L'amour qui va jusqu'au bout

Publié le par

Homélie du Dimanche 23 février 2020

7e Dimanche du Temps Ordinaire

1 - La Sagesse du discours sur la montagne

Jésus dans son sermon sur la montagne bouscule notre idée de la sagesse ; car comme le dit saint Paul la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. Pourtant cette sagesse selon le monde nous tente et nous fait dire : cette fois-ci je ne peux pas pardonner, je ne peux pas me laisser faire ! Pourquoi Jésus demande-t-il d’aimer ses ennemis à ce point, c'est-à-dire d’un amour qui dépasse les capacités humaines.

Dans un premier temps à la suite de Gandhi on peut dire que si l’on pratique « œil pour œil, dent pour dent », le monde entier sera bientôt aveugle et édenté.  Mais plus profondément encore il est réaliste, comme le disait Benoît XVI, que devant la masse d’injustice et de violence en ce monde « on ne peut dépasser cette situation qu’en lui opposant un surplus d’amour, un surplus de bonté ». Est-ce de la folie ? Oui, c’est la folie de Dieu, c’est la folie de la Croix qui manifeste l’amour qui va jusqu’au bout et qui par sa puissance est capable de mettre un terme à la spirale de la haine destructrice, de rétablir la paix et de construire quelque chose de plus beau.

2 - Un amour qui va jusqu'au bout

Comme nous venons de le dire cet amour dépasse nos capacités humaines mais saint Paul nous rappelle en ce jour : « N'oubliez pas que vous êtes le temple de Dieu et que l'Esprit de Dieu habite en vous ? ». Par notre baptême et la vie sacramentelle, nous avons reçu un cœur nouveau, un esprit nouveau. Par son Esprit, Jésus a déposé en nos cœurs son Esprit lequel nous donne son amour pour aimer jusqu’au bout.

Le pardon des ennemis est vraiment la marque des chrétiens. A travers l’histoire, nous trouvons une multitude de chrétiens qui ont donné un témoignage de pardon à leurs ennemis parce qu’ils étaient vraiment le temple de l’Esprit. Ainsi, après la seconde guerre mondiale, le Fondateur de l’AED, le Père Werenfried était allé prêcher dans une paroisse où les nazis avaient fait beaucoup de mal. Le curé l’avait averti : ici, mes paroissiens ne veulent pas pardonner aux Allemands ! Mais le Père Werenfried croyait à l’évangile ! Il a prêché avec énergie et détermination en disant que si l’on ne pardonnait pas, on ne pouvait pas se dire « chrétien ». Le curé tremblait ! A la fin de la Messe une femme est venue faire un don pour aider les Allemands. Ceux-ci avaient tué son mari, son fils et un autre membre de sa famille !

Jésus nous a donné le remède le plus efficace pour vaincre la haine : le pardon des ennemis ! Le monde aurait sombré mille fois si le Christ n’était pas venu nous enseigner le pardon des ennemis et nous donner son amour pour pardonner. Quand Jésus nous dit : « Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. », il ne prétend pas abolir le droit ni la justice mais il nous demande de vivre l’amour qui va jusqu’au bout, c’est à-dire l’amour qui va au-delà et souvent à l’encontre des sentiments éprouvés. Seul cet amour ouvre les cœurs. Ainsi en a-t-il été avec saint François-Xavier qui obtient sa première conversion au Japon, au pays de l’honneur, en ne répondant pas à un crachat dont il venait d’être l’objet !

3 - Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait

Dans l’évangile de ce jour, nous trouvons encore une autre audace, une folie de Jésus : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Matthieu 5, 48). Cette parole de Jésus n’est pas vraiment une nouveauté. La lecture du Lévitique de ce jour nous rappelle que Dieu avait déjà demandé à Moïse de dire au peuple : « soyez-saints, car moi, le Seigneur votre Dieu je suis saint ». Mais qui peut devenir parfait ? Les apôtres, un jour, demandèrent à Jésus : « Qui peut être sauvé ? Jésus répondit : Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu »  (cf. Lc 18, 26-27)

4 - Pas de sainteté sans combat spirituel : préparons notre entrée en Carême !

Être saint ? Nous le pouvons avec la grâce de Dieu. Mais attention cette grâce, bien que totalement gratuite de la part de Dieu, n’est paradoxalement pas bon marché (Cf. Dietrich Bonhoeffer, Vivre en disciple : le prix de la grâce) . En ce sens que ce n’est pas une grâce qui ne coûte rien. Elle n’est pas un voile qui viendrait couvrir nos péchés dont on ne voudrait pas vraiment se libérer. Péché et grâce ne cohabitent jamais. La grâce de Dieu nécessite notre volonté de renoncer à notre péché, de nous convertir. Il n’y a pas de sainteté sans combat spirituel ! Cette semaine nous entrerons par le mercredi de Cendre dans ce temps béni du carême où l’Eglise veut nous aider à nous détacher du péché et nous renouveler en profondeur. L’imposition des cendres est un sacramental important qui, si nous ne recevons avec le cœur ouvert, donne une force spéciale pour combattre contre le démon, contre l’esprit du monde et contre nos défauts. Entrons aussi dans ce carême en faisant une bonne confession. Croyons en la force de la grâce de Jésus qui peut nous permettre d’être héroïque toute en étant profondément faible. Approchons-nous de Jésus.

Qui accueille Notre Seigneur Jésus-Christ dans sa vie et l'aime de tout son cœur, est capable d'un nouveau commencement. Que la Vierge Marie vienne à notre aide et nous conduise sur le chemin de l’amour de qui va jusqu’au bout et de la perfection-sainteté.

5 - En vidéo !

Que voulez-vous faire ?
Consulter la consigne spitrituelle
Septembre 2020 : forts dans la foi et fiers d...
Prier en direct avec les offices
S'informer de nos actualités
S'inscrire à nos activités
Se former grâce à nos dossiers