In Altum

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Un petit-fils de Renan

Publié le dans la rubrique (In Altum n° 133)

« La difficulté, c’est l’unique noblesse. » E. Psichari

 

En ce début du XXe siècle, en proie à de nombreux débats exégétiques et à une remise en cause presque systématique de la foi, s’opèrent un nombre important de conversions. Celle d’Ernest Psichari est peut-être l’une des plus belles.

 Né le 27 septembre 1883, Ernest Psichari fut appelé ainsi en mémoire de son grand-père : Ernest Renan. Voici comment en parle Raïssa Maritain dans "Les grandes amitiés" : « Toute l’ascendance d’Ernest Renan était catholique et bretonne. Mais Renan [avait été] subjugué par le rationalisme romantique du XIXe siècle, dont le triomphe avait été favorisé à la fois par les illusions nées d’un spiritualisme ‘affranchi’ de toute dogmatique religieuse et par l’abaissement de la pensée philosophique et théologique. » Renan, dans sa préface à sa "Vie de Jésus" écrivait : « Parce qu[e les Évangiles] racontent des miracles, je dis : ‘Les Évangiles sont des légendes. Si le surnaturel existe, mon livre est un tissu d'erreur.’ »

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 C’est dans ce contexte que grandit Psichari. À l’âge de vingt ans, il s’engage dans l’armée. La discipline qu’il y découvre l’oriente vers une vie généreuse. Soutenu dans sa recherche de la vérité par son fidèle ami, Jacques Maritain (photo), converti depuis peu, il est régulièrement sollicité sur les questions de la foi. Une lettre qu’il reçoit alors qu’il est en campagne en Afrique le marque profondément. Elle porte ces mots : « Nous avons prié pour toi du haut de la sainte montagne [La Salette]. Il semble qu’elle pleure sur toi, cette Vierge si belle, et qu’elle te veut. Ne l’écouteras-tu point ? »

 Commence alors pour Ernest cette longue conversion qui lui vient du silence de l’Afrique, où Dieu parle à son cœur. Il consigne dans un journal, Les voix qui crient dans le désert, son itinéraire spirituel.

 Dans ce journal, on trouve une réponse à son grand-père : « Quand je pense au problème de la foi, aucune des difficultés soulevées par l’exégèse moderne n’arrive à m’émouvoir. Les prétendues ‘contradictions des synoptiques’ ne servent qu’à ceux qui sont, dès l’abord et avant tout examen, décidés à nier le surnaturel. Si ignorant que je sois, je sens bien que d’aussi misérables discussions ne sauraient entraîner une conviction, quelle qu’elle soit. En fait – toute la question est là – il s’agit de savoir si l’on désire un certain fond moral, un certain rejaillissement de l’âme, une sorte d’innocente pureté. Il s’agit de savoir si l’on a le goût du ciel, ou non ; si l’on désire de vivre avec les anges, ou avec les bêtes ; si l’on a la volonté de s’élever, de se spiritualiser sans cesse. »

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 À son retour en France en 1912, Psichari se définit comme « catholique sans la grâce ». Cette grâce, il l’obtient peu de temps après, à la prière de la famille Maritain, après une confession générale, sa première Communion et sa Confirmation, début 1913. Il prend alors le nom de Paul, pour réparer les outrages du livre écrit par son grand-père sur l’Apôtre des nations.

 Psichari couronna sa vie en offrant son sang en sacrifice pour la patrie. Il mourut au front, à la tête de ses hommes, le 22 août 1914, en l’octave de l’Assomption de la bienheureuse Vierge Marie.

Crédits photos :

Source wikimédia > ici le lien

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