Ton Eglise nous semble une barque prête à couler !

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Homélie pour le 12e Dimanche du Temps Ordinaire

Dimanche 20 juin 2021

Trois enseignements pour notre vie de chrétien

Les lectures de ce dimanche nous donnent trois enseignements fondamentaux qui doivent éclairer notre vie de chrétien d’aujourd’hui.

Tout d’abord lorsque Notre Seigneur dit à Job qu’Il a commandé aux eaux : “Tu viendras jusqu’ici ! tu n’iras pas plus loin, ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots !” Il nous est rappelé qu’il est le Créateur de ce monde.

Certes, la science nous permet de découvrir les lois qui régissent ce monde mais ultimement c’est Dieu qui est l’organisateur de ce monde. C’est Lui qui à travers des lois assigne toute chose à sa place et leur attribue une finalité, rien n’est le fruit du hasard.

Aujourd’hui cependant, même parmi les chrétiens, beaucoup limitent le rôle de Dieu sur la création à être le grand horloger ; Dieu la maintiendrait dans l’existence mais Il n’interviendrait plus directement sur celle-ci. Benoît XVI écrivait : « On concède à Dieu d’opérer sur les idées et les pensées, dans la sphère spirituelle – mais non dans la sphère matérielle. Cela dérange. Là n’est pas sa place. Mais il s’agit justement de cela : c'est-à-dire Dieu est Dieu » [Benoît XVI, L’Enfance de Jésus, Paris 2012, p. 83-84].

La crise du Covid a manifesté cette manière de penser Dieu ; à savoir, la difficulté de croire qu’Il est tout puissant sur l’ordre de la création matérielle. Ainsi les chrétiens ont eu du mal à prier, jeûner pour que Dieu intervienne directement pour éloigner le fléau. Bien souvent les prières au sujet de la pandémie ont demandé d’intervenir pour que les hommes trouvent secours et force pour affronter l’épreuve ;  on a seulement évoqué timidement le fait qu’Il puisse arrêter directement le fléau.

Au Moyen-âge, où l’on avait foi en Dieu maître de la nature, lors des grandes épidémies on faisait de grandes implorations. Des miracles retentissants ont été obtenus.  La crise du Covid a manifesté que notre foi en la toute puissance s’est déplacée. Nous sommes passés de la foi en la toute puissance divine à la foi en la toute puissance de la science et la technologie autrement dit en la toute puissance de l’homme. Ainsi on a développé des protocoles sanitaires très stricts pour freiner la propagation du virus ; par contre prier était devenu suspect ! Célébrer le culte était devenu dangereux car il pouvait remettre en cause la toute puissance de l’homme !

L’épisode de la tempête apaisée rappelle à l’homme contemporain d’une part que Jésus est Dieu : « Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? » et d’autre part que Dieu est tout Puissant. Il est capable d’intervenir directement sur les éléments du monde. Gardons cette  foi en Dieu tout puissant pouvant agir sur la nature. Les prières des rogations et les prières pour demander pluie ou beau temps ont toute leur pertinence. Ne les reléguons pas à des pratiques ancestrales ou folkloriques.

La tempête apaisée nous donne un deuxième enseignement. La barque de Pierre traversant  les flots tumultueux symbolise l’Eglise qui dans son histoire doit affronter des tempêtes d’une rare violence. Actuellement, l’Eglise traverse certainement l’une des pires tempêtes de son histoire.

Dans son chemin de croix au Colisée, le cardinal Ratzinger disait : «Ton Eglise nous semble une barque prête à couler, une barque qui prend l’eau de toute part » ! Les flots de  l’hérésie, de la confusion, de la division, des scandales de mœurs et d’argent, les pressions de transformation de la foi et la morale n’en finissent pas de se jeter sur la barque de l’Eglise et nous font douter que la barque de l’Eglise puisse cette fois-ci résister.

Pourtant les paroles Jésus doivent nous rasséréner. Jésus, réveillé menaça le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ?».

Après avoir prononcé ces paroles, quelques mois plus tard Jésus dormira ! Non plus sur un coussin, mais sur le bois de la croix. Les flots de la mort n’ont pas réussi à briser le vaisseau son corps, il s’est réveillé victorieux pour être le premier née d’entre les morts. Là où est Jésus nous n’avons rien à craindre. Il est le victorieux. Puisqu’il est dans la barque de Pierre, même s’il semble dormir, la barque de l’Eglise résistera aux assauts de la mer, précisément parce qu’elle porte en elle le Maître du temps et de l’histoire, celui sur qui la mort n’a plus aucun pouvoir, car il est déjà « passé sur l’autre rive ».

En attentant que faut-il faire ? Etre insouciant, et attendre béatement la fin de la tempête ? Non ! Car dans ce cas les flots risquent de nous jeter hors de la barque. Envers et contre tout nous devons tenir ferme la barque et prier. Autrement dit, il nous incombe de nous tenir fermement à la doctrine, à l’enseignement de l’Eglise et de prier. Dans l’arche du Cœur Immaculé de Marie prions, souffrons, offrons pour l’Eglise et rappelons cette parole du cardinal Sarah : «L’Eglise n’appartient pas aux pseudos réformateurs. Personne ne peut changer l’Eglise de Jésus». « Aimez l’Eglise et servez-la, peu importe ce que l’on dit d’elle.»

Troisième point à retenir, lorsque saint Paul dit que «le Christ est mort pour tous, afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux », il nous rappelle que contrairement à ce que l’on nous fait croire, qu’il n’est pas bon que l’homme vive pour lui-même. Sinon c’est la mort. Seul Jésus est notre vie, il est la source de la vraie vie. Obéissons à ses commandements. Vivons en Jésus et nous aurons la joie et la vraie vie. Les convertis et les saints témoignent de cette vérité.

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