« Le futur de l’Église… »

Réflexions de Joseph Ratzinger lors d’une émission de radio en 1969

« Je pense, non, je suis sûr, que le futur de l’Église viendra de personnes profondément ancrées dans la foi, qui en vivent pleinement et purement. Il ne viendra pas de ceux qui s’accommodent sans réfléchir du temps qui passe, ou de ceux qui ne font que critiquer en partant du principe qu’eux-mêmes sont des jalons infaillibles. Il ne viendra pas non plus de ceux qui empruntent la voie de la facilité, qui cherchent à échapper à la passion de la foi, considérant comme faux ou obsolète, tyrannique ou légaliste, tout ce qui est un peu exigeant, qui blesse, ou qui demande des sacrifices. Formulons cela de manière plus positive : le futur de l’Église, encore une fois, sera comme toujours remodelé par des saints, c’est-à-dire par des hommes dont l’esprit cherche à aller au-delà des simples slogans à la mode, qui ont une vision plus large que les autres, du fait de leur vie qui englobe une réalité plus large. […]

De la crise actuelle émergera l’Église de demain – une Église qui aura beaucoup perdu. Elle sera de taille réduite et devra quasiment repartir de zéro. […]

Le processus va être long et fastidieux, comme l’a été la voie menant du faux progressisme à l’aube de la Révolution française – quand un évêque pouvait être bien vu quand il se moquait des dogmes et même quand il insinuait que l’existence de Dieu n’était absolument pas certaine – au renouveau du XIXe siècle. Mais quand les épreuves de cette période d’assainissement auront été surmontées, cette Église simplifiée et plus riche spirituellement en ressortira grandie et affermie. […]

Pour moi, il est certain que l’Église va devoir affronter des périodes très difficiles. La véritable crise vient à peine de commencer. Il faudra s’attendre à de grands bouleversements. Mais je suis tout aussi certain de ce qu’il va rester à la fin : une Église, non du culte politique car celle-ci est déjà morte, mais une Église de la foi. Il est fort possible qu’elle n’ait plus le pouvoir dominant qu’elle avait jusqu’à maintenant, mais elle va vivre un renouveau et redevenir la maison des hommes, où ils trouveront la vie et l’espoir en la vie éternelle. »

« Avez-vous le désir de Dieu ? »

Trois extraits de l’homélie du cardinal Sarah aux Guides aînées à Paray-le-Monial, le 4 novembre 2018

« Pour nos contemporains, ce qui compte dans la vie, c’est d’être « tolérant », « ouvert », « libre de toute contrainte », « comblé de biens matériels jusqu’à la saturation », « avide et passionné de nouveautés »… Par conséquent, pour nombre d’entre eux, toutes les religions se valent, et nulle d’entre elles n’a le droit de prétendre qu’elle possède la vérité… Il suffit d’être tolérant et laisser chacun suivre ses tendances et ses propres lois morales.

La pédagogie scoute prend le contrepied de cette tromperie maléfique, qui est en réalité une grande imposture et une duperie inventées par des adultes sans scrupules. Aux enfants et aux jeunes qui subissent cette véritable dictature jusqu’à la nausée (combien d’entre eux vont jusqu’à se suicider !), à ce laxisme délétère et à ce relativisme qui déstructure et tue l’homme, le scoutisme  répond par une Loi clairement énoncée en dix points, qui sont autant de commandements, à l’image de ceux que Moïse a reçus sur le Mont Sinaï, et que le Père Jacques Sevin a présentés comme la quintessence de l’Évangile : voici ce que disait le fondateur du scoutisme catholique à ce sujet :

« Ta loi scoute, elle est sainte, elle sent bon l’Evangile. Tu peux en être fier, c’est la loi de Jésus. Elle te permet de cheminer vers la sainteté, ce qui est demandé à tout baptisé de l’Église catholique, car en elle transparaissent l’Ancien et le Nouveau Testament. » 

[…]

L’Église est donc consciente que l’homme de notre époque est une nouvelle fois à la croisée de deux chemins : celui de la Vie, qui a pour nom Jésus ressuscité, ou celui de la mort spirituelle, celle de l’âme, qui conduit à la mort éternelle. En effet, chères Guides d’Europe, comment ne pas être saisi de vertige face à la prétention prométhéenne de l’homme contemporain ? Quand l’homme rejette les Commandements de Dieu en les combattant ou en les ignorant délibérément, il aspire à se définir lui-même sans l’aide de quiconque, et c’est alors qu’il connaît les affres de l’enfermement sartrien dont vous connaissez l’affreux adage : « L’enfer, c’est les autres ! » Les grands débats actuels sur la protection de la vie, le mariage et la famille, ont tous la même origine, que vous devez bien cerner et étudier pour offrir aux Guides que Dieu vous a confiées des réponses claires, qui constituent un chemin de lumière, celui de la Vérité de l’Évangile .

[…]

Vous revêtez le foulard couleur bois de rose : silencieux, il est rouge comme le feu ardent, comme l’amour ; cette couleur est celle de la braise silencieuse que seul le feu qui dure peut fournir, braise qui ne fait pas de bruit mais qui peut s’animer pour devenir un feu ardent. Pour chacune d’entre vous, ce foulard est le signe du service et de l’humilité. Enfin et surtout, vous êtes appelées au « Moment Lumière » quotidien pour faire grandir cette relation unique qui vous unit à Dieu depuis votre baptême, dans le silence, le recueillement et l’adoration. Ici, à Paray-le-Monial, dans la Cité du Sacré-Cœur, je voudrais citer cette parole que Notre-Seigneur Jésus-Christ a adressée à sainte Catherine de Sienne : « Le baptême donné aux chrétiens et à quiconque veut le recevoir, dans lequel l’âme s’unit à mon Sang, c’est le baptême d’eau, mais l’eau y est unie au sang et au feu. C’est pour vous le faire entendre que, de mon côté ouvert, il coula du sang avec l’eau. » Alors, je me permets de vous poser cette question : « Guides d’Europe, avez-vous le désir de Dieu ? »

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La phrase :

« Faisons des commandements divins une ligne directrice de notre vie et prenons au sérieux l’expression  : plutôt la mort que le péché ! »

Bienheureux Clemens-August von Galen, « Sermon de feu »