Apophtegmes des pères du désert

Quelques petites leçons données par les pères du désert pour nous aider à trouver des petits efforts à faire durant le temps du Carême.

1- L’humilité : « Voilà ce qu’on disait d’un vieillard : il demandait à Dieu l’interprétation d’une parole de la Bible. Pour l’obtenir, il passe soixante-dix semaines en ne mangeant qu’une fois la semaine. Mais Dieu ne la lui révèle pas. Il se dit en lui-même : « Je me suis donné tant de peine, sans rien obtenir ; je vais donc aller chez mon frère et l’interroger. »Et comme il ferme la porte derrière lui pour aller chez son frère, un ange du Seigneur lui est envoyé. Il lui dit : « Les soixante-dix semaines que tu as jeûné ne t’ont pas approché de Dieu ; mais lorsque tu t’es humilié toi-même en partant chez ton frère, j’ai été envoyé pour t’annoncer le sens de cette parole. » Et il répond parfaitement à sa recherche sur la parole de la Bible. Puis il se retire. »

2- La meilleure part : « Un frère se rendit chez Abba Sylvain, au mont Sinaï, et voyant les frères travailler, il dit au vieillard : « Ne travaillez pas pour la nourriture périssable ; Marie, en effet, a choisi la meilleure part. » Le vieillard dit à son disciple : « Zacharie, donne au frère un livre, et mets-le dans une cellule où il n’y a rien. » Quand donc fut venue la neuvième heure, le frère tenait les yeux fixés sur la porte pour voir si l’on ne viendrait pas le chercher pour manger. Mais comme personne ne l’appelait, il se leva, alla trouver le vieillard et lui dit : « Les frères n’ont-ils pas mangé aujourd’hui, abbé ? » Le vieillard lui dit : « Si, mais toi, tu es un homme spirituel et tu n’as pas besoin de cette nourriture charnelle. Nous autres qui sommes charnels, nous tenons à manger, et pour cela, nous travaillons. Toi, tu as choisi la meilleure part : tu lis toute la journée et tu ne veux pas manger de nourriture charnelle. » Ayant entendu ces paroles, le frère fit une métanie (geste pénitentiel) en disant : « Pardonne-moi, abbé. » Le vieillard lui dit : « Assurément, Marie elle-même a besoin de Marthe, et c’est en effet grâce à Marthe que Marie a été louée. » »

3- Lutter contre la colère : « Un frère se sentant souvent ému de colère dans le monastère, dit en lui-même : « Je m’en irai dans le désert, afin que n’y ayant là personne avec qui je puisse avoir rien à démêler, cette passion me laisse en repos. » S’en étant donc allé dans le désert, et demeurant seul dans une caverne, son pot qu’il avait rempli d’eau se renversa trois fois de suite. Ce qui l’ayant mis en colère, il le jeta et le cassa. Après, revenant à soi, il dit : « Le démon de la colère m’a trompé ; car encore que je sois seul, elle ne laisse pas de me vaincre. Ainsi puisque partout où il y a combat nous avons besoin de patience et de l’assistance de Dieu, je m’en retournerai au monastère. » (Pélage, 33. P.L., 7.3, 901.)

4- La sainteté dans les petites choses : « La valeur des privations ne se mesure pas à l’importance du mets dont on s’abstient. Sans nuire à ses devoirs d’état on peut s’imposer des sacrifices méritoires. Dans la vie la plus mêlée au monde, on peut suivre les conseils de Dorothée : « Vous voyez des personnes qui s’amusent, vous vous sentez portés à les rejoindre, c’est un acte de renoncement à votre volonté propre… » L’abbé Mutois disait qu’il aimait beaucoup mieux un ouvrage léger et continuel qu’un ouvrage difficile et qui durait peu. » (Pélage, VII, 11. P.L., 73, 894.)

J