Mère Angelica (1923-2016) (1/2)

De la pêche à la ligne au filet (net) ! (1/2)

Rien ne prédisposait la petite Rita à devenir « la femme la plus influente d’Amérique ». Née aux États-Unis, dans la ville industrielle de Canton, elle eut une enfance très difficile. Son père quitta le domicile et sa mère devint dépressive. Elle dut « lutter pour survivre » ; Dieu lui restait inconnu. Adolescente, elle fut guérie d’une tumeur à l’estomac après avoir prié une neuvaine à Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus. « À dater de ce jour, je pris conscience de l’amour de Dieu pour moi et ne désirais plus qu’une chose : me donner à Lui. »

Elle rentra chez les Clarisses de l’adoration perpétuelle. Sa supérieure lui confia le suivi des chantiers, tâche qu’elle remplit à la perfection. Elle savait lire les plans et n’hésitait pas à faire reconstruire le travail bâclé ! À la suite d’une chute, elle dut subir une opération qui risquait de la laisser paralysée. « Seigneur, si tu me guéris, je te bâtis un couvent ! » Elle guérit et le Seigneur lui permit d’accomplir sa promesse. Le couvent de Notre-Dame des Anges fut financé par des dons généreux et… par la vente d’asticots, plus lucrative que celle des chapelets !

Celle qui était devenue Mère Angélique donna des conférences bibliques si captivantes que tout le monde « se l’arrachait ». Elle produisit ensuite des disques puis des livres, de ses causeries. Son but : amener les âmes à Dieu. « Tes plans, tes projets et tes rêves doivent toujours être plus grands que toi afin que Dieu ait la place de travailler. » Elle finançait elle-même ses disques et ses livres et en diffusait une grande partie gratuitement. Cela coûtait cher et la vente de cacahuètes, qui avait remplacé celle des asticots, ne suffisait pas à payer… « L’argent, c’est le problème de Jésus. Travailler pour sa gloire est le mien ! » Elle, elle sillonnait le pays, et payait par sa souffrance. « Elle précède toujours ce que je dois accomplir pour le Seigneur. » 

Mère Angelica comprit bientôt que la télévision lui permettrait d’atteindre un plus large public. Elle commença donc par enregistrer quelques émissions chez les baptistes. Mais ceux-ci diffusèrent un film qui risquait fort d’instiller le doute quant à la divinité de Jésus. Elle se résolut alors à créer son propre studio avec… 200 dollars de capital ; cela commença dans un garage. Elle ne connaissait rien à la télévision. « Je suis persuadée que Dieu a besoin de cruches, de gens qui sont prêts à se rendre ridicules afin que Dieu puisse faire des merveilles. Celui qui a Dieu n’a pas besoin de tout savoir. Il fait, tout simplement. » Mais que fait-on quand on a, comme elle, un million de dollars de dettes ? « Si tu es mort de peur, fais le premier pas. Tu auras la grâce pour continuer. Moi, je suis une poltronne, mais une poltronne qui avance ! La foi = avoir un pied sur terre, un autre dans les cieux, avoir un nœud à l’estomac ! » EWTN, Eternal Word Television Network, est né. L’émetteur arrive mais les six cents mille dollars nécessaires à la livraison ne sont pas en caisse ! Faut-il renoncer à ce projet fou ?

(A  suivre)