Méditations et homélies

Un âne, un bœuf et des cadeaux 

Méditations de Joseph Ratzinger extraites de La grâce de Noël

(Ed. Parole et Silence, 2005)

p. 61:

« Le bœuf et l’âne ne sont pas de simples produits d’une pieuse imagination ; ils sont devenus les compagnons de l’événement de Noël grâce à la foi de l’Église en l’unité de l’Ancien et du Nouveau Testament. (…) Les Pères de l’Église virent dans ces paroles [d’Isaïe] un discours prophétique qui préfigure le nouveau peuple de Dieu, l’Église des Juifs et des païens. Devant Dieu, tous les hommes, Juifs et païens, bœuf et âne étaient sans raison ni discernement, mais l’Enfant dans la crèche leur a ouvert les yeux, de sorte qu’ils reconnaissent désormais la voix de leur maître. »  

pp: 86-87 :

« Autre chose fait partie de l’image de Noël : les présents. Nos crèches vivantes décrivent abondamment la réflexion des bergers, qui se demandent ce qu’ils peuvent apporter, puisant ainsi au cœur du quotidien de nos compatriotes. Une hymne liturgique de l’Église d’Orient se consacre au même thème, en lui conférant une plus grande profondeur : « Que devons-nous t’apporter, ô Christ, Toi qui t’es incarné sur terre pour nous ? Chacune des créatures qui sont ton œuvre t’apporte effectivement la preuve de sa reconnaissance : les anges leur amour, le ciel l’étoile, les sages leurs présents, les bergers leur étonnement, la terre sa caverne, le désert la crèche. Mais nous, les hommes, t’apportons une Vierge et Mère. » Marie est le cadeau des hommes au Christ – ce qui signifie : le Seigneur veut non pas quelque chose de l’homme, mais lui-même. » 

L’urgence des choses de Dieu

« Les bergers sont partis en hâte. Une sainte curiosité et une sainte joie les poussaient. Parmi nous, il arrive peut-être très rarement que nous nous hâtions pour les choses de Dieu. Aujourd’hui, Dieu ne fait pas partie des réalités urgentes. Les choses de Dieu, ainsi pensons-nous et disons-nous, peuvent attendre. Pourtant, il est la réalité la plus importante, l’Unique qui, en dernière analyse, est vraiment important. Pourquoi ne devrions-nous pas être pris, nous aussi, par la curiosité de voir de plus près et de connaître ce que Dieu nous a dit ? Prions-le afin que la sainte curiosité et la sainte joie des bergers nous touchent nous aussi en ce moment, et allons donc avec joie là-bas, à Bethléem – vers le Seigneur qui, aujourd’hui aussi, vient de nouveau vers nous. 2

Extrait de l’homélie de Benoît XVI prononcée en la nuit de Noël 2012

Parmi nous, il arrive peut-être très rarement que nous nous hâtions pour les choses de Dieu. Aujourd’hui, Dieu ne fait pas partie des réalités urgentes. Les choses de Dieu, ainsi pensons-nous et disons-nous, peuvent attendre. Pourtant, il est la réalité la plus importante, l’Unique qui, en dernière analyse, est vraiment important. Pourquoi ne devrions-nous pas être pris, nous aussi, par la curiosité de voir de plus près et de connaître ce que Dieu nous a dit ? Prions-le afin que la sainte curiosité et la sainte joie des bergers nous touchent nous aussi en ce moment, et allons donc avec joie là-bas, à Bethléem – vers le Seigneur qui, aujourd’hui aussi, vient de nouveau vers nous. »

Se laisser guider par l’étoile

Extrait de l’homélie du card. Ratzinger pour l’Épiphanie 1987,

in Dieu se cache sous les traits d’un enfant ; homélies de Noël, Parole et Silence, 2008, pp. 92-96

« Beaucoup ont vu l’étoile, peu ont compris son message. (…) Comment se fait-il que certains trouvent et d’autres non ? Que faut-il faire pour être de ceux qui voient et qui avancent ? Il serait trop simple de dire que les riches et les intelligents n’y arrivent pas, et que les pauvres et les simples ont trouvé le chemin. Car assurément, les pauvres et les simples, les bergers, étaient les premiers. Mais c’est alors qu’arrivèrent les mages et, des siècles plus tard même des rois. Inversement, parmi ceux qui ne quittèrent pas Jérusalem pour se rendre à Bethléem, se trouvaient sûrement beaucoup de pauvres. Cette distinction est donc trop simple. L’éducation pouvait être un obstacle, mais pouvait aussi ouvrir les yeux.

Qu’est-ce qui sert ? Qu’est-ce qui ouvre les yeux et le cœur ? Ou bien à l’inverse : qu’est-ce qui manque à ceux qui ne se sont pas laissé toucher ? (…) Pour le dire avec les paroles mêmes de Jésus : c’est le cœur d’enfant qui fait défaut. L’enfant en soi est le chemin. (…) Demandons-lui un cœur d’enfant plein de sagesse. Demandons-lui de nous donner de voir l’étoile de sa compassion, de marcher à sa suite, afin de ressentir la grande joie qu’il a apportée au monde. » 

La phrase

 « Combien la pauvre humanité doit-elle se réjouir devant cette œuvre inouïe de la bonté divine, puisque celle-ci inspire une telle joie à la nature sublime des anges eux-mêmes ! »

St Léon le Grand