Nous avons gagné une bataille, nous n’avons pas gagné la guerre

Le 21 mai, la vie l’emportait sur les cultures de mort. Ne baissons pas les bras : nos combats et nos prières portent du fruit !

Si la vie d’un homme n’était pas en jeu, on pourrait considérer le retournement de situation du 21 mai comme l’énième rebondissement d’un roman-feuilleton. Mais Vincent Lambert était bel et bien condamné à mort, par une décision de justice de la République, dans un pays où on croyait avoir aboli la peine de mort. Sans doute un malentendu.

Malgré deux interventions (3 et 17 mai) du comité de l’ONU pour la défense des personnes handicapées, dont la France a signé les conventions, demandant la suspension de ladite décision, malgré l’appel des évêques de France et les instantes supplications des parents de Vincent, le docteur Sanchez avait décidé de faire mourir de faim et de soif cet homme (car c’en est un) handicapé (c’en est un aussi). Il avait déjà essayé en 2013, mais Vincent avait survécu trente-et-un jours (avec une hydratation minimale). « Déshonneur d’une médecine qui ne supporte pas ses échecs et ses limites », juge le Dr Ducrocq, neurologue.

Qu’a-t-il donc fait de mal ? Est-il djihadiste ou trafiquant de drogue. Non, ceux-là, on fait l’impossible pour les sauver. Vincent est handicapé, c’est son seul crime. Il n’est pas en fin de vie comme certains le prétendent pour pouvoir mieux l’euthanasier (depuis onze ans, c’est une fin de vie qui s’éternise…), pas même malade ou souffrant. Il est dans un état (irréversible ? Qui peut le dire ?) de conscience altérée (c’est-à-dire dont nous sommes incapables de préciser le niveau), un état pauci-relationnel, pas végétatif : s’il ne peut s’exprimer, des vidéos montre qu’il émet des sons, bouge parfois, réagit à la présence de ses proches, pleure devant ses parents le 19 mai, veille de son exécution. Sa respiration est autonome, son unique traitement, c’est son alimentation artificielle, parce qu’on lui refuse la rééducation des muscles de la déglutition.

Considérer ces « soins » comme relevant d’un acharnement thérapeutique devrait logiquement conduire à faire condamner à mort les dizaines de milliers de personnes qui sont dans le même état que lui, voire – de l’audace, que diable ! – toutes celles qui ne mangent pas seules : petits enfants, personnes âgées, handicapés… Pour mémoire, la Congrégation pour la doctrine de la Foi considère l’hydratation et l’alimentation comme « un moyen ordinaire et proportionné de conservation de la vie », ce qui tombe sous le sens. Les traitements qui lui sont légalement dus, eux (kiné, ergothérapie, orthophonie, mise en fauteuil, sorties en famille…), lui sont refusés depuis 2013 : Vincent est enfermé dans sa chambre d’hôpital et interdit de sorties, tel un chien enragé. Pourtant, il existe en France des structures adaptées à son état.

Le Président de la République n’a pas daigné « [s’]immiscer dans la décision de soin (sic) et de droit qui a été prise », il lui en sera demandé raison. Il a donc fallu un coup de théâtre inespéré : l’injonction de la cour d’appel de Paris, le 21 mai, pour suspendre le processus mortel déjà entamé. Nous en remercions le Ciel, ainsi que les avocats qui défendent le droit de Vincent à la vie, Me Triomphe (photo) et Me Paillot, aux côtés de ses parents.

Monseigneur Aupetit, archevêque de Paris, a fait un communiqué dans lequel il s’exprime ainsi : « Il y a aujourd’hui un choix de civilisation très clair : soit nous considérons les êtres humains comme des robots fonctionnels qui peuvent être éliminés ou envoyés à la casse lorsqu’ils ne servent plus à rien, soit nous considérons que le propre de l’humanité se fonde, non sur l’utilité d’une vie, mais sur la qualité des relations entre les personnes qui révèlent l’amour.  (…) Une fois de plus nous sommes confrontés à un choix décisif : la civilisation du déchet ou la civilisation de l’amour..)

Quand le Grand silence parle, le monde devrait écouter!

Le prieur de la Grande Chartreuse, dénonçait le 15 mai un article de La Croix rapportant les paroles d’un couple vivant dans une chartreuse et qui considérait l’enseignement moral de l’Église comme inapplicable : « Les Chartreux sont au courant des drames actuels qui secouent l’Église et s’associent par la prière à tous ceux qui disent ”plus jamais cela” […]. Mais ceci ne nous empêche aucunement de continuer à croire à la réalité à la fois humaine et divine [de l’Église. Notre mission] est de nous réformer nous-mêmes pour que le corps de l’Église en reçoive le fruit, selon l’adage qui veut que toute âme qui s’élève élève le monde, et de prier pour que les personnes qui ont des décisions à prendre aient le courage et la lumière pour le faire. […] Nous adhérons totalement au Magistère de l’Église, et entre autres à l’enseignement du pape s. Paul VI dans l’encyclique Humanae vitae. Comment peut-on parler de ”désacraliser” le sacerdoce quand le mot même de sacerdoce comporte le terme ”sacer-sacré” ? »

Brèves

Medjugorje

Bien que Rome ne se soit pas encore prononcé sur l’authenticité des apparitions, le Pape a déclaré qu’il était désormais possible d’organiser des pèlerinages à Medjugorje, étant donné notamment les « abondants fruits de grâce » dont bénéficient « l’important flux de pèlerins », à savoir deux millions par an.

Alabama

Victoire en Alabama : incroyable mais vrai, députés puis sénateurs de cet État ont voté à une écrasante majorité pour interdire aux médecins de pratiquer des avortements dans tous les cas, sauf danger vital pour la mère. Reste au gouverneur à la signer. La loi va être contestée, mais les défenseurs de la vie n’attendent que cela pour remonter jusqu’à la Cour suprême et faire enfin annuler l’arrêt de mort des enfants dans le sein de leur maman, Roe v. Wade.

Bienheureuse Conchita

Béatification

Le 4 mai était béatifiée Maria de la Concepcion Cabrera (1862-1937), dite Conchita. Laïque mexicaine, mystique et mère de neuf enfants, elle offrit sa vie à Dieu pour l’Église et le salut des âmes. Prématurément veuve, elle fonda plusieurs institutions religieuses et laïques dédiées à la Croix. Elle compris que sa mission était d’être mère des prêtres, en souffrant, comme la Sainte Vierge au pied de la Croix, pour leur sanctification. Elle a reçu de nombreuses révélations de Jésus.

Burkina Faso

La situation des catholiques se dégrade au Burkina Faso : un attentat contre une église le 12 mai (six morts), une procession attaquée le 13 (quatre morts), un salésien poignardé le 17, un nouvel attentat le 26 mai (quatre morts). Et en France ? Onze églises ont brûlé en un an…

Jean Vanier

Jean Vanier est mort le 7 mai dernier, âgé de quatre-vingt-dix ans. Il avait fondé l’Arche en 1964 pour accueillir les personnes handicapées mentales.