Sonis

 Le général de Sonis : un époux, un père, un soldat et un chrétien pour notre temps

Né en Guadeloupe en 1825, Louis-Gaston de Sonis, après être passé par Saint-Cyr et par l’école de cavalerie de Saumur, épousa Anaïs Roger. Elle lui donna douze enfants qu’il aima avec tendresse, s’imposant les plus grands sacrifices pour leur donner la meilleure éducation possible.

Ignorant des condamnations de l’Église contre la franc-maçonnerie, il fut initié au Grand Orient de France, mais le quitta quelques mois plus tard, déclarant : « C’est un piège ! Vous n’avez pas tenu vos promesses ; je suis délié des miennes. Vous ne me reverrez plus. Bonsoir ! » Il en garda d’ailleurs un mauvais souvenir et détournera ses propres fils de la tentation d’y adhérer.

Après avoir servi à Paris, puis à Limoges, il participa à la conquête, commencée en 1830, de l’Algérie, puis se distingua lors de la campagne d’Italie en 1859, la bataille de Solferino. Il édifia tous ceux qui le côtoyèrent par sa charité envers les pauvres, sa Messe quotidienne, sa dévotion au Sacré-Cœur de Jésus. Les Arabes eux-mêmes l’appelaient : ‘Maître en piété’. Son principal titre de gloire militaire fut d’avoir combattu, en 1870, contre la Prusse, dont il comprenait l’invasion comme un juste châtiment divin : « Le gouvernement qui abandonne Rome et qui inaugure la statue de Voltaire, la veille de l’Assomption, – comprend-on cela ? – attire les foudres du ciel sur nos têtes. »

Il lutta sous l’étendard du Sacré-Cœur, à la tête des zouaves pontificaux du colonel de Charette, qui lui étaient consacrés et dont la devise servirait d’épitaphe à Sonis : « Miles Christi », soldat du Christ. Le 2 décembre 1870, près de Loigny (Eure-et-Loir), une charge héroïque, dont l’armée française a le secret, lui coûta la moitié de ses hommes mais sauva l’armée d’une déroute plus cruelle ; lui-même, grièvement blessé à la cuisse – il devra être amputé –, passa la nuit dans la neige par -20°C, à réconforter ses hommes. Remonté en selle, il ne se mit en disponibilité qu’en 1880, quand l’armée fut contrainte de participer à l’expulsion des religieux de France. Il vécut encore sept ans, offrant à Dieu ses souffrances, et mourut à Paris le 15 août 1887 en odeur de sainteté. Son corps fut inhumé à Loigny, dans la crypte, auprès de ses zouaves. Le général de Charette dit à ses hommes : « Mes chers camarades, le général de Sonis est mort ; il a reçu la récompense de son long martyre. Il m’écrivait quelques jours avant Patay : ‘’Tout doit être commun entre nous : joie, douleurs et sacrifices.’’ À lui revient l’honneur d’avoir déployé la bannière du Sacré-Cœur sur ce même champ de bataille où, quatre siècles auparavant, flottait la bannière de Jehanne d’Arc. C’est au milieu de nous qu’il est tombé, soldat de la France, soldat de Dieu. Toute sa vie peut se résumer en ces deux mots : honneur et sacrifice ! »

Voici pour notre temps un modèle de père, d’époux, de chrétien et de citoyen, d’amour filial pour Dieu et pour la Patrie.

Son procès de béatification fut ouvert en 1928, et son corps exhumé fut trouvé parfaitement conservé. « Ô Jésus, […] faites que nous soyons soumis à nos chefs, charitables pour le prochain, sévères pour nous-mêmes, dévoués à nos devoirs et prêts à tous les sacrifices. Faites que nous soyons purs de corps et d’âme. Ô Jésus, dans les dangers et les souffrances, c’est de votre divin Cœur que nous attendons notre plus puissant secours. » (Sonis)