Tous les saints ont fait preuve de courage

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Homélie pour la solennité de Toussaint

Mercredi 1er novembre 2023

Ils sont passés par la grande épreuve

« J’ai vu : et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. »

Quelle est cette foule immense que voit l’apôtre saint Jean ? Lui-même ne semble pas le savoir, et c’est l’un des quatre anciens qui lui dit : « Ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau. » Ainsi, la définition même de cette foule de saints qui peuplent le Ciel est qu’ils sont tous passés par « la grande épreuve ». Mais de quoi s’agit-il ? Quelle est cette grande épreuve ? Et comment l’affronter, pour rejoindre un jour nous aussi cette foule immense ?

Cette grande épreuve est tout simplement notre vie sur cette terre. Elle est une épreuve, parce qu’il nous faut lutter, tous, pour garder la foi, pour rester fidèles, pour suivre Jésus. D’ailleurs, lorsque saint Jean écrit ce livre de l’apocalypse, il est lui-même sur l’île de Patmos, au large de la Grèce, en exil à cause de son témoignage pour Jésus. Aussi, cette « grande épreuve » nécessite une vertu, que les temps que nous vivons rendent peut-être plus nécessaire encore : le courage.

Benoît XVI disait en parlant de Jean-Paul II : « Il a agi en fonction de sa foi et de ses convictions et il était même prêt à recevoir des coups. Le courage de la vérité est, à mes yeux, un critère de premier ordre de la sainteté. » [Wlodzimierz REDZIOCH dir., Accanto a Giovanni Paolo II. Gli amici e i collaboratori raccontano, avec une contribution exclusive du pape émérite Benoît XVI, Edizioni Ares, Milan, 2014, 236 pages.]

En réalité, tous les saints ont fait preuve de courage. Le courage n’est pas nécessairement lié à des actions éclatantes. Accomplir son devoir d’état dans la fidélité et dans la durée peut demander plus de courage qu’un acte héroïque passager. Sainte Thérèse de l’enfant Jésus a vécu avec un courage héroïque une vie très ordinaire, dans les petites choses, puis dans la maladie.

Dans l’évangile de ce jour, en nous donnant les Béatitudes qui sont la charte du chrétien, Jésus nous indique le chemin du courage. Il nous montre le chemin qu’il a pris, lui, le Fils de Dieu fait homme. Car il faut du courage pour être pauvre, c'est-à-dire détaché et libre des biens de ce monde. Il faut du courage pour pleurer ses péchés et prendre résolument la voie de la conversion. Il faut du courage pour être doux, dans un monde violent. Il faut du courage pour rechercher la justice – c'est-à-dire la sainteté – dans une société qui trop souvent exalte le faux et le laid. Il faut du courage pour faire miséricorde, et pour être des témoins du pardon. Il faut du courage pour être pur, et mener aujourd’hui le combat olympique de la pureté. Il faut du courage pour être un artisan de paix, et rechercher l’entente, dans la vérité et non dans la compromission. Il faut du courage pour affronter les persécutions pour le Royaume, pour endurer les insultes et les calomnies, et pour être des témoins sereins et fermes de Jésus. Enfin, il faut du courage pour vivre cette « grande épreuve » dans la joie, comme nous le demande Jésus : « Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

Les saints ont été des hommes et des femmes, des jeunes et des enfants, courageux. Ils ont eu du courage parce qu’ils se sont appuyés sur Dieu, et qu’ils ont vécu en enfants de Dieu. Benoît XVI disait que les saints sont « de véritables étoiles dans le firmament de l’histoire. » Et il ajoutait : « Pour moi, ce sont non seulement certains grands saints que j’aime et que je connais bien qui "indiquent la voie", mais précisément les saints simples également, c’est-à-dire les personnes bonnes que je vois dans ma vie, qui ne seront jamais canonisées. Ce sont des personnes normales, pour ainsi dire, sans héroïsme visible, mais dans leur bonté quotidienne, je vois la vérité de la foi. Cette bonté, qu’elles ont mûrie dans la foi de l’Eglise, est pour moi la plus sûre apologie du christianisme et le signe qui indique où se trouve la vérité. » [BENOÎT XVI, Audience générale, 13 avril 2011]

Mais saint Jean nous indique ensuite la source du courage de cette foule immense : ils ont blanchi leur robe dans le sang de l’Agneau. La source du courage, de notre courage, est la Croix de Jésus. Car le Fils de Dieu a donné sa vie pour nous. Et il est ressuscité. Il nous indique ce chemin par sa dernière parole à ses apôtres avant sa Passion : « Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde » (Jn 16, 33).

Après avoir décrit cette foule immense de saints vêtus de blanc, saint Jean aura une autre vision : une femme, dont la blancheur est telle qu’elle est décrite comme revêtue du soleil (cf. Ap 12). La Vierge Marie, Notre Dame des Neiges, est notre modèle de sainteté. Elle est notre modèle de courage. Un courage non en paroles, mais en actes. Elle était là, au pied de la Croix, où elle a blanchi sa robe dans le sang de l’Agneau, son Fils. Elle est auprès de chacun de nous en ce temps de la « grande épreuve ». Si nous restons avec elle, nous sommes assurés qu’un jour nous rejoindrons cette foule immense des saints, qui portent dans leur mains les palmes de la victoire. Car l’Agneau a déjà vaincu. Il a fait de son Église – de nous – le peuple des Béatitudes. Demandons en ce jour de traverser avec courage, à notre tour, la « grande épreuve ». Alors nous partagerons l’héritage des saints dans la lumière (cf. Col 1, 12), et nous vivrons avec eux dans la joie et la béatitude éternelles.

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