Venez, marchons à la lumière du Seigneur !

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Homélie pour le 1er Dimanche de l'Avent

Dimanche 27 novembre 2022

La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche...

En ce dimanche, nous commençons notre montée vers Noël, où nous célébrerons la naissance du Sauveur. Naturellement, nous pensons aux sentiments de la Vierge Marie et de saint Joseph, qui se préparent, à quelques semaines de la naissance de Jésus. Nous pensons également aux dispositions intérieures des bergers ou encore des rois mages, qui eux ne savent encore rien, mais qui sont dans une attitude de veille, parce que leurs cœurs sont ouverts à l’invisible et tournés vers Celui qui doit venir. Et en cela nous voulons les imiter pour nous préparer à la naissance de Notre Seigneur.

Pourtant, en ce premier jour de l’Avent, la liturgie de l’Église nous fait regarder beaucoup plus loin. En effet, alors que nous nous préparons à célébrer Noël dans quatre semaines, l’Église nous fait regarder le moment du retour du Seigneur, à la fin des temps : « Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. (…) Tenez-vous donc prêts… » En effet, l’Église a le souci de préparer nos cœurs, et ceux de tous les hommes, au retour du Seigneur. Ainsi, ce temps de l’Avent est comme un temps qui nous rappelle la condition d’attente que doit revêtir toute notre vie. Et ces jours de l’Avent sont donc, d’une manière plus spéciale, les jours de l’Église, dont ils rappellent la mission : ouvrir les cœurs à Jésus, et les préparer à sa venue. Oui, le rôle premier de l’Église – le seul même – est de montrer Jésus.

Pourtant, après tout ce que nous avons entendu encore en ces dernières semaines, nous pouvons nous demander : l’Église est-elle vraiment encore en mesure de donner aux hommes la lumière ? Le mystère d’iniquité qui semble se déchaîner contre l’Église – ou pire, dans l’Église – ne l’empêche-telle pas irrémédiablement de donner la lumière de la vérité aux hommes de notre temps en ce temps de l’Avent ?

Le temps de l’Avent est associé à la nuit, puisque celui qui est la lumière du monde ne s’est pas encore levé dans les ténèbres. Dans la nuit de Noël, nous entendrons cette prophétie d’Isaïe : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur les habitants du pays de l’ombre de la mort, une lumière a resplendi. »

Nous savons également que la fête de Noël correspond précisément au moment où les jours, après le solstice d’hiver, commencent à devenir plus longs, signe que la venue du Sauveur nous apporte la lumière au sein des ténèbres de ce monde. Ainsi tout l’univers participe à la liturgie en l’honneur de Dieu.

Or dans la nuit de l’attente du Messie, en ce temps de l’Avent, un astre brille dans l’obscurité : c’est la lune. Dans une conférence donnée en 1970, Joseph Ratzinger reprenait la pensée de plusieurs Pères de l’Église sur le mystère de l’Église, symbolisé par la lune – et c’est certainement une très belle manière d’entrer dans ce tempos de l’Avent que de rappeler ces paroles : la lune brille, disait-il, mais « sa lumière n’est pas sa lumière, c’est la lumière d’un autre. Elle est lumière et obscurité à la fois. Elle-même n’est qu’obscurité, mais elle dispense une clarté, qui lui vient d’un autre, dont la lumière se propage par son intermédiaire. C’est exactement en cela [que la lune] représente l'Église, qui illumine bien qu’elle ne soit elle-même qu'obscurité : elle ne puise pas la lumière en elle-même, mais elle la reçoit du véritable [soleil], le Christ, si bien qu’elle peut, bien qu’elle ne soit elle-même qu’un amas de pierres (comme la lune qui n’est aussi qu'une autre terre) éclairer les ténèbres dans lesquelles nous vivons de par notre éloignement de Dieu – "la lune [dit saint Ambroise] nous raconte le mystère du Christ !" »

Ainsi, en ces temps où l’Église apparaît à beaucoup comme incapable de montrer aux hommes la lumière, rappelons-nous qu’elle reflète malgré tout la lumière du Christ, dans la nuit de ce monde. En ce temps de l’Avent, où nous revivons la longue attente du Messie, c’est l’Église qui nous montre la lumière – la seule lumière capable d’éclairer notre monde : Notre Seigneur Jésus Christ. Elle ne doit pas oublier que c’est là son unique mission. Aussi, même au milieu des ténèbres actuelles, nous pouvons proclamer avec enthousiasme les paroles d’Isaïe entendues en ce jour : « Venez, marchons à la lumière du Seigneur. » Et avec saint Paul : « Frères, vous le savez : c’est le moment, (…) La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière. »

En méditant aujourd’hui sur le retour du Seigneur, nous comprenons que nous avons besoin de l’Église, pour marcher ensemble vers celui qui vient à notre rencontre. Oui, l’Avent est un temps d’attente – et en ce sens il est un temps d’épreuve, car attendre est éprouvant ! Mais il est également un temps d’espérance car nous savons que ce qui se prépare est grand, et nous marchons, déjà aujourd’hui, à la lumière de Celui que nous ne voyons pas encore, mais dont nous voyons le reflet par son Église – comme le soleil que nous ne voyons pas durant la nuit, mais dont nous voyons l’éclat de la lumière se refléter sur la lune, au point que ce reflet nous permet de nous diriger, en attendant le lever du jour.

En entrant aujourd’hui dans le temps de l’Avent, demandons à la Vierge Marie de nous aider à accueillir cette lumière. Qu’elle nous aide à nous mettre en route avec enthousiasme vers la fête de Noël. Et que, malgré les ténèbres qui nous environnent, éclairés par la lumière du Christ reflétée par l’Église, nous puissions avancer à la rencontre du Seigneur en disant : « Venez, marchons à la lumière du Seigneur ! »

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