Watomika (1823 – 1889) – L’Indien éloquent

De la chasse au bison à la pêche des âmes

Watomika naquit dans la tribu indienne des Delaware. Ses grands-parents, français, furent tués par des Indiens sous les yeux de leurs deux enfants. Ceux-ci furent adoptés par des chefs indiens. Marie, sept ans, reçut le nom de « gazelle blanche ». Elle apprit à monter à cheval, à tirer à l’arc… Cependant elle n’oublia pas de prier le Grand Esprit et l’apprit plus tard à son petit Watomika, « l’homme aux pieds légers ».

Les Delaware haïssaient les Blancs, qui méprisaient les Indiens et leur donnaient de l’alcool pour mieux leur arracher leurs terres. Watomika fut choisi pour succéder à son père, un valeureux chef guerrier, alors qu’il n’avait que douze ans. Son oncle assura la transition. Ils partirent un jour chez les Blancs pour vendre des peaux. L’oncle fut tué par un Indien ivre.

Après bien des péripéties, Watomika fut ramené chez les siens par… un Blanc, qui le traita comme son fils. Cela le fit réfléchir. Il désirait de plus en plus connaître le Grand Esprit. L’occasion lui en fut donnée par un pasteur protestant qui lui proposa de l’accueillir dans son collège. Watomika accepta et… persévéra : il lui fallu non seulement apprendre l’anglais, l’écriture et la lecture, mais aussi les mœurs occidentales : coucher dans un lit, manger avec des couverts… Quel supplice pour ce fils de la prairie habitué à la chasse aux bisons et au galop dans les contrées sauvages… Mais son cœur brûlait d’amour pour son Sauveur. Il fut baptisé et entreprit des études de théologie.

 « Mon unique but et ma seule prière désormais est de vivre et de mourir comme un Jésuite noble et brûlant de zèle pour les âmes. »

Cependant, il demeurait insatisfait dans sa recherche de Dieu. Un jour, il entra dans une église catholique alors que le prêtre donnait un cours de catéchisme aux enfants. Il fut subjugué d’y entendre les réponses à ses interrogations. Il devint catholique et entra chez les Jésuites. Il écrivit : « Après un long combat et beaucoup d’efforts, j’ai enfin offert généreusement à mon Seigneur Jésus tout ce qui m’était cher et précieux. Mon unique but et ma seule prière désormais est de vivre et de mourir comme un Jésuite noble et brûlant de zèle pour les âmes. Que Dieu m’envoie, par mes supérieurs, là où il veut. »

Il s’occupa d’abord avec succès ! des enfants dans un collège. À son invitation, sa tribu accueillit chaleureusement une « robe noire » et reçut le baptême. Peu après, les Delaware furent tous tués par des Américains qui voulaient s’emparer de leurs terres… Cette épreuve le rapprocha encore plus de Dieu. Il se donna encore plus à ses garçons bien qu’il aurait préférer l’apostolat direct.

Finalement, il fut envoyé en Californie. Là il déploya tout son zèle et devint un prédicateur infatigable. Il courut d’une mission à l’autre. Il avait le don de toucher les cœurs. Les foules se pressaient pour l’écouter. Plusieurs se convertirent dont de nombreux protestants. Il créa trois confréries pour raffermir la foi, dont une pour les femmes afin de renouveler les familles dans l’esprit chrétien et de développer l’éducation chrétienne.

Watomika mourut d’épuisement : le frère qui était venu le chercher pour célébrer la messe le trouva mort. Il avait revêtu ses ornements sacerdotaux et attendait, assis dans un fauteuil, le chapelet à la main.