L'Eglise est sainte parce qu'elle est la vigne du Seigneur !

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Homélie pour le 27ème Dimanche du Temps Ordinaire A

Dimanche 8 octobre 2023

Si l’Eglise est infidèle à sa mission, elle peut tuer le Fils dans les âmes 

Dieu se présente aujourd’hui à la fois comme le maître et l’époux de la vigne.

Quelle est cette vigne plantée par Dieu ? Le sens s’applique d’abord au peuple juif, choisi par Dieu entre tous les peuples afin de produire du fruit, et dont le plus beau fruit sera Jésus. Dieu avait choyé sa vigne comme sa bien-aimée, mais en se détournant de Dieu, de son bien-aimé, en désobéissant à ses commandements, la vigne s’est corrompue. Dieu annonce le châtiment pour les infidélités de son peuple : « Et maintenant habitants de Jérusalem, hommes de Juda, soyez donc juges entre moi et ma vigne ! Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n’ai fait ? J’attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle donné de mauvais ? Eh bien, je vais vous apprendre ce que je ferai de ma vigne : enlever sa clôture pour qu’elle soit dévorée par les animaux, ouvrir une brèche dans son mur pour qu’elle soit piétinée. J’en ferai une pente désolée ; elle ne sera ni taillée, ni sarclée, il y poussera des épines et des ronces ; j’interdirai aux nuages d’y faire tomber la pluie. La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël. Le plant qu’il chérissait, ce sont les hommes de Juda. Il en attendait le droit, et voici le crime ; il en attendait la justice, et voici les cris. »

Dieu attendait la fidélité de son peuple à qui il avait tant donné mais il n’eut en retour que l’infidélité. Dans l’Evangile, Jésus reprend l’image de la vigne avec cette parabole des vignerons homicides. Après avoir envoyé ses serviteurs, les prophètes maltraités par les vignerons, Dieu envoie son propre fils pour récolter le fruit de la vigne. Mais « ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. » Jésus parle bien sûr de lui-même. Il sera arrêté, jeté hors de Jérusalem où il sera crucifié. Pouvait-il faire davantage pour sa vigne que de donner sa vie en répandant son sang purificateur ?

Jésus annonce « le temps des païens ». Le trésor confié au peuple juif sera désormais confié à une autre nation, non pas une nation particulière, mais au nouveau peuple de Dieu, à l’Eglise qui est né du côté transpercé de Jésus, du sang et de l’eau. L’Eglise est la vigne de l’alliance nouvelle et éternelle, la bien-aimée de l’époux divin. Mais l’avertissement de Dieu par l’intermédiaire du prophète Isaïe reste valable pour l’Eglise. Dieu a confié à l’Eglise un trésor encore plus grand que celui qu’il avait donné au peuple Juif, en lui accordant la plénitude de la Révélation en son Fils. Il confie à des vignerons, à ses pasteurs, la charge de travailler à sa vigne pour en remettre les fruits en temps voulu.

L’Eglise n’est pas la vigne du Pape, des évêques ou du synode. Elle est la vigne du Seigneur. Nous ne pouvons pas changer l’Eglise telle que Dieu l’a voulue.

Si nous enlevons sa clôture, c'est-à-dire les dogmes mais aussi tout ce qui a été enseigné de manière définitive en matière de foi et de morale, c'est-à-dire pour toujours, elle risque d’être dévorée par des animaux voraces en tombant aux mains de la dictature du relativisme.

Si nous laissons l’esprit du monde ouvrir une brèche dans son mur en abattant la dimension hiérarchique de l’Eglise pour une synodalité mal comprise où tout le monde pourrait décider et exercer le gouvernement de l’Eglise dans un processus démocratique, le monde la piétinera car l’Eglise deviendrait alors une simple organisation humaine et elle ne pourrait pas faire contrepoids aux antivaleurs évangéliques proposées par les grands de ce monde.

Si nous laissons la vigne non taillée, non sarclée, sans la conversion de ses membres et nous en faisons tous partie, si nous laissons les épines et les ronces pousser en acceptant de voir pousser dans la vigne du Seigneur le péché grave, voire en le bénissant, alors les épines et les ronces étoufferont la vigne et l’empêcheront de porter des fruits de sainteté car le péché grave n’est jamais compatible avec la grâce de Dieu.

La Constitution dogmatique Lumen Gentium nous rappelle la mission de l’Eglise : « Elle est le sacrement, c'est-à-dire à la fois le signe et l’instrument, de l’union des hommes avec Dieu et de l’unité des hommes entre eux. » L’Eglise est sainte parce qu’elle est la vigne du Seigneur qui a donné sa vie pour elle, pour la rendre sans tache, ni ride, mais immaculée.

Nous sommes invités à accueillir les paroles de saint Paul : « Tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d’être aimé et honoré, tout ce qui s’appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, prenez-le en compte. »

Aujourd’hui le Fils ne peut plus être tué dans sa chair car après sa mort sur la croix, il est ressuscité. Il a triomphé de la mort et du péché et il a envoyé l’Esprit-Saint que certains d’entre vous allez recevoir en plénitude dans quelques jours dans le sacrement de la Confirmation. Mais si l’Eglise est infidèle à sa mission, elle peut tuer le Fils dans les âmes : « J’interdirai aux nuages d’y faire tomber la pluie ». Comment ne pas voir ici la grâce du Seigneur qui ne serait plus déversée dans les cœurs ?

Que notre prière pour l’Eglise en ce mois d’octobre se fasse plus ardente. Prions le rosaire, le chapelet cette arme si puissante pour repousser les attaques de l’Ennemi des âmes, de Jésus et de son Eglise. Que Notre Dame du Rosaire que nous venons de fêter protège l’Eglise dont elle est la Mère. Et nous tous, désirons, à la suite de Benoît XVI, être « d’humbles ouvriers dans la vigne du Seigneur » pour participer à la réalisation de la belle et enthousiasmante mission de l’Eglise : le salut des âmes.

Mère Marie-Augusta avait compris dans sa prière que « Jésus veut se servir de ses consacrés pour peupler le ciel de beaux enfants. » Aspirons au Ciel notre unique patrie et travaillons dans la vigne du Seigneur pour aider les âmes à se préparer au bonheur du ciel.

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