Bienheureuse Henriette (1829-1894) (1/2)

Le Rien et le Tout

Catherine est née en 1829, dans un bourg proche de Turin. Elle est Piémontaise, comme Don Bosco, avec qui elle fera connaissance quand elle sera religieuse à Turin. Ils auront l’un pour l’autre une estime réciproque.

Catherine est la dernière de quatre enfants : Lucie, l’aînée, a huit ans de plus que sa benjamine. À seize ans, Lucie, bien malade, est emportée par la mort. Thérèse, la deuxième, se mariera. Jean entrera chez les Pères somaques mais, comme Lucie, il mourra jeune. Ainsi, très tôt, Catherine fait l’expérience de la souffrance, et la première de toute, c’est de ne pas avoir de père. Un soir, comme d’habitude, dans la cuisine autour du feu de cheminée, après la prière familiale, la petite dernière ne veut pas aller se coucher : elle veut savoir pourquoi elle n’a pas de papa. Question douloureuse pour la maman, Anna, qui attend chaque soir le retour de son époux qu’elle aime encore. Elle ne peut se rendre à l’évidence : son mari infidèle l’a quittée. Catherine avait alors quatre ans.

Don Andréa, oncle des enfants, habite, tout comme sa sœur Catherine, chez maman Anna. Adolescente, Catherine développe ce contact intime que Jésus nous permet d’avoir avec son Père. C’est le Bon Papa, son cher Dieu Père à qui elle confie tout. Dans sa prière, dans ses paroles, dans ses écrits (autobiographie écrite sur ordre de son directeur spirituel et diverses lettres), Catherine, devenue en religion sœur Marie-Henriette, gardera toujours cette manière simple et confiante de parler à Dieu. Cependant, Catherine n’est pas née sainte. Elle écrira plus tard : « J’étais petite, mais mon amour-propre était très grand ! » Elle était aussi « légère, inconstante et rebelle ». Elle aimait beaucoup s’occuper des plantes mais malheur à qui osait y toucher ! Elle se mettait en colère pour un rien. Elle enviait ses amies mieux habillées qu’elle, etc.

  « Il est le Bon Papa, qui sait tout, qui peut tout et qui nous aime. »

Après sa Première communion, Catherine ne changea pas sensiblement. Toutefois, elle remporta de petites et de plus grandes victoires. Elle prit plus de temps pour aider les autres dans le travail ménager. Elle eut plus de goût pour la prière et la lecture spirituelle, prenant des livres dans la bibliothèque de son oncle et passant une bonne partie des nuits à lire. Elle voulut aussi imiter les mortifications des saints. C’est ainsi qu’elle tomba malade. Elle promit à Dieu d’aller chaque jour à la Messe si elle guérissait. Et il en fut ainsi. Mais au fil des jours, son action de grâces s’est écourtée. Toutefois, sa vie intérieure se développa, ainsi que la pensée d’une vocation religieuse.

À treize ans, Catherine ayant mûri, son oncle prêtre lui confia le catéchisme des enfants de la paroisse. La jeune fille fut heureuse de parler de Dieu aux enfants. « Il est le Bon Papa, qui sait tout, qui peut tout et qui nous aime. »

Un jour, Don Andréa tombe malade. Il doit laisser sa paroisse et la maison familiale. Dans sa prière, dans l’obscurité de l’église, alors qu’elle est seule, Catherine comprend que son oncle prêtre va guérir et reviendra. C’est le « Bon Papa qui le lui a dit » ! Et c’est ce qui advint.

À suivre…