptait bien répandre très largement sur le monde, jusqu’à la fin des siècles ! C’est ce qu’elle fait depuis le 22 mai 1457 et le bon peuple de Dieu est heureux de pouvoir ici en témoigner. Il sait pouvoir compter sur Sainte Rita et ne s’en prive pas.