L'Ascension de ton Fils est déjà notre victoire !

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Homélie pour l'Ascension

Jeudi 13 mai 2021

Pourquoi est-ce notre victoire ?

L’oraison de ce jour de l’Ascension commence ainsi : « Dieu qui élèves le Christ au-dessus de tout, ouvre-nous à la joie et à l’action de grâce, car l’Ascension de ton Fils est déjà notre victoire. » Nous pouvons nous demander : pourquoi l’Ascension de Jésus serait-elle notre victoire ? En ce jour, c’est l’achèvement de la victoire de Jésus sur la mort, quarante jours après sa résurrection. Mais pourquoi est-ce notre victoire ?

Pour répondre à cette question, il faut repartir de très loin : il faut retourner au jardin de la Genèse, à l’événement du péché originel. Ce premier péché fut réellement notre défaite. Et même la plus grande défaite qui puisse être : l’impossibilité désormais d’accéder au Ciel, car nous nous sommes coupés de Dieu. On pourrait objecter que ce fut la défaite d’Adam, et non la nôtre. En réalité – même si c’est d’une manière mystérieuse, au-delà du temps – nous avons bien une responsabilité, par notre propre péché, dans le péché originel. Le Catéchisme le souligne : « Tous les hommes sont impliqués dans le péché d'Adam. »[Catéchisme de l’Église catholique, nº 402]

 C’est d’ailleurs ce que dit aussi saint Paul : « De même que par un seul homme le péché est entré dans le monde et par le péché la mort, et qu'ainsi la mort est passée en tous les hommes, du fait que tous ont péché… » (Rm 5, 12). Ainsi, la défaite d’Adam et Ève est bien aussi notre défaite : nous n’avons plus accès au Ciel car nous nous sommes coupés de Dieu par le péché. Dès lors cette défaite va durer très longtemps. Le Ciel est fermé. Le royaume est perdu. Les hommes de toutes cultures et de toutes religions vont le chercher par leurs propres forces – ce qui s’avère impossible.

Mais Dieu a préparé un peuple, le peuple élu, durant une longue attente, à recevoir à nouveau le salut : « Tu as multiplié les alliances avec eux, et tu les a formés, par les prophètes, dans l'espérance du salut. » [Prière eucharistique IV]. Au terme de cette longue préparation, Dieu, qui a tant aimé le monde, a envoyé son Fils, le Verbe de Dieu, le Royaume en personne, Jésus, en qui « habite corporellement la plénitude de la divinité. » (Col 2, 9).

Le Fils de Dieu a déchiré les cieux, qui étaient fermés, et il est descendu. Devenu Fils de l’homme, il a souffert, il est mort, il est ressuscité. Et aujourd’hui il remonte aux Cieux. Mais il n’y remonte pas comme avant. L’Ascension n’est pas un « retour à la case départ ». La grande nouveauté – et la victoire – de ce jour, c’est que le Fils de Dieu entre dans les Cieux avec notre humanité. Avec ce corps qui avait été brisé le vendredi saint, et qui est ressuscité le dimanche de Pâques. Ainsi, en ce quarantième jour après sa résurrection, Jésus fait entrer notre humanité auprès de Dieu, et lui rend ainsi ce qu’elle avait perdu par le péché. La grande défaite du péché originel est abolie.

C’est le rétablissement de la plus grande aspiration de l’homme de tous les temps : avoir la possibilité d’accéder auprès de Dieu. Là où plus aucun homme n’avait pu pénétrer à cause du péché, Jésus entre avec son humanité – avec notre humanité. C’est ce que nous dirons dans la préface de ce jour : « [Le Seigneur Jésus] ne s’évade pas de notre condition humaine : mais en entrant le premier dans le Royaume, il donne aux membres de son Corps l’espérance de le rejoindre un jour. »

Pourquoi alors s’agit-il réellement de notre victoire ? D’une part parce que c’est la victoire du Fils de l’homme. Si Jésus est vraiment Dieu, il a pris notre humanité, qu’il fait aujourd’hui entrer au Ciel. D’autre part, il veut nous associer à sa victoire en nous emmenant avec lui : « Je pars vous préparer une place » (Jn 14, 2). Désormais, il nous appartient, chacun à notre place, de faire advenir en nous et autour de nous cette victoire. C’est un peu le sens de la remarque des anges aux disciples : « Pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? » Nous devons travailler nous aussi à cette victoire qui est aussi la nôtre. Mais Jésus ne nous laisse pas seuls. L’évangile de saint Marc se conclut par ces mots que nous venons d’entendre – et qui sont un immense réconfort dans les épreuves qui ne manquent pas, aujourd’hui encore : « Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient. »

En ce 13 mai, nous ne pouvons pas vivre cette fête de l’Ascension sans penser à cette première apparition de la Vierge Marie à Fatima, le 13 mai 1917. Ce jour-là, le Ciel a été comme déchiré à nouveau, pour que la Vierge Marie puisse venir s’adresser à ses enfants. Or précisément, La Vierge Marie dit dans ses premiers mots : « Je suis du Ciel. » C’est le cœur du message de Fatima : rappeler et indiquer à nouveau aux hommes le chemin du Ciel. Et même quand la Vierge Marie montrera l’enfer aux enfants, c’est encore pour tourner les âmes vers le Ciel, en les détournant le la damnation éternelle.

Demandons la grâce de participer à la joie des disciples en ce jour de l’Ascension, qui est déjà notre victoire. Saint Luc nous dit que Jésus, avant d’être élevé au Ciel, les bénit. Cette bénédiction s’étend encore à nous aujourd’hui, comme le disait Benoît XVI : « Dans la foi, nous savons que Jésus, en bénissant, tient ses mains étendues sur nous. Voilà la raison permanente de la joie chrétienne. » [Joseph RATZINGER-BENOÎT XVI, Jésus de Nazareth ; la figure et le message, Opera omnia, vol. VI, tome 1, Parole et Silence, 2014, page 599]

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