Les derniers conciles du 1er millénaire : richesse d'une Eglise unie

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Récollection de foyers 2018-2019 - 4e Trim. 2018

Enseignement 1/3 (P. Bernard)

L'unité, principe de force et de vie pour l'Eglise et la famille

I) LES DERNIERS CONCILES DU PREMIER MILLÉNAIRE : RICHESSES D'UNE EGLISE UNIE, RESPIRANT AVEC SES DEUX POUMONS.

Bien chers amis, nous avons approfondi, l’année dernière en nos récollections de Foyers, la question du développement du dogme pour vous faire découvrir la beauté de notre Foi et demeurer fidèles à cette Foi. Le programme de cette année sera différent. Il continuera l’approfondissement commencé, apprécié par un certain nombre d’entre vous, mais pour la première causerie seulement. Les deux autres causeries ne concerneront pas le dogme, mais des approfondissements qui concernent votre vie d’époux et de parents. Nous espérons que ce programme répondra aux attentes des anciens et des nouveaux.

            Le choix du thème de cette première récollection est d’actualité : l’unité dans la vérité et la charité. Notre Fondateur, comme Jean-Paul II, avait la passion de l’unité dans la vérité et la charité. Il rappelait souvent la prière de Jésus dans le chapitre 17 de Saint Jean : « qu’ils soient UN pour que le monde croie ». L’unité dans la vérité et la charité aura comme fruits : la joie, la paix et l’amour ! La Vierge Marie a inspiré cette locution au prêtre italien, Don Gobbi, le 18 octobre 1975 : « Un jour, mon Adversaire croira pouvoir chanter sa victoire totale : sur le monde, sur l'Église, sur les âmes. C'est alors seulement que J'interviendrai — terrible et victorieuse —afin que sa défaite soit d'autant plus grande que plus assurée aura été sa certitude d'avoir vaincu pour toujours. Ce qui se prépare est tellement grand qu'il n'y a jamais eu rien de tel depuis la création du monde : c'est pourquoi tout a déjà été prédit dans la Bible. Celle­ci a déjà annoncé la lutte terrible entre Moi — « la Femme revêtue du soleil » — et le Dragon rouge, Satan, qui réussit à séduire beaucoup de monde même par l'erreur de l'athéisme marxiste. Elle a également annoncé la lutte des anges et de mes enfants, contre les partisans du Dragon, conduits par les anges rebelles. Elle a surtout clairement annoncé ma victoire complète. Vous, mes fils, vous êtes appelés à vivre ces événements… Avant tout, il est nécessaire que mon Ennemi ait l'impression d'avoir tout conquis, d'avoir désormais toute chose en ses mains. C'est pourquoi il lui sera permis de s'introduire à l'intérieur de mon Église et il réussira à obscurcir le sanctuaire de Dieu ». La Vierge Marie, cependant, nous invitait à ne pas nous décourager : «Soyez sereins, soyez dans la joie. Ce n'est pas la fin pour mon Église ; mais c'est le début de son total et merveilleux renouvellement qui se prépare. Dans la joie ? Me demanderez­vous, étonnés. Oui, mes enfants, dans la joie de mon Cœur Immaculé qui vous enclôt tous. Mon Cœur de Maman sera pour vous le lieu de votre paix, alors qu'au dehors, se déchaînera la plus grande tempête ». Cinq années plus tôt, la Vierge Marie à Akita, au Japon, avait dit à une religieuse, le 13 Octobre 1973 : «Chaque jour, récitez les prières du Rosaire. Avec le Rosaire, priez pour le Pape, les évêques et les prêtres. Le travail du diable s'infiltrera même dans l'Église de manière que l'on verra des cardinaux s'opposer à des cardinaux, et des évêques contre d'autres évêques. Les prêtres qui me vénèrent, seront méprisés et combattus par leurs Confrères. L'Église et les autels seront saccagés. L'Église sera pleine de ceux qui acceptent des compromissions et le démon pressera de nombreux prêtres et des âmes consacrées à quitter le service du Seigneur. Le démon va faire rage en particulier contre les âmes consacrées à Dieu. La pensée de la perte de tant d'âmes est la cause de ma tristesse… » L'évêque dont dépend Akita a reconnu ce message, reprenant celui que la Vierge Marie avait donné à Garabandal, en Espagne, le 18 juin 1965 et que le Padre Pio avait reconnu. Dans la consigne de cordée du mois de septembre, nous avons cité Mère Marie-Augusta : « Le temps presse. Les démons sont déchainés à travers ce monde perverti. Les cœurs sont pleins de désirs de vengeance, de crimes horribles. Et cependant, au milieu d'eux, s'élève droit, fort, impératif : l'amour. C’est Jésus dans ses amis fideles». Soyons les amis fidèles de Jésus et aidons-Le à sauver ce monde en œuvrant pour l’unité de l’Eglise ! Pour Mère Marie-Augusta, s’il fallait des centaines de mécréants pour pervertir une population, il suffisait d’un apôtre véritable, d’un seul pour sauver le monde entier du naufrage. Exerçons l’apostolat irrésistible de l’Amour, exerçons le combat olympique de la pureté, hâtons le triomphe du Cœur Immaculé de Marie.

  • RÉSUMÉ DE CE QUE NOUS AVONS APPROFONDI ANNÉE DERNIÈRE

Nous avons voulu vous faire découvrir, par les premiers grands Conciles de l’Eglise, que le dogme n’avait ni appauvri, ni trahi la Foi, mais l’avait protégée en la gardant des hérésies et en permettant une meilleure compréhension des mystères. Depuis le début de l’Eglise, Satan s’est acharné contre Jésus, l’évangile et l’Eglise. Il a inspiré, dès la fin du premier siècle, des intellectuels pour remettre en question le mystère de l’Incarnation. L’apôtre Saint Jean a répondu avec clarté aux premières hérésies : le Verbe s’est fait chair ! Jésus n’est pas seulement un homme, Il est vrai Dieu et vrai homme ! Après le temps des grandes persécutions, qui n’ont pris fin qu’en l’an 313 avec l’édit de Milan, est née la grande hérésie de l’arianisme. Le prêtre Arius enseignait que Jésus n’était pas Dieu, mais la première créature du Père. Cette hérésie remettait gravement en question la Foi chrétienne. Le Concile de Nicée, en 325, proclama que le Christ était « consubstantiel » au Père. Le mot « consubstantiel », en grec « homoousios » est l’essentiel du dogme de Nicée. Il signifie que le Verbe, le Fils de Dieu, participe intégralement à l’Être divin. Le Concile de Constantinople en 381 a complété  la profession de Foi de Nicée en proclamant que l’Esprit-Saint participait intégralement Lui-aussi à l’Être divin. Ainsi, nous croyons en un Seul Dieu en Trois Personnes. Le Concile d’Ephèse, en 431, a proclamé dogmatiquement que la Vierge Marie était la Mère de Dieu ! Ce dogme est très important : la Vierge Marie n’est pas seulement la mère du corps de Jésus. La maternité est une relation entre la mère et le fils, aussi la Vierge Marie est Mère de la personne de Jésus, qui est le Verbe incarné. Elle peut donc la proclamer : Mère de Dieu. Cette proclamation ouvrait la voie à l’accomplissement du dogme christologique par le Concile de Chalcédoine en 451 : Jésus est la Personne divine du Fils possédant deux natures : la nature divine et la nature humaine. Il est consubstantiel à son Père selon la divinité, Il est consubstantiel à nous selon l’humanité. Comprenons l’importance de ce développement dogmatique pour rester fidèles à la Foi de l’Eglise. En recevant Jésus Eucharistie, je suis en communion avec l’humanité ressuscitée de Jésus, mais aussi avec sa divinité. Jésus, vrai Dieu et vrai homme, me permet d’être en communion avec Dieu Son Père et avec le Saint-Esprit.

  

  • LE CONCILE CONSTANTINOPLE II (553).

Le cinquième Saint Concile Œcuménique a réuni à Constantinople, du 5 mai au 2 juin 553, 165 évêques. C’est l’Empereur Justinien qui l’a convoqué. Cet empereur était en conflit avec le Pape Vigile. Ce 2e Concile de Constantinople a rappelé avec autorité et clarté l’enseignement dogmatique des 4 premiers Conciles, mis en danger par Théodore de Mopsueste (+ 428), Théodoret de Cyr et Ibas d'Édesse. Théodore de Mopsueste, chef de file de l'École d'Antioche, en était venu à rejeter la possibilité d'une union réelle du créé et de l'incréé dans la Personne du Christ. Le Concile a rejeté la spéculation philosophique dans les questions de dogme et a affirmé que l'Église a son mode propre – qui remonte aux apôtres ! – pour interpréter le Mystère du Christ. Ainsi Constantinople II confirme ce que nous avons dit, l’année dernière : le dogme n’est pas une philosophie, une idéologie, une «hellénisation» de la Foi, mais l’adoption de concepts précis pour dire sans erreur cette Foi dans la fidélité à l’évangile et au symbole des apôtres. Ces concepts précis, rappelons-le, ont été adoptés sous l’inspiration du Saint-Esprit. Le chrétien qui refuse de les professer est considéré par l’Eglise comme un hérétique et encourt la condamnation de l’anathema Sit !

Constantinople II a aussi écarté l'origénisme, qui a systématisé certaines idées audacieuses du grand maître alexandrin, Origène. Tous les Pères de l'Église ont lu Origène, qui était plus réservé que les origénistes. Il était soumis à la doctrine de l'Église. Nombre des propositions « origénistes » se trouvent contredites par des passages de l’œuvre d’Origène.  L’origénisme imaginait la préexistence des âmes et leur retour, après la vie terrestre, à leur état premier (apocatastase) : c'était une gnose dérivée du platonisme. Cette condamnation de l’origénisme révèle encore que les dogmes promulgués par les Conciles sont vraiment indépendants des idéologies ou des philosophies.

 

  • LE CONCILE CONSTANTINOPLE III (680-681).

Ce Concile mit fin à la querelle monothélite = une seule volonté, qui avait commencé au début du VIIe siècle. Le monothélisme se distingue d’une autre hérésie : le monophysisme = une seule nature dans le Christ. Cette dernière hérésie avait été condamnée au Concile de Chalcédoine. Mais après Chalcédoine, le monophysisme a évolué en monothélisme : le Christ a bien deux natures parfaites, divine et humaine ; mais, s'il n'est qu'une seule personne, ne faut-il pas lui reconnaître aussi une seule « énergie » (opération) et une seule volonté ? Puisque les deux natures agissent ensemble, Sergius, patriarche de Constantinople, crut pouvoir n'admettre qu'une seule énergie, une seule volonté, théandrique, c'est-à-dire qui soit à la fois divine et humaine (619). Comprenons la complexité de cette question théologique. Si Jésus n’a pas une volonté humaine, il n’est pas un vrai homme !

L'empereur Héraclius, soucieux de sauvegarder l'unité de l'Empire — menacée par les invasions barbares, les guerres avec les Perses, les conquêtes de l'Islam, qui avait déjà envahi la Syrie, la Palestine et l'Égypte —, crut pouvoir rallier les monophysites de Syrie et d'Égypte sur la base du monoénergisme (une seule opération). En 629-633, les monophysites de Syrie, d'Arménie, d'Égypte (avec le patriarche d'Alexandrie, Cyrus) se rallièrent en effet à Constantinople. Un moine palestinien devenu patriarche de Jérusalem, Sophronius, s'opposa vigoureusement à cette doctrine en contradiction avec Chalcédoine. Le Patriarche de Constantinople, Sergius, réussit à circonvenir le pape Honorius qui, mal informé et méconnaissant sans doute la gravité du problème, se contenta de demander qu'on évitât les controverses inutiles et les expressions nouvelles et qu'on pût parler aussi bien d'une opération que de deux (634). Héraclius à son tour enseigna officiellement le monophysisme. Une cinquantaine d’années plus tard, l’Empereur Constantin IV, avec le plein consentement du Pape Agathon, convoqua le sixième Concile œcuménique à Constantinople. À son ouverture, le 7 novembre 680, le concile réunissait une centaine d'évêques, et à la session finale cent soixante-quatorze. Ils étaient presque tous grecs. L'assemblée se déclara elle-même «œcuménique» à sa première session. L'empereur lui-même présida les onze premières sessions et la dernière. Le monothélisme fut défendu avec détermination par Macaire d'Antioche, qui fut anathématisé et destitué à la fin de la neuvième session (7 mars 681).

Les condamnations furent d'une grande rigueur : furent déclarés hérétiques à titre posthume quatre patriarches de Constantinople (Serge Ier et ses trois successeurs), Théodore de Pharan, le patriarche d'Alexandrie Cyrus de Phase et le pape Honorius Ier, condamné pour sa faiblesse dans la lutte contre l'hérésie. La principale conclusion doctrinale fut donc que Jésus avait deux volontés, de la même manière qu'il avait deux natures, l'une divine et l'autre humaine, et que ces deux volontés n'entraient pas en conflit l'une avec l'autre. Nous sommes, ne l’oublions pas, devant un grand mystère : celui du mystère de l’Incarnation. Il est difficile de pleinement comprendre comment s’exercent les deux volontés de Jésus sans s’opposer. Après Constantinople III, nous devons affirmer – c’est le dogme !- que Jésus, l’unique Personne divine du Fils, exerce la Volonté divine lorsqu’Il veut dans la nature divine et Il exerce sa volonté humaine lorsqu’Il veut dans sa nature humaine. Lorsque Jésus dit à la mer : « tais-toi » et que la mer se tait, ne sommes-nous pas en présence de la Volonté divine ? Lorsque Jésus dit à un aveugle, à un sourd, à un lépreux ou à un paralytique : « Je le veux, sois guéri » ; lorsqu’Il dit au cadavre de Lazare, depuis 4 jours dans le tombeau : « Lazare, sors » ; lorsqu’il dit : « et Moi, Je te pardonne tes péchés ! », est révélée la Volonté divine de Jésus ! La volonté humaine, en effet, n’a pas de pouvoir pour faire taire la mer ; guérir instantanément un aveugle, un sourd, un lépreux ; ressusciter un mort ou pardonner les péchés que Dieu Seul peut pardonner. Au Jardin des Oliviers, par contre, est révélée la volonté humaine de Jésus, qui demande à Son Père que le Calice de la Passion s’éloignât loin de Lui. Mais si le dogme nous enseigne sans erreur que Jésus possède deux volontés, qui n’entrent pas en conflit et dont le sujet est son unique Personne divine, nous devons être très prudents pour parler de ce mystère qui nous dépasse. Notre Fondateur nous disait alors que, jeunes novices, nous nous passionnions trop en des débats de table qui n’en finissaient animés : « si Jésus pouvait vous parler, Il vous dirait que vous n’y comprenez pas grand-chose ! » Soyons humbles et enfants, adhérons à la Foi de l’Eglise sans comprendre parfaitement - au sens de saisir totalement tous les aspects ! - le mystère de la Trinité et de l’Incarnation.

 

  • SECOND CONCILE DE NICÉE (787).

Le Père Dumeige, dans la Foi catholique (FC 511), écrit : « Le VIIIe siècle fut occupé par la querelle des images, dont on peut sans doute trouver des prodromes dans l’hérésie monophysite. Ce sont probablement les pauliciens, manichéens d’Asie, nombreux dans l’armée byzantine, qui introduisirent l’iconoclasme à Constantinople. Certes, le culte des images donnait alors parfois lieu en Orient à des exagérations condamnables, et quelques Pères de l’Eglise, assez rigoristes, allaient jusqu’à redouter un risque d’idolâtrie. La crise commença sous le règne de l’Empereur Léon III l’Isaurien qui, en 730, fit détruire les icônes, objet de la ferveur byzantine ; cet acte suscita une vive opposition et plusieurs condamnations romaines ». En 754, l’Église particulière byzantine a solennellement reconnu l'iconoclasme comme doctrine officielle lors du concile de Hiéreia. « Il fallut attendre l’accession au pouvoir de l’impératrice Irène, favorable aux images et désireuse aussi de renouer avec Rome, pour que la querelle fut soumise à un Concile général, qui se tint à Nicée ». Les empereurs Irène et Constantin convoquèrent un Concile. Nicée fut choisie, car Constantinople restait une cité agitée où iconomaques et iconophiles pouvaient en venir aux mains et gêner le travail du concile. De plus, Nicée n’était pas éloignée de Constantinople et elle avait abrité le premier des conciles œcuméniques. Le concile, se tenant dans la cathédrale Sainte-Sophie de la ville, serait présidé par le patriarche Taraise. L'assemblée est nombreuse, ce qui est nécessaire, car il faut surpasser en légitimité le concile de Hiéreia, qui avait rassemblé 338 évêques. A Nicée, on arrive à un chiffre total de 365 évêques. 37 seulement sont venus d'Europe, dont un fort contingent de Sicile. L'essentiel venait d'Asie Mineure. Le pape Adrien Ier fut représenté par deux légats, tous deux nommés Pierre. Les patriarches orientaux, bien que dûment convoqués, n'ont pu, en raison de la guerre entre l'Empire byzantin et le califat musulman, ni venir, ni se faire vraiment représenter. Sont en plus présents 132 moines, tous de l’Orient. Aucun d'Occident.

La crise iconoclaste opposait alors deux conceptions théologiques à propos des images du Christ: selon les iconoclastes (« ceux qui brisent les images »  = les icônes du Christ, de la Vierge et des saints), les images étaient nécessairement hérétiques, puisqu’il n’y a qu’une seule nature dans le Christ=la nature divine. Leurs opposants, les iconodules, considèrent les icônes comme des signes visibles de la sanctification de la matière rendue possible par l’incarnation du Christ.

« Nous définissons que … comme les représentations de la Croix précieuse et vivifiante, aussi les vénérables et saintes images, qu’elles soient peintes, en mosaïque ou de quelque autre matière appropriée, doivent être placées dans les saintes églises de Dieu, sur les saints ustensiles et les vêtements, sur les murs et les tableaux, dans les maisons et les chemins, aussi bien l’image de Dieu notre Seigneur et notre Sauveur Jésus-Christ que celle de notre Dame immaculée, la sainte mère de Dieu, des saints anges, de tous les saints et des justes. En effet, plus on regardera fréquemment ces représentations imagées, plus ceux qui les contempleront seront amenés à ses souvenir des modèles originaux, à se porter vers eux, à leur témoigner, en les baisant, une vénération (proskunésis = adoration) respectueuse, sans que ce soit une adoration (latreia=culte d’adoration dû à Dieu seul) véritable selon notre foi, qui ne convient qu’à Dieu seul… Quiconque vénère une image, vénère en elle la réalité qui y est représentée ». Ainsi, contre les iconoclastes, et tout en se montrant clément envers eux, le concile reconnut le bien-fondé de la vénération des images et ordonna leur rétablissement dans toutes les églises de l’Empire romain.

Comprenons l’importance toujours actuelle de ce Concile Nicée II pour la Liturgie et pour le culte de la Vierge Marie et des Saints aujourd’hui. Le protestantisme a supprimé les statues et les images dans les églises. Ne nous laissons pas influencer. Faisons comprendre qu’en priant devant la statue de la Vierge Marie, nous n’adorons pas la statue mais nous vénérons en cette statue en pierre et par cette statue, en plâtre ou en bois, la personne de la Vierge Marie, Mère de Dieu, Mère de l’Eglise et notre Mère. Puisse aussi cette période violente de l’Histoire de l’Eglise en Orient nous aider à comprendre l’impact d’une hérésie sur la vie de l’Eglise, le culte, la paix entre les baptisés. Dans le Judaïsme et dans l’Islam, on ne représente pas la divinité et on n’a pas le droit de donner un culte à des statues ou à des images.

 

  • LE CONCILE CONSTANTINOPLE IV (869-870).

Le Père Dumeige écrivait (FC320) : « La querelle iconoclaste, apparemment réglée par Nicée II, rebondit 25 ans plus tard. Durant 30 années, trois empereurs asiatiques réunirent des conciles iconoclastes et persécutèrent les patriarches et les moines défenseurs des images. C’est encore une impératrice, Théodora, venue au pouvoir en 842, qui arrêta la persécution. Le conflit toutefois était loin d’être apaisé… le IVe Concile de Constantinople était nécessaire.  Le 8e Concile ne fut pas convoqué pour répondre seulement à la question des images mais aussi pour faire face à un schisme : en 858 l'empereur byzantin Michel III avait déposé le patriarche Ignace de Constantino-ple pour le remplacer par Photius. Le pape Nicolas Ier refusa de reconnaître cette nomination. Photius reprocha alors au pape d'avoir falsifié le symbole de Nicée par l'ajout du filioque, et alla jusqu'à l'excommunier.

Le concile de Constantinople IV se tint en dix sessions dans la cathédrale Sainte-Sophie : huit du 5 octobre au 5 novembre 869, qui furent des réunions restreintes (12 évêques présents à la première, 22 à la seconde, 24 à la troisième), et deux autres les 12 et 28 février 870, qui furent des réunions plus larges (plus de 100 évêques à la dernière). La dernière session interdit toute fonction ecclésiastique à Photius et aux prêtres ordonnés par lui. Le canon 3 redit la légitimité du culte des images : «Nous décidons que l’image sacrée de NSJC, libérateur et sauveur de tous les hommes, doit être vénérée avec autant d’honneur que le livre des saints évangiles. Car de même que, grâce aux paroles que contient ce livre, nous arrivons tous au salut, de même, grâce à l’action qu’exercent ces images en leurs couleurs, tous, savants et ignorants, en tirent un utile profit. Ce qui nous est dit par les mots, l’image nous l’annonce et nous le fait valoir par les couleurs. Il est convenable, conformément à la raison et à la plus ancienne tradition, puisque l’honneur est reporté sur le sujet principal, d’honorer et de vénérer les images qui en dérivent, comme le livre sacré des saints évangiles et comme l’image de la précieuse Croix… »

Constantinople IV a aussi condamné la doctrine répandue à Constantinople selon laquelle l'homme aurait deux âmes : une âme sensible et une âme raisonnable. Le Concile a affirmé dogmatiquement que l’homme a une seule âme raisonnable et intellectuelle.

Constantinople IV a, enfin, affirmé l’importance de la Tradition que les Pères, dit le Père Dumeige, n’hésitent pas à considérer, à la suite du Pseudo-Denys, comme distincte de l’Ecriture. « Ces traditions que nous avons reçues oralement ou par écrit des saints qui ont brillé jadis, Paul, le grand Apôtre, nous avertit nettement de les garder ».

            Rappelons enfin que Constantinople IV a condamné le schisme oriental de Photius et rétablit l’entente entre Rome et Constantinople. Mais moins de 200 ans plus tard, le schisme sera déclaré entre Rome et Constantinople en 1054.

 

  • HISTOIRE DE L’EGLISE D'OCCIDENT DEPUIS L’INVASION DES BARBARES.

Le développement du dogme - avec les Conciles dont nous venons de parler - n’est pas suffisant pour comprendre tous les défis que nos frères chrétiens ont dû affronter en ces périodes troublées. Ces défis, il est important d’en dire un mot afin, d’être à notre tour, forts et confiants en la Grâce de Dieu pour affronter les défis qui sont les nôtres en ce temps de grande tempête.

En 476 l'Empire Romain d'Occident fut envahi par « les barbares » ariens ou païens. Le travail de l'Église, après la chute de l’Empire romain d’Occident, sera de les évangéliser et de les civiliser. Les Francs se convertiront avec Clovis, qui recevra le baptême en la nuit de Noël 496. La France est appelée, du fait de ce baptême, la Fille aînée de l’Eglise. Les peuples Anglos-Saxons, Slaves, Scandinaves, Baltes et Magyars seront eux aussi évangélisés et, à la fin du premier millénaire, toutes les Nations européennes seront chrétiennes !

Au VIème siècle est né le monachisme bénédictin, qui a fait fleurir autour des monastères des îlots de paix, de tranquillité, culture et prospérité. Au VIIème siècle, l'action missionnaire des moines irlandais et écossais fut d'une grande importance sur tout le continent et au VIIIème siècle, ce sera celle des Bénédictins anglais. Ce siècle vit la fin de l'étape de la patristique avec les deux derniers Pères de l'Église, s. Jean Damascène en Orient et s. Bède le Vénérable en Occident.

Aux VIIème-VIIIème siècles l'Islam naît en Arabie; après la mort de Mahomet, les Arabes se sont lancés dans une série de guerres de conquête qui les ont conduits à constituer un très vaste Empire : ils mirent sous leur joug les peuples chrétiens d'Afrique du Nord et de la Péninsule Ibérique et ils séparèrent le monde byzantin du monde latino-germanique. Durant environ 300 ans, ils ont été un fléau pour les peuples de l'Europe méditerranéenne à cause des incursions, des raids, des sacs et des déportations réalisées de façon systématique et continue.

A la fin du VIIIème siècle le pouvoir temporel de la papauté (les Etats Pontificaux) s'est institutionnalisé, alors qu'il existait de fait depuis la fin du VIème siècle, pour combler le vide de pouvoir créé en Italie centrale par le désintérêt du pouvoir impérial byzantin, souverain en titre dans la région mais incapable de s'occuper de l'administration et de la défense de la population. Avec le temps, les papes se rendirent compte qu'un pouvoir temporel limité était une garantie efficace d'indépendance à l'égard des différents pouvoirs politiques : cela se réalisera avec les Etats Pontificaux.

Dans la nuit de Noël 800, l'Empire d'Occident (le Saint Empire Romain) fut restauré : le pape couronna Charlemagne dans la basilique s. Pierre ; ainsi naquit un Etat catholique aux aspirations universelles, caractérisé par une forte sacralisation du pouvoir politique et un entremêlement complexe de politique et de religion qui durera jusqu'en 1806. Cette restauration aura, c’est évident, un impact négatif sur l’Empire romain qui subsistait à Byzance.

Au Xème siècle (le siècle de Fer) la papauté a connu une grave crise à cause des interférences des familles nobles d'Italie centrale sur l'élection du pape; plus généralement les rois et seigneurs féodaux s'approprièrent la nomination de nombreuses charges ecclésiastiques.

En 1054 le patriarche de Constantinople Michel Cérulaire scella la séparation définitive des Grecs de l'Église Catholique (Schisme d'Orient) : ce fut le dernier épisode d'une histoire de fractures et de disputes commencées dès le Vème siècle, et due en partie aux graves interférences des empereurs romains d'Orient dans la vie de l'Église (césaropapisme). Ce schisme affecta tous les peuples dépendant du patriarcat de Constantinople et jusqu'à maintenant il touche encore les Bulgares, les Roumains, les Ukrainiens, les Russes et les Serbes. (cf. Site : http://pst.chez-alice.fr/histegli.htm).

Cette incomplète synthèse historique était importante pour montrer que l’unité du premier millénaire entre Orient et Occident n’était pas l’unanimité de la première Eglise de Jérusalem, un seul cœur et une seule âme, mais cette unité du premier millénaire a été donnée en exemple par Jean-Paul II.

 

  • EXTRAITS DE L’ENCYCLIQUE « UT SINT UNUM » DE JEAN-PAUL II.

« Dans sa perspective historique, écrivait JP II (55) dans son Encyclique, le décret conciliaire Unitatis redintegratio rappelle l'unité qui fut vécue, malgré tout, pendant le premier millénaire, et qui, en un sens, fait figure de modèle. «Le saint Concile se plaît à rappeler à tous qu'en Orient brillent plusieurs Eglises particulières ou locales, parmi lesquelles les Eglises patriarcales occupent la première place et dont un certain nombre ont la gloire d'avoir été fondées par les Apôtres eux-mêmes». La route de l'Eglise a commencé à Jérusalem le jour de la Pentecôte et tout son premier développement dans l'oikoumenè de cette époque était centré autour de Pierre et des Onze (Ac 2, 14). Les structures de l'Eglise en Orient et en Occident se formaient donc à partir de ce patrimoine apostolique. Son unité, dans les limites du premier millénaire, était maintenue dans ces mêmes structures par les Evêques, successeurs des Apôtres, en communion avec l'Evêque de Rome. Si nous cherchons aujourd'hui, au terme du deuxième millénaire, à rétablir la pleine communion, c'est à l'unité ainsi structurée que nous devons nous référer. Le décret sur l'œcuménisme met en valeur un autre aspect caractéristique grâce auquel toutes les Eglises particulières demeuraient dans l'unité, c'est-à-dire « le souci attentif de conserver dans une communion de foi et de charité les relations fraternelles qui doivent être en honneur entre les Églises locales, comme entre des sœurs »… Cette vie d'Eglise sœur, nous l'avons vécue durant des siècles, célébrant ensemble les conciles œcuméniques qui ont défendu le dépôt de la foi contre toute altération. Maintenant, après une longue période de division et d'incompréhension réciproque, le Seigneur nous donne de nous redécouvrir comme Eglises sœurs, malgré les obstacles qui furent alors dressés entre nous »… Le Concile ne s'en tient pas à mettre en évidence tout ce qui rend les Eglises d'Orient et d'Occident semblables entre elles. Conformément à la vérité historique, il n'hésite pas à affirmer: « Il n'est pas étonnant que certains aspects du mystère révélé soient parfois mieux saisis et mieux mis en lumière par une partie que par l'autre, si bien qu'il faut dire que souvent ces formulations théologiques différentes sont davantage complémentaires qu'opposées entre elles ». L'échange des dons entre les Eglises, dans leur complémentarité, rend féconde la communion.

Puisse cette première causerie nous permettre de mieux comprendre les causes des divisions entre nos Eglises particulières et la Volonté Dieu : la réalisation plénière de la prière de Jésus : « Qu’ils soient UN pour que le monde croie » (Jn 17).  Cette unité ne peut se faire que dans la Vérité et la Charité.        L’unité dans la Vérité exige la fidélité intégrale à la Foi de l’Eglise et aux dogmes promulgués par le Magistère extraordinaire.

L’unité dans la charité demande à chaque Eglise particulière de considérer les autres Eglises comme ses Sœurs. Mais si les Eglises particulières sont Sœurs, l’Eglise universelle, quant à elle, n’a pas de Sœur. Elle est l’Eglise Une, Sainte, Catholique et Apostolique fondée par Jésus qui contient en son sein toutes les Eglises particulières qui sont en communion avec l’Eglise de Rome. Nous avons commencé notre récollection en parlant de la grande tempête que l’Eglise de Jésus affronte. Cette tempête est, ne l’oublions pas, le grand combat de l’Enfer contre l’Eglise. Satan veut détruire l’Eglise de Jésus et Il veut régner à la place du Christ, le Seigneur des seigneurs et le Roi des rois. Satan est l’Anti-Christ. Ne nous effrayons pas, ne perdons ni la Foi, ni l’Espérance et ni la Charité, mais consacrons-nous avec confiance au Cœur Immaculé de Marie. Dieu veut triompher de Satan par le Cœur Immaculé de Marie, qui est le Cœur de la Reine du Ciel à qui Jésus fait participer Sa Royauté. Prions, souffrons et offrons pour hâter le triomphe du Cœur Immaculé de Marie et rappelons encore la conviction de Mère Marie-Augusta qui doit être inscrite en nos cœurs et qui nous permettra de ne pas faire naufrage mais de rester dans le bateau qu’est l’Eglise : « Le temps presse. Les démons sont déchainés à travers ce monde perverti. Les cœurs sont pleins de désirs de vengeance, de crimes horribles. Et cependant, au milieu d'eux, s'élève droit, fort, impératif : l'amour. C’est Jésus dans ses amis fideles ».

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